mercredi 25 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2204374 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | TOUBALE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2022, M. G E, représenté par Me Laurent Toubale, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2022 de la préfète du Loiret l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination de sa reconduite ;
2) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une erreur de fait sur sa nationalité ;
- l'arrêté méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2023, la préfète du Loiret, représentée par Me Johan Hervois, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
M. E été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 20 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, né le 22 mai 1973, a été interpellé le 30 novembre 2022 par les services de la gendarmerie du Loiret pour infraction à la législation sur les étrangers. Il a déclaré être entré en France le 4 juin 2014 sans pouvoir justifier d'une entrée régulière. Le 1er août 2014, il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été rejetée par une décision du 24 février 2015 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides puis le 15 mars 2016 par la cour nationale du droit d'asile. Il a fait l'objet d'un arrêté d'obligation de quitter le territoire le 3 mai 2016. Son recours dirigé contre cet arrêté a été rejeté, ainsi que celui de son épouse, par un jugement n°s 1603298 et 1603299 du 3 janvier 2017 de ce tribunal administratif. L'intéressé a déclaré être revenu en France le 23 septembre 2019 sans pouvoir justifier d'une entrée régulière. Ses empreintes ayant été relevées en Allemagne, ce pays a donné son accord à la réadmission du requérant par une décision du 27 décembre 2019. N'ayant pas été transféré dans le délai de six mois, la France est devenue responsable de sa demande d'asile. Cette demande a été rejetée le 11 février 2021 par l'office français de protection des réfugiés et apatrides. Par l'arrêté attaqué du 30 novembre 2022, la préfète du Loiret l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité.
2. En premier lieu, le requérant soutient que la préfète du Loiret a commis une erreur de fait en indiquant dans son arrêté qu'il est de nationalité russe alors qu'il a la nationalité arménienne. Toutefois, il ressort de l'attestation de demande d'asile qui lui été délivrée le 26 janvier 2021 par la préfecture du Loiret, qu'il produit, qu'il a déclaré être de nationalité russe. De même, il ressort du procès-verbal établi le 30 novembre 2022 par les gendarmes lors de son interpellation, qu'il produit également, qu'il n'a pas contesté avoir la nationalité russe. Il n'a pas davantage contesté être de nationalité russe lors du jugement de ce tribunal administratif cité au point 1 rejetant son recours dirigé contre l'obligation de quitter le territoire du 3 mai 2016 dont il était l'objet. S'il produit, en pièce jointe à la présente requête, la page d'un passeport arménien établi à son nom délivré le 23 avril 2014, il n'allègue pas avoir produit cette page aux services de la préfecture antérieurement à l'arrêté attaqué et notamment lors de son interpellation par les services de gendarmerie. S'il produit la copie d'une page d'un passeport arménien établi au nom de Mme F, son épouse, et une attestation de demande d'asile délivrée le 8 septembre 2022 à M. B E mentionnant la nationalité arménienne de l'intéressé, ces documents ne sont pas, en eux-mêmes, de nature à établir la nationalité arménienne du requérant. Au demeurant, l'obligation de quitter le territoire contestée n'est pas fondée sur la nationalité du requérant mais, notamment, sur les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers selon lesquelles peuvent faire l'objet d'une telle obligation les étrangers dont la demande d'asile a été rejetée au motif que sa demande de réexamen de sa demande d'asile avait été rejetée le 11 février 2021 par l'office français de protection des réfugiés et apatrides. En outre, en toute hypothèse la décision distincte fixant le pays de destination de la reconduite dispose que l'intéressé sera éloigné à destination de son pays d'origine ou de tout pays susceptible de l'accueillir légalement. Il suit de là que M. E n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur de fait.
3. En deuxième lieu, le requérant soutient que l'obligation de quitter la France ne serait pas sans incidence sur sa vie privée et familiale. Toutefois, il est entré récemment en France le 23 septembre 2019 après avoir vécu en Allemagne. Il ne conteste pas qu'il est marié avec Mme A D et être père de trois enfants dont un mineur et un majeur résidant également en situation irrégulière sur le territoire français et un enfant majeur résidant en Arménie. Par ailleurs, il n'établit pas, ni même n'allègue, avoir des attaches familiales stables et intenses en France. Rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue soit en Arménie soit en Russie. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué ne porte pas une atteinte excessive à la vie privée et familiale du requérant.
4. Enfin, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
5. Le requérant soutient qu'il est de nationalité arménienne, qu'il a rappelé, lors de son audition le 30 novembre 2022, qu'il avait eu des problèmes dans son pays du fait de ses origines yézid et que son épouse appartenait à l'ethnie Cheikh, qui est interdite en Arménie, d'où sa décision de quitter son pays. Toutefois, sa demande d'asile a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides. Par ailleurs, il ne produit aucun élément de nature à établir qu'il ferait personnellement l'objet de persécutions de la part des autorités en cas de retour en Arménie, dont il prétend détenir la nationalité, ou en Russie. Par suite, l'arrêté attaqué ne méconnait pas les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G E et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
Jean-Michel C
Le greffier,
Nathalie ARCHENAULT
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026