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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2204461

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2204461

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2204461
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantPASSY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire complémentaire et des pièces complémentaires, enregistrés respectivement les 17 décembre 2022, 1er et 2 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Passy, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 novembre 2022 par lequel la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un titre de séjour temporaire avec autorisation de travailler dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2023, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Lombard.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, né le 19 janvier 1990 et de nationalité tunisienne, déclare être entré irrégulièrement en France le 29 avril 2011. Le 2 mai 2011, il s'est vu refuser son admission au séjour au titre de l'asile. Le 22 janvier 2020, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Le 18 novembre 2022, la préfète du Loiret a pris à son encontre un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ".

3. M. B soutient qu'il séjourne de manière habituelle en France depuis plus de 11 ans à la date de la décision litigieuse, qu'il démontre une insertion professionnelle avec notamment la création en novembre 2019 de son autoentreprise de bâtiment, au nom de laquelle il produit 9 procès-verbaux de réception de travaux, 4 en 2021 et 5 en 2022, qu'il justifie avoir été employé en qualité de manœuvre par la société ABC Attia Bati Concept entre le 1er février et le 15 avril 2022 et se prévaut de l'avis favorable émis le 7 juillet 2022 par la commission du titre de séjour, fondé sur sa volonté de s'intégrer et la régularité de son activité professionnelle. Il ressort toutefois des pièces du dossier, d'une part, que l'activité professionnelle exercée, établie sur une courte période à la date de la décision attaquée, ne saurait à elle seule démontrer son intégration sur le territoire français, qu'il ne démontre pas qu'il serait privé de perspectives professionnelles dans son pays d'origine, qu'il s'est maintenu en situation irrégulière en France et s'est abstenu d'effectuer des démarches en vue de solliciter la régularisation de sa situation administrative au regard du droit au séjour. D'autre part, le requérant a ses attaches familiales en Tunisie où résident ses parents et ses frères et sœurs, est célibataire et sans enfant à charge. Il a en outre été admis à séjourner en Italie. Il s'ensuit que les éléments d'intégration présentés sont insuffisants pour caractériser des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ".

5. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit également être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Loiret.

Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Guével, président,

M. Lombard, premier conseiller, rapporteur,

M. Lardennois, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.

Le rapporteur,

A. LOMBARD Le président,

B. GUÉVEL

Le greffier,

B. VESIN

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2204641

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