jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2204495 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | GREFFARD-POISSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, et des mémoires, enregistrés le 20 décembre 2022, le 14 mars 2023 et le 13 juillet 2023, M. A C, représenté par Me Greffard-Poisson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2022 par lequel la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays d'origine, l'Albanie, ou tout autre pays dans lequel il serait légalement admissible, comme pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au profit de son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- la compétence du médecin chargé de rédiger le rapport remis au collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et la compétence du collège de médecins responsable de l'avis définitif ne sont pas démontrées ;
- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur d'appréciation au regard de son état de santé et des circonstances d'une particulière gravité qu'impliquerait une cessation des soins en France ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors, d'une part, que la préfète n'a pas examiné sa demande déposée sur ce fondement et n'a pas saisi la commission du titre de séjour alors qu'il réside en France depuis plus de dix ans et que, d'autre part, il atteste de circonstances exceptionnelles qui justifient son admission au séjour sur ce fondement ;
- le refus de titre de séjour méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3 alinéa 1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2023, la préfète du Loiret, représentée par Me Hervois, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Bernard a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant albanais né le 7 juillet 1977 à Cakran (Albanie), est entré en France le 3 juillet 2011. Il a bénéficié en 2013 et 2014 d'un titre de séjour en raison de son état de santé, non renouvelé et s'est vu refuser deux autres demandes de titre, en 2014 et 2018. Le 20 mai 2021, il a sollicité son admission au séjour pour raisons de santé. Par un arrêté du 21 septembre 2022, la préfète du Loiret a rejeté sa demande d'admission au séjour déposée sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays dont il a la nationalité, l'Albanie, ou tout autre pays dans lequel il serait légalement admissible comme pays de renvoi. M. C demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
2. Par un arrêté n° 45-2021-07-27-00002 du 27 juillet 2021, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture de la région Centre-Val de Loire et du Loiret, la préfète du Loiret a donné délégation à M. Benoît Lemaire, secrétaire général de la préfecture du Loiret, à l'effet de signer, notamment, les décisions de refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
Sur la décision de refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : () 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ".
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes mêmes de la demande de titre datée du 20 mai 2021 et produite en défense, que M. C n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article L. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration./ L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () Il transmet son rapport médical au collège de médecins. ". Aux termes de l'article R. 425-13 dudit code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / () L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. () ".
6. Il résulte de la combinaison des dispositions citées au point précédent que la régularité de la procédure implique, pour respecter les prescriptions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que les documents soumis à l'appréciation du préfet comportent l'avis du collège de médecins et soient établis de manière telle que, lorsqu'il statue sur la demande de titre de séjour, le préfet puisse vérifier que l'avis au regard duquel il se prononce a bien été rendu par un collège de médecins tel que prévu par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'avis doit, en conséquence, permettre l'identification des médecins dont il émane. L'identification des auteurs de cet avis constitue ainsi une garantie dont la méconnaissance est susceptible d'entacher l'ensemble de la procédure. Il en résulte également que, préalablement à l'avis rendu par ce collège de médecins, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'intéressé et établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, doit lui être transmis et que le médecin ayant établi ce rapport médical ne doit pas siéger au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet. En cas de contestation devant le juge administratif portant sur ce point, il appartient à l'autorité administrative d'apporter les éléments qui permettent l'identification du médecin qui a rédigé le rapport au vu duquel le collège de médecins a émis son avis et, par suite, le contrôle de la régularité de la composition du collège de médecins.
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration daté du 22 août 2022, produit en cours d'instance, qu'il comporte le nom, la qualité et la signature des trois médecins membres du service médical de l'office l'ayant émis. Est également produite en défense la décision du 28 janvier 2021 modifiant la décision du 17 janvier 2017 portant désignation au collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, attestant de la compétence des trois médecins signataires de l'avis. Par ailleurs, il ressort du même avis que l'auteur du rapport, le docteur D, n'a pas siégé au sein du collège. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du rapporteur et des médecins ayant rendu l'avis du collège médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration doit être écarté comme manquant en fait.
8. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que la préfète du Loiret a estimé au vu du dossier de M. C, et notamment de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration précité, que si l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et qu'au vu des éléments du dossier, son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers ce pays. M. C produit à l'appui de sa requête un grand nombre de documents médicaux dont deux certificats datés de 2014 émanant d'un médecin généraliste, trois certificats de son médecin traitant, rédigés en des termes identiques et datant de 2018 et 2019, deux certificats d'infirmiers attestant lui prodiguer des soins, datés de 2017 et 2018, et des certificats émanant du service d'orthopédie du centre hospitalier régional d'Orléans, datés de 2016, 2017 et 2018. L'ensemble de ces documents attestent de son suivi pour un ulcère chronique au talon droit, faisant suite à une intervention chirurgicale à la cheville réalisée en France en 2013 et nécessitant des soins infirmiers quotidiens et des consultations en orthopédie, au risque d'un développement de gangrène. Si le requérant produit également une attestation de reconnaissance en tant que travailleur handicapé par la maison départementale des personnes handicapées, il ne démontre pas que les pansements quotidiens réalisés par des infirmiers dont il bénéficie ne pourraient pas être effectués dans son pays d'origine. Enfin, si le requérant soutient également que les difficultés de sa prise en charge ont entraîné chez lui des troubles psychiques, il ne produit pour en justifier que des documents attestant d'un séjour en hospitalisation au centre Georges Daumézon en 2015, sans réitération de nouvelles manifestations de ces troubles depuis cette date. Dans ces circonstances, et même si le requérant a produit des documents postérieurs à l'arrêté attaqué révélant un diagnostic de carcinome épidermoïde infiltrant, il n'établit pas l'impossibilité d'une prise en charge dans son pays d'origine. Par suite, la préfète n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant la demande d'admission au séjour présentée par le requérant à ce titre.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Si M. C soutient, d'une part, qu'il est venu rejoindre sur le territoire français, en 2011, deux de ses sœurs qui y résident en situation régulière, il ne produit à l'appui de sa requête qu'une carte de résident, au nom de l'une d'entre elles, valable jusqu'au 2 octobre 2021, et concernant la seconde, un récépissé dont la validité expirait le 8 août 2015, sans apporter, au surplus, d'éléments attestant des liens qu'il entretiendrait avec l'une ou l'autre. D'autre part, si M. C indique vivre en concubinage avec une ressortissante albanaise, Mme E B, il ne produit pour attester de leur communauté de vie que des documents libellés à son nom, à une adresse figurant également sur le contrat de travail de Mme B. Il indique également que Mme B et lui-même ont deux enfants nés en France, un garçon né le 23 mai 2014 et une fille née le 29 octobre 2019, et verse au dossier les actes de naissance correspondants. S'il soutient, en outre, être parfaitement intégré à la société française, les deux attestations datées de 2014 indiquant qu'il a suivi dix heures d'échange en français en 2013-2014 auprès d'une association et qu'il a été inscrit à un atelier de français auprès d'une autre association en 2016-2017 et 2017-2018, ne suffisent pas à attester de sa maîtrise de la langue française. M. C ne produit par ailleurs aucun élément de nature à établir l'intensité, l'ancienneté et la stabilité de ses relations personnelles en France. Enfin, si M. C soutient avoir fait des démarches d'insertion, alors même qu'il est reconnu travailleur handicapé, et que Mme B bénéficie quant à elle d'un titre de séjour et est employée en contrat à durée indéterminée, il ne produit pour justifier de sa propre situation que des courriers de Pôle emploi datés de 2013 attestant d'une demande d'inscription, sept fiches de paye datées de septembre 2013 à mars 2014 en contrat unique d'insertion auprès d'une association pour un salaire mensuel de 469 à 644 euros, une déclaration de revenus 2015 et une attestation d'imposition 2018 indiquant une absence de revenus. Quant à la situation de Mme B, il ressort des pièces du dossier que le titre de séjour évoqué est arrivé à échéance le 25 avril 2023. De plus, si le requérant produit un contrat de travail à temps partiel à durée indéterminée au nom de Mme B et daté du 17 février 2022 pour un emploi d'assistante ménagère, il ne produit aucun élément de nature à attester de l'effectivité de cette activité et de revenus correspondants. Enfin, si M. C indique que ses deux enfants sont scolarisés en France et produit à l'appui de ses dires des certificats de scolarité, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale, compte tenu notamment de l'âge de ses enfants, ne pourrait pas se reconstituer en Albanie, pays que le requérant a quitté à l'âge de trente-cinq ans, où résident au moins deux de ses sœurs et où rien n'indique que ses deux enfants ne seraient pas en mesure de poursuivre leur scolarité. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée de la préfète du Loiret méconnaît les stipulations précitées de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen doit par suite être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
12. M C se prévaut de la scolarité suivie par ses deux enfants nés en France et scolarisés en classe de cours élémentaire deuxième année et en petite section de classe maternelle. Toutefois, et alors que la situation professionnelle de la mère des enfants n'apparaît pas stable, comme évoqué au point 10, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale du requérant ne pourrait pas se reconstituer hors de France, et notamment en Albanie, ni que ses deux enfants ne pourraient pas y poursuivre une scolarité normale. Dans ces conditions, le refus de titre n'entraînant par lui-même aucune séparation des enfants d'avec leur père, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
13. Pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 10, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français porterait une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 septembre 2022 de la préfète du Loiret doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Bernard, première conseillère,
M. Nehring, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La rapporteure,
Pauline BERNARD
La présidente,
Patricia ROUAULT-CHALIER
La greffière,
Agnès BRAUD
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026