mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2204592 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VERDIER LE PRAT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 24 décembre 2022 et le 16 janvier 2023, l'association de veille environnementale du Cher (AVEC) demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1° d'enjoindre au préfet du Cher de contraindre la SCEA de Mailly à respecter les délais de remplissage de la retenue de substitution édictés par l'arrêté préfectoral DDT-2021-152 du 25 juin 2021 ;
2°) d'octroyer au collectif Bassines Non Merci, via l'association AVEC, une réparation financière d'un montant de 500 correspondant aux dépenses administratives engagées dans le cadre de la présente instance ;
3°) de lui accorder un euro en réparation du préjudice moral.
Elle soutient que :
- elle est une composante du collectif Bassines Non Merci ;
- en méconnaissance des directives de l'arrêté préfectoral DDT-2021-152 du 25 juin 2021, la SCEA de Mailly a rempli sa retenue de substitution en dehors des délais légaux obligatoires entre le 15 décembre et le 31 mars ; le collectif Bassines Non Merci Berry en a fait le constat le 12 mai 2022, a signalé ces faits au Préfet du Cher à trois reprises en exigeant que cette autorité mette tout en œuvre pour faire cesser ces agissements et qu'il informe le collectif des mesures qu'il a prises ; l'absence de réponses dans les délais légaux à ces trois courriers et la gravité des faits obligent le collectif à saisir le juge des référés.
Par un mémoire enregistré le 10 janvier 2023, le préfet du Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, aucune preuve de la personnalité morale du collectif Bassines Non Merci Berry n'étant apportée et la requérante prétendant agir pour le compte du collectif ;
- le préfet n'avait pas un délai de deux mois pour répondre aux demandes de la requérante ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie, le remplissage de la retenue entre le 15 décembre et le 31 mars est admis ; la carence du préfet n'est pas établie ; une juridiction ne peut contraindre le préfet à agir ; la mesure demandée ne revêt pas un caractère provisoire ;
- deux agents de la direction départementale des territoires du Cher se sont rendus sur les lieux le 5 octobre 2022, soit avant le courrier de collectif BNMB du 14 octobre 2022 et avant le dépôt de la requête par l'association AVEC, pour contrôler la bonne application de cet arrêté et des autres réglementations applicables à la retenue de substitution de la SCEA de Mailly ; il n'appartient pas au préfet de dévoiler à un tiers les résultats de ce contrôle ; si des manquements ont été relevés, notamment sur la période de remplissage du plan d'eau, ils feront l'objet des suites administratives appropriées qui pourraient être mises à disposition du public en cas de demande formulée en application des articles L. 300-1 à L 351-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le collectif Bassines Non Merci Berry, n'ayant aucune personnalité morale, ne saurait subir aucun préjudice.
Par un mémoire enregistré le 11 janvier 2023, la SCEA de Mailly, représentée par Me Verdier, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'association requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le collectif Bassines Non Merci Berry n'a pas de personnalité morale ;
- la mesure sollicitée est inutile dans la mesure où la SCEA de Mailly est actuellement en droit de remplir sa réserve, l'arrêté préfectoral du 25 juin 2021 l'y autorisant pour la période annuelle du 15 décembre au 31 mars ;
- il n'appartient pas à la juridiction administrative, en particulier au juge du référé administratif, d'adresser des injonctions à des personnes publiques ou privées en ce qui concerne les actes que celle-ci sera tenue d'accomplir en dehors des cas prévus par la loi ou pour l'exécution de décision de justice ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté n° DDT-2021-152 du 25 juin 2021, le préfet du Cher a donné acte à la SCEA de Mailly de sa déclaration de création d'une retenue d'eau pour l'irrigation située sur la commune de Lazenay, et défini les prescriptions spécifiques applicables à cette retenue. Par une lettre datée du 26 mai 2022, le collectif Bassines Non Merci Berry a informé le préfet du Cher des modalités de remplissage de la retenue de la SCEA de Mailly et demandé au préfet de mettre en œuvre des actions appropriées suite à son signalement. Un deuxième courrier daté du 2 septembre 2022 du collectif Bassines Non Merci Berry a rappelé au préfet du Cher ses échanges avec son prédécesseur et demandé qu'une suite soit donnée au courrier " du 16 mai ". Un troisième courrier daté du 14 octobre 2022 du collectif a rappelé les correspondances précédentes, et demandé des informations sur les suites du dossier. L'association AVEC, membre du collectif Bassines Non Merci Berry, doit être regardée comme demandant au juge des référés d'enjoindre au préfet du Cher de prendre toute mesure utile afin d'assurer l'application des prescriptions techniques définies par l'arrêté du 25 juin 2021 précité.
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Il ne saurait en outre faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. En premier lieu, les courriers de l'association requérante tendant à ce que le préfet du Cher prenne les mesures nécessaires pour assurer le respect de son arrêté du 25 juin 2021 sont des demandes au sens des dispositions de l'article L. 110-1 du code des relations entre le public et l'administration. Le silence gardé par le préfet du Cher au terme d'un délai de deux mois vaut rejet de la demande présentée par l'association AVEC. Ainsi, une injonction adressée à l'autorité préfectorale, alors même qu'elle entre dans le champ d'application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, aurait pour conséquence de faire obstacle à l'exécution d'une demande administrative, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'existe un péril grave, dès lors notamment que la période du 15 décembre au 31 mars est définie comme la période de recharge des nappes phréatiques par l'arrêté du 25 juin 2021.
4. En deuxième lieu, dès lors que la mesure demandée concerne la période du 15 décembre au 31 mars au cours de laquelle le remplissage de la retenue d'eau est autorisé, l'urgence requise par les dispositions du code de justice administrative ne peut être regardée comme établie.
5. En troisième lieu, il n'appartient pas au juge des référés de statuer sur des conclusions indemnitaires.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Si l'association requérante demande une somme de 500 euros au titre des frais engagés dans la présente instance, les dispositions précitées du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit à cette demande, dès lors que l'association AVEC est la partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la SCEA du Mailly sur le fondement de ces dispositions.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de l'association AVEC doit être rejetée, sans qu'il y ait lieu de statuer sur sa recevabilité.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association de veille environnementale du Cher est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SCEA de Mailly sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association de veille environnementale du Cher, au préfet du Cher et à la SCEA de Mailly.
Fait à Orléans le 24 janvier 2023.
Le juge des référés,
Jean-Luc A
La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026