mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300085 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | HERVET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Hervet, demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 6 janvier 2023, notifié le 9 janvier 2023, par lequel la préfète d'Eure-et-Loir l'a assigné à résidence pour une durée de 6 mois.
Il soutient que :
- l'assignation à résidence est illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de l'arrêté du 29 août 2022 par lequel la préfète d'Eure-et-Loir a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire et a fixé le pays de renvoi et dont il a demandé l'annulation par une requête enregistrée sous le numéro 2203620 ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les articles L. 731-3 et L. 732-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il possède un passeport en cours de validité ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juin 2023, la préfète d'Eure-et-Loir, représentée par Me Cano, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Lefebvre-Soppelsa, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant ghanéen né le 14 août 1983, est entré irrégulièrement en France le 2 avril 2015. Il a présenté à deux reprises des demandes de titres de séjour " salarié " qui ont fait l'objet de rejets accompagnés d'obligations de quitter le territoire français prises par la préfecture du Val-d'Oise, respectivement les 26 juillet 2018 et 15 avril 2019.
Il a contesté l'arrêté du 15 avril 2019 devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui, par un jugement du 9 juin 2020, a rejeté son recours. Le 28 avril 2021, il a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfecture d'Eure-et-Loir. Par un arrêté du 29 août 2022, notifié le 12 octobre 2022, la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire et a fixé le pays de renvoi. Par un second arrêté du 12 octobre 2022, notifié le jour même, la préfète l'a également assigné à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de quarante-cinq jours. Par un jugement du 18 octobre 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal, statuant en application des dispositions des articles L. 614-1 et L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative a, d'une part, rejeté les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, celle fixant le pays de destination et l'arrêté portant assignation à résidence et a, d'autre part, renvoyé devant la formation collégiale du tribunal l'examen de la légalité de la décision du 29 août 2022 portant refus de titre de séjour et l'examen des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte s'y rattachant. Par un jugement du 28 avril 2023, la formation collégiale du tribunal a rejeté les conclusions de M. A dirigées contre le refus de titre de séjour du 29 août 2022 et celles présentées aux fins d'injonction et d'astreinte.
Par la présente requête M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 6 janvier 2023, notifié le 9 janvier 2023, par lequel la préfète d'Eure-et-Loir l'a assigné à résidence pour une durée de 6 mois.
2. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent, le recours formé par M. A à l'encontre du refus de titre pris à son encontre le 29 août 2022 a été rejeté. Le requérant qui fait référence à ce recours et demande au tribunal d'annuler l'assignation à résidence par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre et de l'obligation de quitter le territoire français sans délai n'établit pas cette illégalité. Le moyen doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".
4. La décision en litige contestée vise les textes dont elle fait application, notamment l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, elle fait état d'éléments propres à la situation personnelle du requérant, notamment de ce qu'il fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire mais ne possède aucun document de voyage ou d'identité en cours de validité. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de M. A, alors, au demeurant, que celle-ci n'a pas à reprendre dans sa décision tous les éléments caractérisant la situation du requérant de manière exhaustive. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; (). " et aux termes de l'article L. 732-4 du même code : " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-3, elle ne peut excéder une durée de six mois. () ".
6. Il résulte expressément des termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la mesure d'assignation à résidence ordonnée en application de ces dispositions a pour objet, non de mettre à exécution d'office une mesure d'éloignement prise antérieurement, mais d'autoriser temporairement l'étranger à se maintenir en France lorsqu'il n'existe pas de perspective raisonnable de mise à exécution de la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet pour des motifs qu'il appartient à l'étranger lui-même d'établir.
7. Il est constant que le requérant, à la date de la décision en litige, faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire exécutoire. S'il soutient que contrairement à ce qu'a retenu la préfète, il détenait à la date de la décision en litige un passeport en cours de validité, produit au soutien de sa requête, délivré le 31 octobre 2022, il ne justifie pas ainsi que la préfète en prenant la mesure en litige a méconnu les dispositions précitées.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. A se prévaut de sa présence de huit années sur le territoire français, des liens intenses qu'il a noués avec son entourage et de son intégration dans la société française et soutient être dépourvu de toutes attaches dans son pays d'origine. Toutefois, et alors, d'une part, que l'intéressé ne se prévaut d'aucune circonstance l'empêchant de respecter les obligations prescrites par l'arrêté ou de rendre celles-ci incompatibles avec sa situation personnelle, d'autre part, que la préfète indique en défense, sans contredit, que le requérant est hébergé dans la commune où il a été assigné à résidence, à quelques kilomètres seulement du commissariat siège du lieu de pointage et il n'a ni travail, ni famille à charge et que, par suite, l'obligation de pointage qui lui est faite deux fois par semaine n'est pas disproportionnée, les considérations du requérant ne sont pas de nature à faire regarder la mesure en litige comme prise en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. En dernier lieu, pour les mêmes motifs qu'au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision du 6 janvier 2023, notifiée le 9 janvier 2023, par laquelle la préfète d'Eure-et-Loir l'a assigné à résidence pour une durée de 6 mois sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. A dirigées contre l'arrêté en date du 6 janvier 2023 par lequel la préfète d'Eure-et-Loir l'a assigné à résidence pour une durée de 6 mois sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète d'Eure-et-Loir.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
M. Joos, premier conseiller,
Mme Bernard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
La présidente-rapporteure,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
L'assesseur le plus ancien,
Emmanuel JOOSLa greffière,
Lucie BARRUET
La République mande et ordonne à la préfète d'Eure-et-Loir en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026