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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2300150

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2300150

vendredi 10 février 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2300150
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantAARPI MATHIEU VERNET AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 14 janvier 2023, le 23 janvier 2023 et le 2 février 2023, M. A, représenté par Me Mathieu, demande au juge des référés :

1) de suspendre l'exécution de l'arrêté municipal en date du 9 novembre 2022 par

lequel le maire de la commune de Cheverny a accordé une déclaration préalable de travaux aux Sources de Cheverny pour la création d'une voie de circulation interne au domaine des Sources de Cheverny depuis le 1 Chemin du Breuil jusqu'au parking interne existant ;

2) de mettre à la charge de la commune de Cheverny une somme de 1 600 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il justifie d'un intérêt à agir en qualité de voisin immédiat dès lors que la nouvelle voie de circulation induit des nuisances sonores et des pollutions importantes ;

- il y a présomption d'urgence en matière d'urbanisme, et la commune ne justifie d'aucune circonstance particulière faisant obstacle à la présomption d'urgence ; le déboisement est achevé et les travaux se poursuivent à un rythme important ;

- il existe un doute sérieux ; le dossier de déclaration préalable est incomplet dès lors qu'il n'a pas permis d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement proche et lointain ; l'arrêté est entaché d'une fraude caractérisée dès lors que la demande n'a pas fait état au service instructeur du tracé retenu dans le cadre du protocole transactionnel ; l'arrêté en date du 9 novembre 2022 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que le maire n'a pas sursis à statuer sur la demande des Sources de Cheverny alors même que le projet est de nature à

compromettre l'exécution du Plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) Agglopolys ; le projet de création de voie de circulation dont le tracé est prévu au sud de la parcelle, en limite de la voie publique, ne respecte pas la préservation de nombreux arbres en bordure de voie, ne permettant pas de réserver l'aspect boisé de la parcelle, et sans qu'il n'ait été prévu de compenser les arbres abattus par la plantation d'essences similaires ; le projet tel que soumis à la mairie de Cheverny contrevient aux règles du PLUi Agglopolys notamment ses articles 1, 2.5 et 6, et est donc de nature à compromettre son exécution quant à la réalisation de ce projet sur le territoire de la commune de Cheverny ; l'arrêté du 9 novembre 2022 est entaché d'erreur de droit en tant qu'il ne respecte pas les dispositions des articles N1 et N2 du règlement du PLU de la commune de Cheverny.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 janvier 2023 et le 2 février 2023, la commune de Cheverny conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse.

Par un mémoire enregistré le 2 février 2023, la société Les Sources de Cheverny, représentée par Me Weinkopf, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société fait valoir que :

- M. A ne justifie d'aucun intérêt à agir dès lors qu'il ne parvient pas à démontrer en quoi le projet affecte ses conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance du bien ; en l'espèce, aucune démonstration n'est faite par le requérant de son intérêt pour agir ;

- il n'y a aucune urgence dès lors que la voie de circulation est tracée, stabilisée et praticable ;

- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 11 janvier 2023 sous le numéro 2300149 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Dessolas, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Mathieu, représentant M. A qui persiste dans ses conclusions et moyens ;

- les observations de M. B, représentant la commune de Cheverny et les observations de Me Weinkopf représentant Les Sources de Cheverny qui concluent aux mêmes fins par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués et susvisés n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse.

3. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition tenant à l'existence d'une situation d'urgence, ni de statuer sur la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir, les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que celles présentées au titre des frais d'instance.

Sur les frais d'instance :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la commune de Cheverny sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

5. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de M. A la somme de 1 000 euros à verser à la société Les Sources du Cheverny sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera à la société Les Sources de Cheverny la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions formées par la commune de Cheverny sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A, à la commune de Cheverny et à la société les Sources de Cheverny.

Fait à Orléans, le 10 février 2023.

La juge des référés,

Anne-Laure C

La République mande et ordonne au préfet du Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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