lundi 30 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300203 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CACAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistré le 19 janvier 2023, M. C B, représenté par Me Cacan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 janvier 2023 par lequel le préfet de Loir et Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et l'a assigné à résidence dans le périmètre de la ville de Blois pendant une durée de quarante-cinq jours;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir et Cher de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jour à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard du fait de sa présence en France depuis plus de 10 ans ou à défaut en raison des motifs exceptionnels et humanitaires d'admission au séjour, ou de réexaminer sa situation administrative dans un délai de trente jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrer un titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle notamment en raison de son état de santé;
- elle méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation en fait et en droit ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision lui refusant délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet était tenu d'assortir l'obligation de quitter le territoire français d'un délai de départ volontaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2023, le préfet de Loir et Cher conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 24 janvier 2023, le rapport de Mme A.
Les parties n'étaient présentes, ni représentées.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant turc né le 1er décembre 1973, a déclaré être entré en France en décembre 2001. A la suite du refus d'octroi du statut de réfugié, M. B a fait l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière puis de sept obligation de quitter le territoire français entre 2004 et 2020. Le 22 avril 2022, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par l'arrêté attaqué, le préfet de Loir et Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et l'a assigné à résidence dans le périmètre de la ville de Blois pendant une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'étendue du litige :
2. Ainsi, qu'il a été dit au point 1, M. B a fait l'objet d'une mesure d'assignation à résidence sur le fondement de l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En application des dispositions des articles L. 614-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-17 du code de justice administrative, il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de statuer sur les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi, interdisant le retour sur le territoire français et portant assignation à résidence. La formation collégiale du tribunal reste saisie des conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour et des conclusions aux fins d'injonction afférentes à cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, la décision comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent et est par suite suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. M. B fait valoir la durée de son séjour en France, pendant lequel il soutient entretenir des relations avec plusieurs membres de sa famille. Il met en avant ses différentes périodes d'emploi, ainsi que son état de santé, pour lequel il bénéficie de soins en France, et ajoute, sans le démontrer, qu'il ne pourrait pas effectivement accéder à tels soins dans son pays d'origine. Toutefois, alors que la durée de séjour du requérant en France résulte de la non-exécution des sept obligations de quitter le territoire français qui lui ont été notifiées, il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté que sa conjointe et leurs enfants résident en Turquie. De plus, l'intensité et la stabilité des liens personnels en France du requérant ne peut être regardée comme suffisamment établie. Par suite, le préfet n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. En troisième lieu pour les mêmes motifs, la décision attaquée ne peut être regardée comme entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :
7. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () /3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 dudit code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () ".
8. En premier lieu, pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire, la décision après avoir notamment visé les articles L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle que le requérant s'est soustrait à l'exécution des précédentes obligations de quitter le territoire français. Ainsi, la décision de refuser d'accorder un délai est suffisamment motivée.
9. En deuxième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet a examiné la situation personnelle du requérant et notamment ses conditions du séjour en France, sa situation familiale, son état de santé, ses périodes d'emploi et son projet professionnel.
10. En dernier lieu, il ne ressort pas des dispositions précitées que le préfet était tenu d'accorder un délai de départ volontaire au requérant, celui-ci s'étant au demeurant soustrait à l'exécution des sept précédentes mesures d'éloignement.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination, interdisant le retour sur le territoire français et portant assignation à résidence doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. B dirigées contre la décision de refus de titre de séjour contenue dans l'arrêté du 17 janvier 2023, ainsi que les conclusions accessoires à fin d'injonction qui s'y rattachent sont renvoyées devant la formation collégiale de ce tribunal.
Article 2 : Les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français sans délai, la décision fixant le pays de destination contenues, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et la décision portant assignation à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours contenus dans l'arrêté du 17 janvier 2023 ainsi que les conclusions aux fins d'injonction qui s'y rattachent sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à au préfet de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.
La magistrate désignée
Séverine A
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300203
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026