LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2300246

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2300246

vendredi 3 février 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2300246
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSCP MADRID-CABEZO MADRID-FOUSSEREAU MADRID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 janvier 2023, M. A C, représenté par Me Madrid, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2023 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a pris à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an, ainsi qu'un arrêté du même jour par lequel cette même autorité l'a assigné à résidence dans le département pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de réexaminer sa situation, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français attaquée est insuffisamment motivée ;

- cette décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un défaut de base légale, étant entré régulièrement sur le territoire français ;

- il est fondé à exciper de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour qui lui a été opposé le 28 mai 2021 en application de la décision du Conseil d'Etat n° 436109 du 4 février 2021 et il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la décision refusant d'accorder un délai est disproportionnée dès lors qu'il ne présente aucun risque de fuite et qu'il ne constitue nullement une menace pour l'ordre public ;

- la décision d'assignation à résidence sera annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français ;

Le préfet d'Indre-et-Loire n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Le Toullec, premier conseiller, pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R 776-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Le Toullec, magistrate désignée ;

- les observations de Me Madrid, représentant M. C. Me Madrid précise tout d'abord que l'absence de M. C à la présente audience s'explique par le fait qu'il était convoqué ce même jour devant la cour administrative d'appel de Versailles chargée de statuer sur son recours formé contre le jugement du 24 mars 2022 du tribunal administratif d'Orléans ayant rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 28 mai 2021 de la préfète d'Indre-et-Loire lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Me Madrid s'en rapporte ensuite à ses écritures. Elle soutient en outre que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de fait dès lors que M. C est entrée régulièrement en France, contrairement à ce qu'indique le préfet, que l'interdiction de retour est illégale dès lors qu'il ne constitue nullement une menace pour l'ordre public. Enfin, elle insiste sur l'intensité des liens familiaux qu'il dispose en France, de son insertion dans la société française, de son implication dans l'éducation de son enfant et de l'impossibilité pour son épouse, dont l'ensemble de la famille réside régulièrement en France depuis de nombreuses années, de reconstituer sa vie en Géorgie.

Le préfet d'Indre-et-Loire n'était ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, de nationalité géorgienne, né le 24 mars 1990, est entré en France le 19 mai 2019 muni d'un visa D de long séjour portant la mention " visiteur ". Il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " valable jusqu'au 15 mai 2021. Il a, le 13 mars 2021, présenté une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " qui a été rejetée par un arrêté du 28 mai 2021 de la préfète d'Indre-et-Loire, portant également obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. L'intéressé a formé un recours contre cet arrêté qui a été rejeté par un jugement du tribunal administratif d'Orléans du 24 mars 2022, qui n'est pas devenu définitif. A la suite de son interpellation par les services de police d'Indre-et-Loire le 21 janvier 2023, le préfet d'Indre-et-Loire, par un arrêté du même jour, a fait obligation à M. C de quitter le territoire français sans délai à destination de la Géorgie ou de tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Shengen, où il est légalement admissible et a pris à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par un arrêté du même jour, il l'a assigné à résidence dans le département pour une durée de quarante-cinq jours. M. C demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. C réside en France depuis presque quatre ans à la date de l'obligation de quitter le territoire français attaquée et y est entré de manière régulière sous couvert d'un visa de long séjour mention " visiteur ". Il s'est maintenu en France de manière régulière jusqu'au refus de renouvellement de son titre de séjour mention " visiteur " le 21 mai 2021. Le requérant s'est marié en Géorgie le 18 juillet 2018 avec une compatriote, Mme B, qui réside en France depuis 2010 et de manière régulière depuis 2015. Elle est actuellement titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 3 mars 2024. Le couple a un enfant qui est né le 3 juin 2019. Mme B, qui a fait ses études en France, est surveillante à l'école élémentaire Arthur Rimbaud à Tours ainsi qu'accompagnante d'élèves en situation de handicap suivant un contrat de recrutement à durée déterminée de trois ans renouvelable une fois, conclu le 6 janvier 2021 avec le chef d'établissement du Lycée Victor Laloux à Tours. Il est constant que l'ensemble de la famille de l'épouse du requérant, c'est-à-dire ses parents et ses sœurs qui ont fondé elles-mêmes une famille et dont l'une d'elles est mariée à un ressortissant français, résident régulièrement en France. M. C justifie également de la présence en France de sa sœur, qui est mariée et réside à Bordeaux. Par ailleurs, le requérant produit de nombreux témoignages circonstanciés et d'origine variée démontrant qu'il s'occupe de son enfant et pourvoit à son entretien et son éducation pendant que son épouse travaille. Il ressort également des pièces du dossier que M. C fait des efforts d'intégration notamment en suivant des cours de français. Il n'est pas contesté qu'il maîtrise désormais le français. Enfin, il ne ressort aucunement des pièces du dossier que le requérant constituerait une menace à l'ordre public, élément qui a été invoqué à tort par le préfet pour justifier la décision d'interdiction de retour en France prise à son encontre. Dans ces conditions, eu égard à l'intensité et la stabilité des liens familiaux dont il dispose en France en la personne de son épouse et de son fils ainsi qu'à l'enracinement familial en France de son épouse - et alors même qu'il entrerait dans les catégories d'étrangers susceptibles de bénéficier du regroupement familial -, la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée a porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 21 janvier 2023 par laquelle le préfet d'Indre-et-Loire a fait obligation à M. C de quitter le territoire français sans délai doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions fixant le pays de destination, lui faisant interdiction de retour d'une durée d'un an et l'assignant à résidence.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".

6. Le présent jugement annulant l'obligation faite à l'intéressé de quitter le territoire et des décisions accessoires implique nécessairement, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet d'Indre-et-Loire réexamine la situation administrative de M. C et lui délivre sans délai une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler pendant la durée de ce réexamen. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre au préfet de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais de l'instance :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les arrêtés du 21 janvier 2023 du préfet d'Indre-et-Loire sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet d'Indre-et-Loire de réexaminer la situation de M. C dans un délai de deux mois suivant la notification de la présente décision et de le munir, dans l'attente de ce réexamen et sans délai, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet d'Indre-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2023.

La magistrate désignée,

Hélène LE TOULLEC

Le greffeer,

Roger MBELANI

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions