mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300582 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AUBRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 13 février 2023 et le 12 avril 2023, M. B A, représenté par Me Aubry, avocate, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet du préfet de Loir-et-Cher sur sa demande de récépissé ;
2°) d'enjoindre au préfet de préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer un récépissé dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d'annuler l'arrêté du 6 mars 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher lui a refusé un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
4°) d'enjoindre le préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer un certificat de résidence algérien mention " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir;
5°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
S'agissant de l'ensemble des décisions :
- elles sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte.
S'agissant de la décision implicite de rejet sur sa demande de récépissé :
- la décision a méconnu l'article L. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'avec la production de pièces complémentaires demandées par le préfet, un récépissé aurait dû lui être délivré ;
- elle a méconnu l'article L. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son dossier était complet.
S'agissant de la décision portant refus de certificat de résident algérien :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le préfet s'est à tort estimé en situation de compétence liée par rapport à l'avis du service de la main d'œuvre étrangère, que son salaire n'était pas inférieur au salaire minimum de croissance et qu'il est parfaitement intégré.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait l'illégalité de la décision portant refus de certificat de résident algérien.
Par un mémoire enregistré le 20 mars 2023, le préfet de Loir-et-Cher conclut au non-lieu de la requête.
Le mémoire complémentaire du 12 avril 2023 a été communiqué au préfet de
Loir-et-Cher qui n'a pas proposé d'observations.
Vu :
- l'ordonnance n° 2300576 du 24 février 2023 du tribunal administratif d'Orléans ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bertrand, première conseillère, pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Aubry, représentant M. A, qui reprennent les moyens exposés dans la requête et le mémoire, précisent que le refus porté par le préfet à son admission au séjour est entaché d'une erreur de fait dès lors que sa rémunération est supérieure au salaire minimum de croissance et que le patron de M. A est gravement malade,
- et les observations de M. A, requérant ;
- le préfet de Loir-et-Cher n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, de nationalité algérienne né le 24 septembre 1974, est entré en France le 31 juillet 2017, muni d'un passeport revêtu d'un visa C valable du 10 juillet 2017 au 10 octobre 2017. Le 2 juin 2022, M. A a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien au titre du travail. Une demande de pièces complémentaires a été adressée au requérant le 22 juin 2022, à laquelle il a répondu le 12 octobre 2022. Par un mail du 3 janvier 2023, M. A, estimant qu'une décision implicite est née du silence gardé par le préfet de
Loir-et-Cher sur sa demande l'a saisi d'une demande de communication des motifs de cette décision. Ce courrier étant resté sans réponse, M. A a saisi le tribunal le 13 février 2023 d'une demande d'annulation de la décision implicite de rejet et d'une demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer un récépissé de demande de certificat de résident. Par une ordonnance du 24 février 2023, le juge des référés a rejeté sa demande. Par un arrêté du 6 mars 2023, le préfet de Loir-et-Cher a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un arrêté du 7 avril 2023, le préfet de Loir-et-Cher l'a assigné à résidence dans le département de Loir-et-Cher pendant une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de récépissé et de l'arrêté du 6 mars 2023.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur l'étendue du litige :
4. Ainsi qu'il a été dit au point 1, M. A a fait l'objet d'une mesure d'assignation à résidence sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En application des dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, il appartient à la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de statuer sur les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. La formation collégiale du tribunal reste saisie des conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet sur la demande de récépissé et de la décision portant refus de certificat de résidence algérien, des conclusions accessoires à ces dernières ainsi que de celles relatives au frais de l'instance.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Nicolas Hauptmann, secrétaire général de la préfecture, qui bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de Loir-et-Cher du 25 janvier 2021, publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () correspondances () relevant des attributions de l'Etat dans le département de Loir-et-Cher ", cette délégation comprenant " notamment, la signature de tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers ". Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué, qui manque en fait, doit donc être écarté.
6. En deuxième lieu, M. A soulève à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de certificat de résident algérien.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien : " Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention ''salarié'' : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française () ". Selon l'article 9 de cet accord, pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre notamment de l'article 7 précité, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises.
8. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de Loir-et-Cher a d'abord relevé que M. A ne remplit aucune des conditions prévues par l'article 7 b) précité de l'accord franco-algérien car il ne dispose pas d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes et il est démuni du visa de long séjour exigible. La circonstance qu'il ait opposé à M. A l'avis défavorable de la plateforme de la main d'œuvre étrangère est sans effet sur la légalité de la décision en litige, dès lors qu'il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué qu'il se serait senti en situation de compétence liée pour refuser le titre de séjour sollicité, alors que cette consultation ne constitue une condition nécessaire à la délivrance d'un certificat de résidence ni au titre de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien ni dans le cadre des pouvoirs de régularisation du préfet. Le préfet a par ailleurs indiqué, s'agissant de la vie familiale du requérant, que ce dernier n'est pas démuni d'attaches familiales à l'étranger où résident sa femme et ses deux enfants mineurs. La circonstance, à la supposer établie, que M. A serait bien intégré en France ne saurait suffire à établir que le préfet de Loir-et-Cher aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. En outre, la circonstance, pour regrettable qu'elle soit que le propriétaire du garage employant actuellement M. A soit gravement malade est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, les moyens invoqués par le requérant, tirés de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 mars 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A à l'encontre de la décision implicite de rejet de sa demande de récépissé et de la décision lui refusant un certificat de résidence algérien contenue dans l'arrêté du 6 mars 2023 du préfet de Loir-et-Cher, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte qui s'y rattachent et celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle sont renvoyées devant la formation collégiale de ce tribunal.
Article 3 : Le surplus de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
La magistrate désignée,
Valérie C
Le greffier,
Roger MBELANILa République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026