mercredi 5 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300585 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | PASSY |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 février et 15 mars 2023 sous le n° 2300585, Mme G A D, représentée par Me Joëlle Passy, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2023 de la préfète du Loiret l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination de sa reconduite ;
2) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que l'arrêté méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2023, la préfète du Loiret, représentée par Me Johan Hervois, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requérante ne sont pas fondés.
II. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 février et 15 mars 2023 sous le n° 2300586, M. F, représenté par Me Joëlle Passy, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2023 de la préfète du Loiret l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination de sa reconduite ;
2) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que l'arrêté méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2023, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Mme A D et M. E ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décisions du 17 mars 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 décembre 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D et M. E, ressortissants de la République Démocratique du Congo nés les 28 mars 1998 et 1er mars 1990, ont déclaré être entrés en France le 3 mai 2022 sans pouvoir justifier d'une entrée régulière. Le 23 juin 2022, ils ont sollicité leur admission au séjour au titre de l'asile. Leurs demandes ont été rejetées, pour irrecevabilité, par des décisions du 9 septembre 2022 dès lors qu'ils étaient bénéficiaires d'une protection dans un autre Etat. Par les arrêtés attaqués du 25 janvier 2023, la préfète du Loiret les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination de leur pays d'origine ou de tout autre pays dans lequel ils sont légalement admissibles.
2. Les deux requêtes susvisées ont pour objet le droit au séjour d'un couple d'étrangers. Elles présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions tendant à l'annulation des arrêtés du 25 janvier 2023 de la préfète du Loiret :
3. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces dernières stipulations que l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
4. En se prévalant de ces stipulations, les requérants soutiennent qu'ils ne peuvent retourner dans leur pays d'origine en faisant valoir qu'ils ont obtenu la qualité de réfugié en Grèce le 12 avril 2021 en raison des persécutions subies dans leur pays d'origine et que la xénophobie et les traitements inhumains et dégradants subis en Grèce les empêchent également d'y retourner. Toutefois, compte tenu de leur origine et de leur contenu, les documents qu'ils produisent ne sont pas de nature à établir qu'ils feraient l'objet de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Grèce et que les difficultés scolaires rencontrées par leur fils B résulteraient de tels traitements subis dans ce pays. Au demeurant, leurs recours formés contre les décisions du 9 septembre 2022 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides ont été rejetés par une décision du 17 février 2023 de la cour nationale du droit d'asile. Par ailleurs, les arrêtés attaqués n'ont pas pour objet ou pour effet de séparer les requérants de leurs deux enfants mineurs. En revanche, dès lors qu'ils ont obtenu la qualité de réfugié en Grèce à raison de persécutions subies en République Démocratique du Congo, les intéressés doivent être regardés comme pouvant subir des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans ce pays et sont donc fondés à soutenir que les arrêtés attaqués méconnaissent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en tant qu'ils permettent l'exécution des obligations de quitter le territoire à destination de ce pays.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme A D et M. E sont seulement fondés à demander l'annulation des arrêtés du 23 janvier 2023 de la préfète du Loiret en tant qu'ils fixent leur pays d'origine, la République Démocratique du Congo, comme pays de destination de leur reconduite.
Sur les frais du litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat les sommes que demandent les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du 23 janvier 2025 de la préfète du Loiret obligeant Mme A D et M. E à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination de leur reconduite sont annulés en tant qu'il fixe la République Démocratique du Congo comme pays de destination de leur reconduite.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de Mme A D et de M. E est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G A D, à M. F et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2023.
Le magistrat désigné,
Jean-Michel C
La greffière
Florence PINGUET-COMMEREUCLa République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2300585
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026