mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300622 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | NGANGA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2023, M. B A, représenté par Me Nganga, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 janvier 2023 par lequel la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une autorisation provisoire d'une validité de 6 mois avec autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- en examinant sa situation au regard des dispositions de l'article L. 423-7 du CESEDA uniquement, la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation ;
- il établit sa présence en France depuis 2013 et contribue à l'entretien et à l'éducation de son enfant français, âgé de moins de 2 ans, à proportion de ses ressources ;
- il est présent en France depuis 2013 ce qui justifie son admission exceptionnelle au séjour ;
- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La procédure a été communiquée à la préfète du Loiret qui n'a pas produit d'observations, malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 18 octobre 2023.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lefebvre-Soppelsa,
- et les observations de Me Nganga, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant congolais né le 31 mars 1983, déclare être entré en France le 2 septembre 2013. Il a sollicité en dernier lieu, le 28 mars 2022, son admission au séjour en se prévalant de la naissance le 11 juillet 2021 de sa fille, de nationalité française. Par l'arrêté attaqué, la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. En premier lieu, l'arrêté en litige mentionne les éléments de fait et de droit sur lesquelles son auteur a entendu se fonder. Il est ainsi suffisamment motivé.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni d'aucune pièce du dossier que la préfète n'a pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. "
5. Le requérant, qui se borne à soutenir qu'il est dépourvu de ressources en raison de l'irrégularité de sa situation et n'a pu trouver un emploi sous couvert du récépissé d'une durée de 3 mois qui lui a été délivré, n'établit pas subvenir aux besoins de sa fille. S'il soutient contribuer à l'éducation de celle-ci, il ne l'établit pas plus par la seule production de photos. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 423-7 du CESEDA doit être écarté.
6. En quatrième lieu, si le requérant soutient que la préfète a commis une erreur de droit en n'examinant sa demande de titre qu'au regard de l'article L. 423-7 du le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il n'apporte au soutien de sa requête aucun élément établissant qu'il aurait présenté sa demande sur un autre fondement. Par suite le moyen tiré d'une telle erreur de droit doit être écarté.
7. En cinquième lieu, si le requérant soutient, au demeurant sans l'établir, qu'il est présent de façon habituelle en France depuis septembre 2013, il est constant qu'au 23 janvier 2023, date de l'arrêté en litige, il ne justifiait pas d'une présence habituelle sur le territoire depuis 10 ans.
8. En sixième lieu le requérant qui, ainsi qu'il a été dit aux points précédents ne justifie pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de sa fille ni de sa présence habituelle en France depuis 2013, n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il aurait pu bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour. Par suite, et en tout état de cause, le moyen doit être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
10. Il ne ressort pas des pièces du dossier, d'une part et ainsi qu'il a déjà été dit, que le requérant contribue à l'entretien et à l'éducation de sa fille ni, d'autre part qu'il a noué avec elle une relation affective. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par le requérant doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles qu'il présente au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Best-De Gand, première conseillère,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
La présidente-rapporteure,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
L'assesseure la plus ancienne,
Armelle BEST-DE GAND
La greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026