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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2300679

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2300679

mercredi 22 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2300679
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE
Avocat requérantDOUCHIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 février 2023, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 3 octobre 2023 et 5 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Laurent Douchin, avocat, demande au tribunal :

1°) l'annulation d'une décision du 17 septembre 2021 de la caisse d'allocations familiales de Loir-et-Cher lui ayant notifié un indu de revenu de solidarité active de 9 595,41 euros au titre de la période du 1er mars 2019 au 28 février 2021, avec un solde restant dû de 7 686,21 euros compte tenu des retenues effectuées sur sa prime d'activité due de décembre 20219 à août 2021 ;

2°) l'annulation d'une décision du 29 juillet 2022 du président du conseil départemental de Loir-et-Cher l'informant du prononcé à son encontre d'une amende administrative de 1 440 euros ;

3°) l'annulation d'une décision du 16 décembre 2022 du président du conseil départemental de Loir-et-Cher lui confirmant le bien-fondé de son indu de revenu de solidarité active et son amende administrative ;

4°) qu'il soit enjoint de lui restituer les sommes perçues par la caisse d'allocations familiales de Loir-et-Cher au titre du remboursement d'un trop-perçu ;

5°) de mettre à la charge du département de Loir-et-Cher la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est recevable, y compris les conclusions concernant l'indu de revenu de solidarité active, la décision du 16 décembre 2022 s'étant substituée aux décisions précédentes tant sur le trop-perçu de revenu de solidarité active que sur l'amende administrative ;

- s'agissant de l'indu de revenu de solidarité active :

* la décision du 17 septembre 2021 de la caisse d'allocations familiales est insuffisamment motivée :

* son droit à l'information et le principe du contradictoire n'ont pas été respectés avant l'édiction de cette décision ;

* il conteste les modalités de détermination de l'indu, qui ne lui ont pas été explicitées, alors qu'en tant que travailleur indépendant, il a effectué ses déclarations en net après abattement ; s'il reconnaît avoir commis quelques erreurs dans ses déclarations (pour 2019, 2 149 euros déclarés alors qu'il aurait dû déclarer 2 918 euros, pour 2020, 973 euros déclarés alors qu'il aurait dû déclarer 1 212,07 euros), la décision du 16 décembre 2022 n'a pas de sens en ce qu'elle fait une comparaison entre les déclarations en net et les revenus bruts apparaissant sur les relevés de compte ; s'il a déclaré la pension alimentaire perçue de son épouse avec un décalage, cette erreur est sans incidence sur ses droits et ne crée pas un indu ; il n'a pas perçu d'autres revenus exceptionnels qu'une somme de 348,86 euros d'assurance décès de sa mère ; la vente de son bien immobilier au Vésinet s'est muée en des biens situés à Tours et une assurance vie, mais c'est le même montant de patrimoine qui a continué à être pris en compte pour le calcul de ses droits ; il a correctement déclaré ses revenus locatifs perçus à compter de 2021 issus des biens de Tours ; il n'y a donc ni revenu occulte, ni fraude.

- s'agissant de l'amende administrative :

* la décision du 29 juillet 2022 n'est pas motivée en fait ;

* son droit à l'information et le principe du contradictoire n'ont pas été respectés avant l'édiction de cette décision ;

* le prononcé de l'amende administrative est contraire aux stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;

* il conteste l'intention frauduleuse qui lui est reprochée, à l'origine de l'amende administrative prononcée à son encontre.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 11 octobre 2023, le département de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est partiellement irrecevable pour cause de forclusion ;

- la décision du 16 décembre 2022 est bien fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les litiges en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

Une note en délibéré, émanant du département de Loir-et-Cher, a été enregistrée le 14 novembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, allocataire du revenu de solidarité active (RSA), a reçu notification, par une lettre de la caisse d'allocations familiales de Loir-et-Cher du 17 septembre 2021, d'un indu de RSA de 9 595,41 euros au titre de la période du 1er mars 2019 au 28 février 2021, avec un solde restant dû de 7 686,21 euros compte tenu des retenues effectuées sur sa prime d'activité due de décembre 20219 à août 2021. Aux termes de cette lettre, l'indu résulte de l'absence de déclaration, par M. B, de l'ensemble de ses revenus ainsi que de l'achat de logements sur Tours. Par une lettre du 20 avril 2022, le président du conseil départemental de Loir-et-Cher a informé M. B de son intention de prononcer à son encontre une amende administrative de 1 440 euros, en l'invitant à présenter ses observations à cet égard. Par un courriel en réponse du 22 avril 2022, M. B a expliqué n'avoir pas eu l'intention de frauder et avoir déclaré avec exactitude sa situation. Par une décision du 29 juillet 2022, le président du conseil départemental de Loir-et-Cher a informé M. B du prononcé à son encontre d'une amende administrative de 1 440 euros. Par des courriers datés des 24 septembre 2022 et 17 novembre 2022, M. B a contesté l'amende administrative ainsi que le bien-fondé de l'indu réclamé. Par une décision du 16 décembre 2022, le président du conseil départemental de Loir-et-Cher a confirmé à M. B le bien-fondé de son indu de RSA et son amende administrative. Aux termes de ses écritures, M. B demande l'annulation de la décision du 17 septembre 2021 de la caisse d'allocations familiales de Loir-et-Cher, des décisions des 29 juillet 2022 et 16 décembre 2022 du président du conseil départemental de Loir-et-Cher, et qu'il soit enjoint de lui restituer les sommes perçues par la caisse d'allocations familiales de Loir-et-Cher au titre du remboursement d'un trop-perçu.

Sur les conclusions à fins d'annulation de la décision du 17 septembre 2021 de la caisse d'allocations familiales de Loir-et-Cher notifiant l'indu de RSA à M. B :

2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ".

3. La décision du 17 septembre 2021, produite à l'appui de la requête, ce qui atteste de sa réception par M. B, mentionne, ainsi que le président du conseil départemental de Loir-et-Cher le fait valoir en défense, la possibilité pour son destinataire de la contester en formulant un recours administratif dans le délai de deux mois à compter de sa réception. Or, il ne résulte pas de l'instruction, au vu des autres pièces jointes à la requête comme de celles produites en défense, que M. B a entendu effectuer un tel recours avant son courriel du 22 avril 2022, soit sept mois après. Dans ce courriel, écrit en réponse à la lettre du 20 avril 2022 du président du conseil départemental informant l'intéressé de son intention de prononcer à son encontre une amende administrative, M. B indique " avoir reçu plusieurs courriers mentionnant des faits erronés, mais ne [l]'invitant pas à faire des remarques ou fournir des preuves contraires à ces affirmations ", et apporte des éléments concernant ses déclarations de revenus, la pension alimentaire, ses placements, ses biens immobiliers en récusant toute intention frauduleuse. Toutefois, en tout état de cause, la mention explicite relative au recours administratif préalable figurant dans la décision du 17 septembre 2021 informait bien M. B des conditions d'exercice d'un tel recours. Dans ses dernières écritures, M. B fait par ailleurs valoir que, s'agissant de l'indu de RSA, la décision du 17 septembre 2021 ne peut s'entendre comme une décision définitive, dès lors qu'elle mentionne que " votre dossier est transmis au conseil départemental pour déterminer une éventuelle intention frauduleuse de votre part le trop-perçu définitif vous sera alors précisé ", et que seule la décision du 16 décembre 2022 est une décision confirmative sur recours administratif. Toutefois, en dépit de l'évidente maladresse de la locution relative au " trop-perçu définitif ", cette argumentation ne saurait prospérer au regard du début de la décision du 17 septembre 2021, lequel mentionne explicitement le montant de l'indu de RSA réclamé à M. B, le paragraphe incriminé se rapportant à l'éventuelle détermination, par le seul conseil départemental, d'une amende administrative. Ainsi, faute d'avoir été précédées du recours administratif prévu par les dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles exercé dans les conditions prévues par les dispositions de l'article R. 262-88 du même code, les conclusions de M. B en tant qu'elles sont dirigées contre la décision du 17 septembre 2021 de la caisse d'allocations familiales de Loir-et-Cher sont irrecevables. Il en est de même, par voie de conséquence, des conclusions de M. B dirigées contre la décision du 16 décembre 2022 du président du conseil départemental de Loir-et-Cher en tant qu'elle lui confirme le bien-fondé de son indu de RSA.

Sur les conclusions à fins d'annulation de la décision du 29 juillet 2022 du président du conseil départemental de Loir-et-Cher informant M. B du prononcé à son encontre d'une amende administrative de 1 440 euros et de la décision du 16 décembre 2022 du président du conseil départemental de Loir-et-Cher en tant qu'elle confirme à M. B son amende administrative :

4. M. B a formé dans le délai de deux mois, un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision du 29 juillet 2022, auquel le département de Loir-et-Cher a répondu par sa décision du 16 décembre 2022. Par suite, par l'effet de ce recours administratif préalable, la décision du 16 décembre 2022 en tant qu'elle confirme à M. B son amende administrative s'est substituée à celle du 29 juillet 2022 qui a disparu de l'ordonnancement juridique. Dès lors, les conclusions de la requête, en tant qu'elles concernent la décision du 29 juillet 2022, sont irrecevables, M. B restant seulement fondé à contester la décision du 16 décembre 2022 en tant qu'elle lui confirme son amende administrative.

5. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil départemental est la juridiction administrative. / Aucune amende ne peut être prononcée à raison de faits remontant à plus de deux ans, ni lorsque la personne concernée a, pour les mêmes faits, déjà été définitivement condamnée par le juge pénal ou a bénéficié d'une décision définitive de non-lieu ou de relaxe déclarant que la réalité de l'infraction n'est pas établie ou que cette infraction ne lui est pas imputable. () L'amende administrative ne peut pas être prononcée s'il a été fait application, pour les mêmes faits, de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " () Le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits, dans la limite de deux fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. () Le directeur de l'organisme concerné notifie le montant envisagé de la pénalité et les faits reprochés à la personne en cause, afin qu'elle puisse présenter ses observations écrites ou orales dans un délai d'un mois. A l'issue de ce délai, le directeur de l'organisme prononce, le cas échéant, la pénalité et la notifie à l'intéressé en lui indiquant le délai dans lequel il doit s'en acquitter ou les modalités selon lesquelles elle sera récupérée sur les prestations à venir. () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 114-11 du code de la sécurité sociale : " Lorsqu'il envisage de faire application de l'article L. 114-17, le directeur de l'organisme qui est victime des faits mentionnés aux 1° à 4° du I du même article le notifie à l'intéressé en précisant les faits reprochés et le montant de la pénalité envisagée et en lui indiquant qu'il dispose d'un délai d'un mois à compter de la réception de la notification pour demander à être entendu, s'il le souhaite, ou pour présenter des observations écrites./ ( )" Aux termes de l'article R. 262-85 du code de l'action sociale et des familles : " Pour l'application de l'article L. 262-52, les compétences dévolues au directeur de l'organisme de sécurité sociale et à la commission constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme sont exercées respectivement par le président du conseil départemental et l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39. ". Aux termes enfin, de l'article L. 262-39 du code de l'action sociale et des familles : " Le président du conseil départemental constitue des équipes pluridisciplinaires composées notamment de professionnels de l'insertion sociale et professionnelle, en particulier des agents de l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail dans des conditions précisées par la convention mentionnée à l'article L. 262-32 du présent code, de représentants du département et des maisons de l'emploi ou, à défaut, des personnes morales gestionnaires des plans locaux pluriannuels pour l'insertion et l'emploi et de représentants des bénéficiaires du revenu de solidarité active. "

6. En premier lieu, la décision du président du conseil départemental de Loir-et-Cher du 16 décembre 2022, en tant qu'elle confirme à M. B qu'il est redevable d'une amende administrative de 1 440 euros, vise l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles. Elle précise que la sanction est motivée par la circonstance que l'intéressé, bénéficiaire du RSA, n'a pas déclaré la totalité de ses revenus, résultant de son activité d'auto-entrepreneur, du versement d'une pension alimentaire par son ex-compagne, de la perception de revenus exceptionnels, d'un placement financier sous forme d'assurance-vie, de revenus fonciers. La décision répond aux arguments avancés par le requérant dans son recours préalable. Elle est suffisamment motivée en droit et en fait.

7. En deuxième lieu, le requérant se prévaut de ce que son droit à l'information et le principe du contradictoire n'ont pas été respectés avant l'édiction de la décision du 16 décembre 2022. Toutefois, il résulte de l'instruction que le président du conseil départemental de Loir-et-Cher a informé l'intéressé et respecté le principe du contradictoire tel qu'il est garanti par les dispositions citées au point 5. Averti de l'engagement de la procédure par le président du conseil départemental, M. B a ainsi pu faire valoir ses arguments dans un courriel du 20 avril 2022 avant que l'équipe pluridisciplinaire ne rende son avis le 21 juillet 2022. Il a aussi pu former un recours gracieux à l'encontre de la décision du président du conseil départemental du 29 juillet 2022 lui infligeant une amende administrative. Il résulte ainsi de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance du droit à l'information et du principe du contradictoire dans la décision infligeant l'amende administrative à M. B ne peut qu'être écarté.

8. En troisième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir des règles relatives à un procès équitable résultant de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que les stipulations de cet article ne sont applicables qu'aux procédures contentieuses suivies devant les juridictions lorsqu'elles statuent sur des droits ou des obligations de caractère civil ou sur des accusations en matière pénale.

9. En dernier lieu, il résulte des dispositions citées au point 5 que le président du conseil départemental peut sanctionner, par l'amende administrative qu'elles prévoient, des fausses déclarations ou des omissions délibérées de déclaration ayant abouti à un versement indu de RSA. La fausse déclaration ou l'omission délibérée doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu d'apprécier si les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au RSA ou sur son montant, et de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration ou une omission délibérée.

10. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'amende administrative en litige a été infligée à M. B au motif que ce dernier n'a pas déclaré la totalité de ses revenus, résultant de son activité d'auto-entrepreneur, du versement d'une pension alimentaire par son ex-compagne, de la perception de revenus exceptionnels, d'un placement financier sous forme d'assurance-vie, de revenus fonciers. L'intéressé soutient qu'il n'a jamais eu l'intention de frauder et que l'amende administrative prononcée à son encontre résulte de simples erreurs de sa part. Toutefois, s'agissant de ses revenus d'auto-entrepreneur, du fait d'une activité de loueur de biens immobiliers, il lui appartenait de mentionner sur ses déclarations trimestrielles de ressources (DTR), les montants bruts perçus sans procéder lui-même à l'abattement de 71%. Au demeurant, les sommes figurant sur certaines DTR ne correspondent pas à des montants nets après abattement. Il résulte ainsi des écritures du département de Loir-et-Cher du 11 octobre 2023 que M. B a déclaré un total de 3 122 euros de revenus d'auto-entrepreneur après abattement de 71 % sur la période de janvier 2019 à septembre 2020, alors que, sur cette période, ce montant s'est élevé à 4 128,250 euros. Par ailleurs, M. B n'a pas informé en temps réel la caisse d'allocations familiales des ventes et achats de biens immobiliers qu'il a réalisés, alors qu'il y était tenu en vertu des dispositions combinées des articles L. 262-3, L. 132-1, R. 262-6 et R. 132-1 du code de l'action sociale et des familles, compte-tenu des revenus procurés par ces biens ou par les capitaux résultant de leurs ventes. De même, les DTR qu'il a remplies au cours de la période postérieure à l'ouverture de ses droits au RSA ont comporté des omissions, s'agissant de la pension alimentaire perçue pour son fils ou d'une somme placée en assurance-vie. Dans ces circonstances, M. B doit être regardé comme ayant délibérément omis de déclarer sa situation et les revenus qu'il a perçus, dans le but d'obtenir indûment un droit au RSA au sens des dispositions précitées de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles. De tels manquements sont de nature à justifier légalement le prononcé d'une amende. Dès lors, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'amende administrative qui lui a été infligée doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fins d'injonction :

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction du requérant doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le département de Loir-et-Cher, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. B la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département de Loir-et-Cher.

Copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales

de Loir-et-Cher.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2023.

Le magistrat désigné,

Paule C

Le greffier,

Roger MBELANI

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2300379

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