vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300718 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET DUPLANTIER |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 février 2023 et le 1er mars 2024 sous le numéro 2300718, M. E C, représenté par Me Duplantier, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 octobre 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII, dans le délai d'une semaine à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, avec reprise du versement de l'allocation pour demandeur d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 300 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a omis d'apprécier si sa situation faisait apparaître ou non un facteur particulier de vulnérabilité, commettant ainsi une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 20 de la directive 2013/33 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013.
Par un mémoire enregistré le 3 janvier 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
M. D C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 décembre 2022.
II. Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 février 2023 et le 1er mars 2024 sous le numéro 2300719, Mme F B A, représentée par Me Duplantier, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 octobre 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII, dans le délai d'une semaine à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, avec reprise du versement de l'allocation pour demandeur d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 300 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a omis d'apprécier si sa situation faisait apparaître ou non un facteur particulier de vulnérabilité, commettant ainsi une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 20 de la directive 2013/33 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013.
Par un mémoire enregistré le 3 janvier 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Mme B A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 décembre 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la directive (UE) n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Lardennois a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Il y a lieu de joindre les deux requêtes enregistrées sous les numéros 2300718 et 2300719 présentées par un couple à l'encontre d'une même décision du 25 octobre 2022 du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune.
2. M. D C, ressortissant soudanais né le 6 avril 1987, et Mme B A, ressortissante soudanaise née le 3 janvier 1995, ont présenté le 24 février 2022 une demande d'asile enregistrée en procédure " Dublin " par le guichet unique. Le même jour, ils ont accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration comportant notamment un hébergement en centre d'accueil. Par deux arrêtés du 4 juillet 2022 et du 12 juillet 2022, ils ont fait l'objet d'une décision de transfert aux autorités italiennes, responsables de leur demande d'asile. Par des arrêtés du 5 juillet 2022 et du 13 juillet 2022, ils ont été tous les deux assignés à résidence par la préfète du Loiret avec une obligation de se présenter les lundis et mercredis à 9 heures au commissariat de Bourges. Par un courrier du 30 septembre 2022, ils ont été informés par l'Office français de l'immigration et de l'intégration qu'il était envisagé de mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'ils n'avaient pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se conformer régulièrement à leurs obligations de pointage. Par la décision attaquée du 25 octobre suivant, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin à leurs conditions matérielles d'accueil, comprenant l'allocation pour demandeurs d'asile et une place d'hébergement.
3. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Il peut être mis, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéfice le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () / La décision mettant fin aux conditions matérielles prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur () ". Aux termes de l'article D. 551-18 du même code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature () ".
4. D'autre part, aux termes du paragraphe 5 de l'article 20 de la directive 2013/33/UE : " Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les Etats membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs ".
5. En premier lieu, si les requérants soutiennent qu'ils ont toujours respecté leurs obligations de pointage au commissariat de Bourges à l'exception du seul lundi 15 août 2022, jour férié caractérisé par l'absence de transport en commun leur permettant de respecter leurs obligations, il ressort des pièces du dossier et notamment des procès-verbaux de carence dressés le 27 septembre 2022 par l'officier de police judiciaire en résidence à Bourges, que M. D C a omis de se présenter au commissariat non seulement le lundi 15 août mais aussi les lundis 1er, 8, 22 et 29 août et les lundis 5, 12, 19 et 26 septembre ainsi que les mercredis 10, 17 et 24 août et 7, 14 et 21 septembre et que Mme B A ne s'est pas présentée au commissariat outre le lundi 15 août 2022, les lundis 8 et 29 août et 26 septembre ainsi que le mercredi 10 août. Dans ces conditions, alors que les requérants n'apportent aucun élément de nature à remettre en cause les constatations ainsi opérées par l'agent de police judiciaire qui font foi jusqu'à preuve contraire et qui justifient la suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil, ni aucun justificatif à leurs absences notamment de nature médicale, les moyens tirés de l'erreur de fait qu'aurait commise le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ainsi que ceux tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
6. En second lieu, si les requérants entendent soutenir que le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas procédé, avant de prendre la décision attaquée, à l'examen de leur vulnérabilité, il ressort des pièces du dossier qu'ils ont eu la possibilité de présenter leurs observations avant que ne soit prise la décision contestée et qu'il est fait mention dans cette décision qu'avant de prononcer la cessation des conditions matérielles d'accueil, il a été procédé à un examen de leurs besoins et de leur situation personnelle.
7. Par ailleurs, les requérants n'allèguent pas avoir fait état de circonstances de nature à établir une situation particulière de vulnérabilité, laquelle ne ressort pas davantage des pièces du dossier, la seule circonstance que la requérante prenne des médicaments, sans autre précision, et qu'ils seraient dépourvus de solutions d'hébergement et de ressources, ne permettant pas d'établir une telle situation dès lors qu'il n'est pas établi qu'ils aient été placés dans l'impossibilité de solliciter le bénéfice des dispositifs de soutien prévus notamment aux articles L. 251-1 du code de l'action sociale et des familles relatif à l'aide médicale de l'Etat et L. 345-2-2 du même code relatif à l'hébergement d'urgence. Il s'ensuit que le moyen tiré des conditions de vie indignes dans lesquelles la décision les placerait doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D C et par Mme B A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. D C et Mme B A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, à Mme F B A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
Le rapporteur,
Stéphane LARDENNOIS
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2300718
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026