mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300781 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | VEAUVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 24 février 2023 et 3 octobre 2024, M. D, représenté par Me Gentilhomme, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 décembre 2022 par lequel le président de Tours métropole Val-de-Loire l'a licencié en cours de stage à compter du 7 janvier 2023 ;
2°) d'enjoindre au président de Tours métropole Val-de-Loire de le réintégrer dans ses fonctions et de reconstituer sa carrière dans un délai de 15 jours, à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jours de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de Tours métropole Val-de-Loire une somme de 2.000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée est illégale au motif qu'elle est entachée :
- d'incompétence ;
- d'une erreur d'appréciation ;
- d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires enregistrés les 15 septembre 2023, 23 septembre 2024 et 4 octobre 2024, Tours métropole Val-de-Loire conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. D la somme de 2.000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Un mémoire en défense produit par Tours Métropole Val-de-Loire a été enregistré le 15 octobre 2024 sans être communiqué.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 ;
- le décret n° 2006-1691 du 22 décembre 2006 ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Lombard, rapporteur public,
- et les observations de Me Gentilhomme, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a été nommé en qualité d'adjoint technique territorial stagiaire à compter du 13 juin 2022 par arrêté du 16 juin 2022 du président de Tours Métropole Val-de-Loire. Ce dernier a, par un arrêté du 23 décembre 2022, mis fin à sa période de stage avant le terme et l'a licencié et radié des cadres à compter du 7 janvier 2023. M. D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales applicable aux établissements publics de coopération intercommunale en vertu de l'article L. 5211-3 dudit code : " I.- Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'ils ont été portés à la connaissance des intéressés dans les conditions prévues au présent article et, pour les actes mentionnés à l'article L. 2131-2, qu'il a été procédé à la transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement prévue par cet article. / Le maire certifie, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes. () ". L'article L. 2131-2 du même code dispose : " I.- Sont transmis au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement, dans les conditions prévues au II : () 3° Les actes à caractère réglementaire pris par les autorités communales dans tous les autres domaines qui relèvent de leur compétence en application de la loi () ". Il résulte de ces dispositions que les mentions apportées sous la responsabilité du président d'un établissement de coopération intercommunale pour certifier le caractère exécutoire des délibérations de cet établissement font foi jusqu'à la preuve du contraire.
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté du 23 décembre 2022 a été signé par Mme C, 1ère vice-présidente, laquelle disposait d'une délégation de signature donnée par arrêté du président de Tours Métropole Val-de-Loire du 16 juillet 2021, dont l'article 24 précisait qu'il ferait l'objet d'une publication dans le registre des actes administratifs réglementaires de la métropole. Il ressort du certificat d'affichage établi par le président de Tour Métropole Val-de-Loire en date du 3 octobre 2024 que l'arrêté de délégation a fait l'objet d'un affichage à compter du 19 juillet 2021. Cette attestation permet ainsi d'établir que l'affichage de l'arrêté a été effectivement accompli. Aussi, en se bornant à contester la réalité de l'affichage de cet acte sans assortir ses allégations d'aucun élément de nature à remettre en cause la réalité de cet affichage, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte ne peut être qu'écarté
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 327-4 du code général de la fonction publique : " Le stagiaire peut être licencié au cours de la période de stage après avis de la commission administrative paritaire compétente : 1° Pour insuffisance professionnelle () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale : " Est fonctionnaire territorial stagiaire la personne qui, nommée dans un emploi permanent de la hiérarchie administrative des communes, des départements, des régions ou des établissements publics en relevant, autres que ceux mentionnés au second alinéa de l'article 2 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, accomplit les fonctions afférentes audit emploi et a vocation à être titularisée dans le grade correspondant à cet emploi ". Selon l'article 5 de ce décret : " Le fonctionnaire territorial stagiaire peut être licencié pour insuffisance professionnelle lorsqu'il est en stage depuis un temps au moins égal à la moitié de la durée normale du stage. Le licenciement est prononcé après avis de la commission administrative paritaire compétente pour le cadre d'emplois dans lequel l'intéressé a vocation à être titularisé () ".
5. Le licenciement pour inaptitude professionnelle d'un agent public ne peut être fondé que sur des éléments révélant l'inaptitude de l'agent à exercer normalement les fonctions correspondant à son grade, s'agissant d'un fonctionnaire, et non sur une carence ponctuelle dans l'exercice de ces fonctions.
6. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur l'appréciation faite par l'autorité administrative des aptitudes d'un agent stagiaire lorsqu'elle décide de le licencier en cours de stage pour insuffisance professionnelle.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. D, qui a débuté son stage le 13 juin 2022, était notamment affecté aux fonctions de conducteur d'engins et de véhicules de plus de 3,5 tonnes. Or, il ressort des pièces du dossier, et notamment des quatre rapports de la manière de servir des 24 juin 2022, 4 août 2022, 16 août 2022 et 29 septembre 2022, que les compétences et le comportement de M. D ont été rapidement qualifiés d'insuffisants et il ne s'est vu délivrer que des avis " très défavorables " motivés notamment par le fait que " l'agent n'adhère pas à participer aux diverses missions exercées par le service ", " manque de dynamisme - manque de motivation ", " agent qui effectue ses achats personnels sur le temps de travail ", " utilisation intensive et régulière de son téléphone pendant les heures de travail à la vue des administrés ", " n'est pas enclin à communiquer avec ses collègues ", " manque d'entretien du matériel confié " et " manque d'initiative ", sans qu'une évolution soit mentionnée durant cette période du stage. Il ressort également des constats d'incidents que M. D aurait, de sa propre initiative, intégré l'équipe de maçonnerie alors qu'il était affecté à l'entretien de la cour et menacé son supérieur hiérarchique de porter plainte contre lui auprès de la gendarmerie suite aux observations présentes dans les rapports. De plus, le directeur de la circulation-voirie a convoqué M. D dès le 25 août 2022, deux mois après le début de son stage, en raison de ses relations conflictuelles avec certains de ses collègues, le compte-rendu indiquant que cet entretien, qui s'est déroulé dans des conditions difficiles en raison du comportement du requérant et auquel il a dû être mis fin prématurément, mentionne un signalement de la part d'un agent ayant fait part de ses craintes de croiser M. D dans la vie quotidienne. Son chef de service concluait que " l'attitude, les rapports, la tension qu'il génère dans l'équipe d'encadrement et plus généralement au sein du service, poussent à mettre fin le plus rapidement possible au stage d'A. D [] le délai de 6 mois risque d'être trop long, la crainte d'un mauvais geste est présente ". Loin de connaître une amélioration, une main-courante a été déposée contre M. D par son supérieur hiérarchique le 5 décembre 2022 en raison d'un comportement agressif de l'agent sur une question de dates de congé. Il résulte de l'ensemble de ces faits que le comportement de M. D traduit une incapacité à adopter le comportement exigé par ses fonctions doublée d'une absence d'intégration. M. D soutient que les missions qui lui ont été confiées n'étaient pas adaptées à son état de santé et que ses refus de travailler étaient justifiés par des considérations médicales. Toutefois, il ne produit aucun document permettant de remettre en cause les deux certificats médicaux, réalisés par des médecins agrées, concluant à son aptitude aux fonctions avec des aménagements. Si le requérant soutient que l'administration n'a pas pris correctement en compte ces aménagements, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait entrepris une quelconque procédure pour alerter de l'insuffisance des aménagements mis en place par la collectivité. Si M. D soutient que ses refus d'exécuter les ordres de sa hiérarchie sont justifiés par l'absence de la mention des missions d'entretien de la voirie au titre de ses missions principales dans sa fiche de poste, ces tâches n'étaient cependant pas en contradiction manifeste avec les missions attachées à son cadre d'emploi. En tout état de cause, sa participation manuelle à la réalisation de travaux de voirie et réseaux était mentionnée dans sa fiche de poste. Dans ces conditions, c'est sans erreur d'appréciation que le président de Tours Métropole Val-de-Loire a pu licencier pour insuffisance professionnelle M. D avant le terme prévu de son stage.
8. En troisième lieu, si M. D soutient que la décision qu'il conteste serait entachée d'un détournement de pouvoir au motif qu'il s'agirait d'une sanction déguisée, il ne ressort cependant d'aucune pièce du dossier et au regard de ce qui a été dit plus avant que l'acte attaqué aurait été pris pour des considérations étrangères à l'intérêt du service. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.
Sur les frais de l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de Tours Métropole Val-de-Loire, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à M. D d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de M. D la somme de 500 euros au titre des dispositions précitées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : M. D versera une somme de 500 euros à Tours Métropole Val-de-Loire au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à Tours Métropole Val-de-Loire.
Délibéré après l'audience du 22 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Samuel Deliancourt, président,
M. Jean-Luc Jaosidy, premier conseiller,
Mme Aurore Bardet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
La rapporteure,
Aurore B
Le président,
Samuel DELIANCOURT
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026