jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300820 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCP PETIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 février 2023, M. B F demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2023 notifié le 27 février 2023, par lequel la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète d'Eure-et-Loir, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire sous astreinte d'un montant de 150 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des frais non compris dans les dépens sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de séjour :
- la décision est insuffisamment motivée en fait en méconnaissance des dispositions de l'article 3 de la loi du 11 juillet 1979 dès lors qu'elle omet d'évoquer non seulement la situation médicale de sa concubine qui bénéficie en France d'un traitement et dont l'interruption pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais aussi l'ancienneté de son séjour en France, ainsi que celle de son fils et la scolarité de ce dernier qui remonte à plus de trois années ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle mentionne que son fils est scolarisé en France seulement depuis septembre 2022 alors qu'il est scolarisé sur ce territoire depuis le 25 novembre 2019 ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que sa concubine souffre d'une pathologie grave et qu'il n'existe pas de traitement approprié à son état dans son pays d'origine ;
- la décision méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée tant en fait qu'en droit ;
- la décision est illégale du fait de l'illégalité du refus de séjour ;
- la décision méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'absence de délai de départ volontaire :
- la décision méconnaît les dispositions du 1° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'il est hébergé avec sa concubine au même domicile depuis plusieurs années et qu'il bénéficie ainsi de garanties de représentation suffisantes.
Par un mémoire enregistré le 3 mars 2023, la préfète d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Petit, commis d'office représentant M. F, qui persiste dans les conclusions de la requête, demande qu'il soit mis à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et fait valoir la présence en France d'un second enfant de la concubine du requérant né en 2009, ainsi que le dépôt récent en préfecture d'une demande d'autorisation de travail visée par l'employeur ;
- et de M. F, assisté de M. E, interprète en langue portugaise, qui admet avoir commis les faits visés par les inscriptions au fichier du traitement des antécédents judiciaires à l'exception du faux prétendument commis au préjudice de la caisse d'assurance maladie, lesdits faits s'expliquant par la nécessité d'utiliser un véhicule pour l'exercice de son activité professionnelle.
Considérant ce qui suit :
1. M. B F, ressortissant brésilien né le 6 mai 1992, est entré irrégulièrement en France en 2014, selon ses déclarations. Par un arrêté du 4 février 2022, le préfet de l'Eure l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. L'intéressé s'étant maintenu sur le territoire, il a sollicité le 30 décembre 2022 son admission exceptionnelle au séjour en qualité de parent d'enfant scolarisé sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 17 février 2023 notifié le 27 février 2023, la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination. Puis, par un arrêté du même jour, cette même autorité l'a assigné à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête, M. F demande l'annulation du premier arrêté.
Sur l'étendue du litige :
2. Ainsi qu'il a été dit au point 1, M. F a fait l'objet d'une mesure d'assignation à résidence sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En application des dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de statuer sur les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et refusant le délai de départ volontaire. La formation collégiale du tribunal reste saisie des conclusions de la requête de M. F tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour et des conclusions accessoires à celles-ci ainsi que de celles relatives au frais de l'instance.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français :
En ce qui concerne les moyens tirés, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant refus de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Le caractère suffisant de la motivation d'une décision ne dépend pas du bien-fondé de ses motifs.
4. En l'espèce, la décision de refus de séjour vise les textes applicables à la situation de M. F et indique les éléments de sa situation qui sont déterminants pour l'appréciation de son droit au séjour et au maintien sur le territoire national. La décision mentionne notamment que le fils du requérant est scolarisé en France depuis moins de trois ans à la date du dépôt de la demande d'admission exceptionnelle au séjour, qu'il n'est aucunement établi que cet enfant ne pourrait poursuivre sa scolarité au Brésil, que l'intéressé ne présente aucun motif exceptionnel ni aucune circonstance humanitaire et qu'il ne peut ainsi se voir délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'enfant scolarisé sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, la décision précise que M. F, entré irrégulièrement en France en 2014, vit en concubinage avec une ressortissante brésilienne, que la cellule familiale a vocation à se reconstituer au Brésil et qu'il n'atteste pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Ainsi, la décision litigieuse, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments relatifs à la situation de la concubine du requérant, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par ailleurs, la circonstance, invoquée par le requérant, que la préfète aurait commis une erreur de fait sur la durée de la scolarité de son fils sur le territoire français, ne caractérise pas un défaut de motivation mais a trait au bien-fondé de la décision. Il résulte de ce qui précède que la décision est suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, qui se sont substituées à celles de l'article 3 de la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979.
5. En deuxième lieu, la préfète d'Eure-et-Loir, qui n'était pas saisie par M. F d'une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - qui au demeurant ne s'appliquent qu'à l'étranger dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale -, ni sur celles de l'article L. 423-23 du même code, qui se sont respectivement substituées à celles du 11° et du 7° de l'article L. 313-11 du même code à compter du 1er mai 2021, n'était pas tenue d'examiner d'office si le requérant pouvait se voir délivrer un titre de séjour en application de ces dispositions. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des mentions de l'arrêté attaqué, que la préfète ait procédé à cet examen. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit donc être écarté comme inopérant.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le fils du requérant, Lyam F né le 28 février 2018, a fréquenté jusqu'en juillet 2021 la crèche départementale de Drancy (Seine-Saint-Denis) avant d'être scolarisé à compter de septembre 2021 au sein de l'école maternelle publique de Conches-en-Ouche (Eure). Ainsi, la préfète d'Eure-et-Loir n'a pas commis d'erreur de fait en mentionnant aux termes de son arrêté que l'enfant du requérant est scolarisé " depuis moins de trois ans à la date du dépôt de la demande d'admission exceptionnelle au séjour ". Le moyen doit par suite être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. M. F fait valoir l'ancienneté de son séjour en France remontant à 2014, la présence en France de Mme D C, sa concubine, de l'enfant du couple, ainsi que d'un autre enfant de sa concubine. Il se prévaut également de la scolarisation de son enfant, ainsi que de son insertion professionnelle. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que le requérant était présent en France depuis près de neuf ans à la date de l'arrêté attaqué, il est constant qu'il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 4 février 2022, qu'il n'a pas exécutée. Ensuite, M. F n'établit pas que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer au Brésil, pays dont les concubins ont tous deux la nationalité, où le requérant est né et a vécu jusqu'à l'âge de vingt-deux ans et sa concubine jusqu'à l'âge de vingt-huit ans, alors notamment qu'il ressort des pièces du dossier que cette dernière, qui a sollicité uniquement, aux termes de sa demande présentée en préfecture le 20 septembre 2022, le renouvellement de son autorisation de séjour à titre provisoire pour raison de santé, n'a pas vocation à demeurer sur le territoire français. M. F ne démontre pas davantage que l'enfant du couple né le 28 février 2018, dont la situation doit être regardée comme étant indissociable de celle de ses parents, ne pourrait pas poursuivre sa scolarité au Brésil. Au demeurant, le même constat s'impose, en l'absence de preuve contraire, concernant le deuxième enfant de Mme D C né d'une précédente union en 2009. Enfin, il n'est pas contesté que M. F s'est rendu coupable en 2022 et à la suite de précédents faits de même nature commis en 2016, de faits de conduite sans permis et de conduite sans assurance. Compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, quand bien même M. F exerce une activité salariée depuis 2015 d'abord en qualité de monteur d'ascenseur en vertu de plusieurs contrats successifs puis en qualité de chauffeur livreur en vertu d'un contrat à durée indéterminée conclu le 20 septembre 2022 et pour laquelle il entend solliciter de la part du service de la main d'œuvre étrangère le bénéfice d'une autorisation de travail, la mesure d'éloignement prise à son encontre ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cette mesure est intervenue. Par suite, la préfète d'Eure-et-Loir, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En cinquième lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent, le requérant n'établit pas que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer au Brésil, ni que son enfant ne pourrait pas poursuivre sa scolarité au Brésil. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'intérêt supérieur de son enfant doit donc également être écarté.
10. En dernier lieu, dans les mêmes circonstances que celles déjà exposées au point 8, la préfète d'Eure-et-Loir n'a pas davantage commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. F.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français et tiré, par voie d'exception, de l'illégalité du refus de séjour opposé à M. F doivent être écartés.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la motivation de l'obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du même code se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, dès lors que, comme en l'espèce - et ainsi qu'il a été dit au point 4 -, ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de mention spécifique pour respecter les exigences de motivation des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
13. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui se sont substituées à celles du 7° de l'article L. 313-11 du même code à compter du 1er mai 2021 est inopérant à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français.
14. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, M. F n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français attaquée porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle est intervenue. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
15. En quatrième lieu, il y a lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, d'écarter, en tant qu'il est dirigé contre l'obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
16. En dernier lieu, dans les mêmes circonstances que celles exposées au point 8, la préfète d'Eure-et-Loir en obligeant M. F à quitter le territoire français n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de départ volontaire :
17. D'une part, si M. F entend soutenir que la décision portant refus de départ volontaire est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui se sont substituées à celles du 1° du II de l'article L. 511-1 du même code à compter du 1er mai 2021, il ne le fait pas utilement dès lors que cette décision n'est pas fondée sur l'application de ces dispositions, mais sur celles du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit par suite être écarté comme étant inopérant.
18. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts () ".
19. M. F ne conteste pas s'être soustrait à l'exécution d'une précédente obligation de quitter le territoire français du 4 février 2022. C'est donc sans erreur d'appréciation, et alors même que l'intéressé justifierait de garanties de représentation, que la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. F dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision refusant le délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de destination, à l'encontre de laquelle aucun moyen propre n'est invoqué, contenues dans l'arrêté du 17 février 2023 susvisé de la préfète d'Eure-et-Loir doivent être rejetées, de même que les conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions à fin d'annulation présentées par M. F à l'encontre de la décision lui refusant un titre de séjour contenue dans l'arrêté du 17 février 2023 de la préfète d'Eure-et-Loir, les conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont renvoyées devant la formation collégiale de ce tribunal.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B F et à la préfète d'Eure-et-Loir.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
Le magistrat désigné,
Emmanuel A
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne à la préfète d'Eure-et-Loir en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026