vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300916 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARIOU LEVEQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 mars 2023, Mme A B, représentée par la SCP Cariou-Lévêque, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous la même condition d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence dès lors que la délégation de signature du 25 janvier 2021 ne permet pas à M. I de signer les décisions et obligations complémentaires résultant des dispositions des articles L. 721-7 et L. 721-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, entrées en vigueur le 1er mai 2021 ;
- la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- cette décision méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté attaqué méconnaît le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 12 avril 2023, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Le Toullec.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, de nationalité guinéenne, née le 3 novembre 1998, est entrée en France le 25 juillet 2018 selon ses déclarations. Elle a déposé, le 16 janvier 2019, une première demande de titre de séjour qui a été rejetée par un arrêté du préfet de Loir-et-Cher du 20 février 2020, portant également obligation de quitter le territoire français. Le recours formé contre cet arrêté a été rejeté par un jugement du tribunal administratif d'Orléans du 29 septembre 2020. Elle n'a pas déféré à la mesure d'éloignement et a, le 25 juillet 2022, déposé une nouvelle demande de titre de séjour. Par un arrêté du 9 janvier 2023, le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué du 9 janvier 2023 a été signé par M. Nicolas Hauptmann secrétaire général de la préfecture qui disposait, d'une délégation de signature par un arrêté du 25 janvier 2021 de M. F C, préfet de Loir-et-Cher, publié le jour même au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Loir-et-Cher, à l'effet signer " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département () / A ce titre cette délégation comprend donc, notamment, la signature de tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers () ". Par ailleurs, les dispositions relatives aux décisions portant obligation de présentation aux services de police ou unités de gendarmerie et de remise de passeport ainsi qu'aux interdictions de retour sur le territoire français ont été introduites dans le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile antérieurement au 25 janvier 2021. La circonstance que la délégation de signature serait intervenue avant une modification du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est, en tout état de cause, sans incidence sur la compétence du secrétaire général de la préfecture de Loir-et-Cher. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui vise notamment le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment ses articles L. 423-23 et L. 435-1, et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, rappelle les conditions d'entrée et de séjour de la requérante en France, sa situation personnelle et familiale et comporte, de manière non stéréotypée, les motifs pour lesquels le préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par suite, contrairement à ce que soutient la requérante, la décision de refus de titre de séjour est suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, Mme B fait valoir qu'elle réside en France depuis 2018 avec sa famille et qu'elle est mère d'un enfant né en France le 25 mai 2021. Il ressort des pièces du dossier que le père de la requérante, arrivé en France en 1990 et sa mère, arrivée en France en 2002, bénéficient de la protection subsidiaire et sont tous deux titulaires d'une carte de résident de dix ans. Cinq enfants, D, H, E, J et G, sont nés en France, respectivement en 2003, 2005, 2007, 2010 et 2018. D, le frère aîné de la requérante, qui est majeur, dispose de la nationalité française, H, E, et J, encore mineurs, sont titulaires d'un titre d'identité républicain. Toutefois, bien que sa famille proche soit présente en France, la requérante, qui a été séparée de ses parents pendant plus de quinze ans, ainsi que de ses frères et sœurs, ne justifie pas de l'intensité de ses liens familiaux. Elle ne justifie pas non plus d'une intégration sociale particulière, ni de l'existence ou du souhait d'un projet scolaire ou professionnel. Par ailleurs, elle est mère d'un enfant né de son union avec un compatriote dont il n'est pas contesté qu'il est également en situation irrégulière et fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Si sa famille proche réside en France, elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales en Guinée ou résident notamment sa grand-mère et une tante chez qui elle a successivement vécu. Dans ces conditions, Mme B, quand bien même elle n'entretiendrait aucun lien avec le père de son fils, n'est pas fondée à soutenir que la décision de refus de titre de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale par rapport aux buts en vue desquels cette décision a été prise et méconnaît, par suite, les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En quatrième lieu, eu égard aux éléments de la situation personnelle de Mme B exposés au point 4, le préfet de Loir-et-Cher n'a pas, en refusant la délivrance d'un titre de séjour à la requérante sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. En cinquième lieu, la requérante soutient elle-même qu'elle n'entretient aucun lien avec le père de son fils né en France. Par ailleurs, l'arrêté n'a pas pour effet de priver l'enfant de sa mère dont la situation est indissociable de la sienne. Si la requérante soutient que son enfant, en cas de retour en Guinée risque pour sa santé dès lors que la mortalité infantile y est importante, elle n'apporte à l'appui de ses allégations aucune pièce justificative établissant l'existence d'un risque personnel pour son enfant. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet a méconnu l'intérêt supérieur de son enfant, tel que garanti par le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, en prenant l'arrêté attaqué.
7. En dernier lieu, si la requérante soutient qu'elle risque de subir des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Guinée, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations. Par ailleurs, elle se borne également à soutenir de manière générale que la Guinée rencontre depuis plusieurs mois une instabilité importante. Ce faisant, la requérante n'établit pas qu'elle encourrait personnellement des risques pour son intégrité physique en cas de retour dans son pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, invoqué à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, doit par suite être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 9 janvier 2023 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencou, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
Mme Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
La rapporteure,
Hélène LE TOULLEC
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
La greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026