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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2300955

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2300955

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2300955
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantHACHED

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 mars 2023 et le 3 mai 2024, Mme C A B, représentée par Me Hached, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 février 2023 par laquelle la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour en sa qualité d'étudiante ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas démontrée ;

- cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur de droit ;

- elle porte atteinte au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense enregistré le 2 avril 2024, la préfète du Loiret, représentée par Me Hervois, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- les moyens ne sont pas fondés ;

- qu'aux motifs tirés, d'une part, de l'impossibilité de solliciter la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " au terme d'un stage effectué en qualité de " stagiaire associé " et d'autre part, du trop faible nombre d'heures de cours dispensés dans le cadre de la formation universitaire suivie, il y a lieu de substituer le motif tiré de ce que la requérante ne justifie pas avoir suivi avec assiduité et sérieux la formation destinée à l'obtention du diplôme inter-universitaire d'échographie clinique en médecine polyvalente.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public, autorisé par Lesieux, présidente de la formation de jugement, a été dispensé, sur sa proposition, d'avoir à prononcer des conclusions.

Le rapport de Mme Bernard a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A B, ressortissante marocaine née le 6 octobre 1991, demande au tribunal d'annuler la décision du 22 février 2023 par laquelle la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant ".

2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A B, docteur en médecine générale, est entrée régulièrement en France en novembre 2020, sous couvert d'un visa portant la mention " stagiaire " afin de suivre un stage au centre hospitalier de l'agglomération Montargoise dans le cadre d'une convention de coopération internationale, d'abord en service d'oncologie puis au service des urgences. A ce titre, elle a été munie d'une carte de séjour temporaire portant la mention " stagiaire ", sur le fondement de l'article L. 313-7-1 (devenu L. 426-33) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, valable du 1er juin au 31 décembre 2022. Le 7 décembre 2022, elle a adressé à la préfète du Loiret une demande tendant à un changement de statut et à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " afin de poursuivre la formation engagée à l'université Paris Cité tendant à l'obtention d'un diplôme inter-universitaire d'échographie clinique en médecine polyvalente.

4.

Par la décision attaquée, la préfète du Loiret a refusé de faire droit à sa demande aux motifs, d'une part, que le titre de séjour qui lui avait été initialement délivré ne lui donnait pas vocation à demeurer en France et d'autre part, que la formation suivie par l'intéressée ne pouvait être assimilée à un enseignement ouvrant droit à la délivrance du titre de séjour sollicité compte tenu de son volume horaire limité. Dans le cadre de la présente instance, la préfète du Loiret a expressément renoncé à opposer à Mme A B ces motifs et demande que leur soit substitué le motif tiré de ce que l'intéressée ne justifie pas avoir suivi avec assiduité et sérieux la formation lui permettant d'obtenir le diplôme inter-universitaire d'échographie clinique en médecine polyvalente. Un tel motif ne peut cependant pas utilement être opposé à Mme A B, qui ne sollicitait pas le renouvellement d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " mais une première délivrance de ce titre. En tout état de cause, Mme A B, qui justifie de son inscription universitaire pour l'année 2023-2024, établit également avoir obtenu, le 16 octobre 2023, le diplôme inter-universitaire concerné avec une note finale de 90/100.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par Mme A B, que la décision portant refus de titre de séjour du 22 février 2023 doit être annulée.

Sur les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Mme A B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er r : La décision du 22 février 2023 de la préfète du Loiret est annulée.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à Mme A B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B et à la préfète du Loiret.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Lesieux, présidente,

Mme Bernard, première conseillère,

Mme Dicko-Dogan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.

La rapporteure,

Pauline BERNARD

La présidente,

Sophie LESIEUX

La greffière,

Céline BOISGARD

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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