jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300960 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CHAIB HIDOUCI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mars 2023, M. C A, représenté par
Me Chaib Hidouci, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 novembre 2022 de la préfète du Loiret en tant qu'elle lui refuse le renouvellement de sa carte de résident ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret, à titre principal, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, la commission du titre de séjour n'ayant pas été saisie et ce alors qu'il justifie d'une présence en France supérieure à dix ans ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire enregistré le 26 octobre 2023, la préfète du Loiret, représentée par Me Hervois, avocat, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- en tout état de cause, il ne pouvait bénéficier des dispositions favorables de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sa dernière carte de résident ayant été frappée de péremption ; ce motif sera, en tant que de besoin, substitué à celui tiré de ce qu'un titre de séjour peut être retiré à tout étranger dont la présence en France constitue une menace à l'ordre public.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la préfète du Loiret ne pouvait pas opposer à M. A les dispositions des articles L. 432-4 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives au retrait des titres de séjour.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant bosnien né le 3 août 1972, déclare être entré en France en 1973. Le 14 septembre 1990, il s'est vu délivrer une carte de résident qui a été régulièrement renouvelée jusqu'au 13 septembre 2020. Par décision du 23 novembre 2022, la préfète du Loiret a refusé de faire droit à sa demande de renouvellement de sa carte de résident au motif que sa présence en France constituait une menace à l'ordre public et lui a délivré un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable un an. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision en tant qu'elle lui refuse le renouvellement de sa carte de résident.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance () d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 433-2 de ce code, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " Sous réserve des dispositions des articles L. 411-5 et L. 432-3, une carte de résident est renouvelable de plein droit ". Il résulte de ces dispositions que si la délivrance d'une carte de résident peut être refusée à un étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public, aucune restriction n'est prévue au renouvellement d'une carte de résident tenant à l'existence d'une telle menace.
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que pour refuser à M. A la délivrance d'une nouvelle carte de résident au motif que la présence de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public, la préfète du Loiret s'est fondée sur les dispositions des articles L. 432-4 à L. 432-12 et R. 432-3 à R. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles ont trait aux cas dans lesquels une carte de séjour temporaire, une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident peut être retirée. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date à laquelle la décision attaquée a été prise, M. A avait été muni d'un titre de séjour qui pouvait être retiré. Il en résulte qu'en fondant sa décision de refus de délivrance d'une carte de résident sur ces dispositions, la préfète du Loiret a méconnu le champ d'application de la loi.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 23 novembre 2022 en tant qu'elle lui refuse la délivrance d'une carte de résident.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement implique seulement que la préfète du Loiret réexamine la situation de M. A. Il y a lieu de l'enjoindre à y procéder dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que
Me Chaib Hidouci, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Chaib Hidouci d'une somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 23 novembre 2022 de la préfète du Loiret en tant qu'elle refuse à M. A la délivrance d'une carte de résident est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Loiret de réexaminer la situation de M. A dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Chaib Hidouci une somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Chaib Hidouci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sophie Lesieux, présidente,
Mme Bernard, première conseillère.
Mme Fatoumata Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
La présidente,
Fatoumata B
Sophie LESIEUX
La greffière,
Céline BOISGARD
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026