mercredi 18 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300971 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | KONATE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 13 mars 2023 et le 5 septembre 2023, Mme B A, représentée par Me Konate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a rejeté le recours dirigé contre la décision du 21 février 2022 mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active de 405,57 euros, un indu de prime d'activité de 547,18 euros et un indu d'allocation de logement familiale de 1 121 euros ;
2°) à titre subsidiaire de prononcer la remise gracieuse de ces indus ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Cher de lui restituer les sommes perçues ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Konate sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- elle a signalé l'accident de travail de son ex compagnon lors de sa déclaration trimestrielle du 1er novembre 2021 ; les indemnités journalières n'ont été perçues qu'à compter de janvier 2022 sur son compte bancaire, qu'elle avait mis à disposition de son ex compagnon, ce dernier étant interdit bancaire ; elle est de bonne foi ;
- la précarité de sa situation est aggravée par les retenues opérées pour le remboursement de ces dettes.
Par des mémoires enregistrés le 6 juillet 2023 et le 18 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales du Cher conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la contestation du bien-fondé des indus est tardive et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 6 septembre 2023, le département du Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la contestation de la décision de la caisse d'allocations familiales du 12 mai 2023 est tardive et que les moyens ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Konate, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que la requête avec les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que Mme A a vécu en concubinage dans l'Hérault jusqu'à la séparation avec son ex compagnon en juin 2022. La consultation par la caisse d'allocations familiales de l'Hérault du portail de l'assurance maladie a permis d'établir que les indemnités maternité de Mme A ainsi que les indemnités journalières de son ex compagnon, en arrêt maladie depuis septembre 2021, n'avaient pas été régulièrement déclarées. Le 21 février 2022, des indus d'allocation de logement familiale de 1 121 euros au titre de la période du 1er octobre 2020 au 31 décembre 2021, de prime d'activité de 547,18 euros au titre de la période du 1er mai 2019 au 30 avril 2020 et de revenu de solidarité active de 405,57 euros au titre de la période du 1er septembre 2021 au 1er janvier 2022 étaient notifiés à la requérante par la caisse d'allocations familiales de l'Hérault. La réclamation préalable présentée par la requérante le 16 mars 2022, dirigée contre le bien-fondé de ces indus, a été implicitement rejetée. En dernier lieu, Mme A ayant déménagé dans le Cher, son dossier a été transféré à la caisse d'allocations familiales de ce département, qui par des décisions du 2 mars 2023, 13 mars 2023 et 12 mai 2023, a prononcé la remise gracieuse de l'indu de prime d'activité à hauteur de la somme de 136,80 euros, de l'indu de revenu de solidarité active à hauteur de la somme de 101,39 euros et a rejeté la demande de remise gracieuse de l'allocation de logement familiale.
Sur le bien-fondé des indus :
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, d'aide personnelle au logement ou de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige
3. En premier lieu, s'il est établi que Mme A a, dès le 1er novembre 2021 ainsi qu'elle le soutient, signalé l'arrêt maladie de son ex compagnon à la suite d'un accident du travail, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que les indemnités journalières perçues au cours de cet arrêt, récapitulées sur l'extrait du fichier de la caisse primaire d'assurance maladie produit au dossier, auraient régulièrement figuré sur les déclarations de ressources devant être transmises à la caisse d'allocations familiales, détaillées par le département dans son mémoire en défense.
4. En second lieu, à supposer que Mme A a entendu soulever ce moyen, il ne résulte pas de l'instruction que les indus litigieux, qui correspondent à une période durant laquelle la requérante ne conteste pas vivre en concubinage et était l'allocataire désigné pour la perception des prestations sociales auprès de la caisse d'allocations familiales, auraient dû être attribués à son ex compagnon, alors même que ces indus seraient fondés sur l'omission de déclaration des indemnités versées au titre de l'accident du travail.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de ces conclusions, que Mme A n'est pas fondée à contester le bien-fondé des indus.
S'agissant de la demande de remise gracieuse :
6. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".
7. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
8. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale () Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. " Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ".
9. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux dernières conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.
10. Contrairement aux allégations du département du Cher, la demande de remise gracieuse de Mme A est suffisamment motivée par l'allégation de l'absence de mauvaise foi et de la faiblesse des revenus actuels.
11. Il ne résulte pas de l'instruction que l'absence de déclaration des indemnités maladie versées à son ex compagnon, dont elle s'est séparée en juin 2022, révèle une omission délibérée, exclusive de la bonne foi de la requérante, laquelle a au demeurant obtenu la remise gracieuse partielle des indus de prime d'activité et de revenu de solidarité active. Il est établi que l'omission de déclaration concerne principalement les mois de novembre 2021 et janvier 2022.
12. La requérante soutient sans être sérieusement contredite qu'elle ne travaille pas, assume seule la charge de deux enfants et perçoit 1 100 euros de prestations sociales. Le quotient familial du foyer s'établit à 458 euros en septembre 2023. Mme A est dans une situation précaire au sens des dispositions précitées. Il y a lieu dans ces conditions de prononcer la remise gracieuse de l'indu d'allocation de logement familiale à hauteur de la somme de 500 euros, de l'indu de prime d'activité restant à la charge de la requérante à hauteur de la somme de 135 euros et de l'indu de revenu de solidarité active restant à sa charge à hauteur de la somme de 100 euros.
13. Il y a lieu d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Cher de restituer le cas échéant à Mme A les sommes prélevées pour le remboursement des indus, dans la mesure résultant des remises gracieuses du point précédent, dans le délai de deux mois courant à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, représenté par le directeur de la caisse d'allocation familiales, la somme demandée par la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il est accordé à Mme A la remise gracieuse à hauteur des sommes de 500 (cinq cents) euros de l'indu d'allocation de logement familiale, de 135 (cent trente-cinq) euros de l'indu de prime d'activité et de 100 (cent) euros de l'indu de revenu de solidarité active.
Article 2 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales du Cher de restituer le cas échéant à Mme A les sommes prélevées pour le remboursement des indus, dans la mesure des remises gracieuses de l'article 1er, dans le délai de deux mois suivant la notification du jugement.
Article 3 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la caisse d'allocations familiales du Cher et au département du Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc C
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet du Cher, chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026