jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2301034 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CM&B COTTEREAU MEUNIER BARDON &ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mars 2023, M. et Mme B représentés par Me Dalibard demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2022 par lequel le maire de Tours a délivré à la société Telim Promotion un permis de construire portant sur un ensemble immobilier de 21 logements et de 2 locaux d'activité ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Tours une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt pour agir en qualité de voisin immédiat en ce que le projet est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien ;
- l'arrêté ne fait pas mention du plan de prévention des risques d'inondation Val de Tours - Val de Luynes en méconnaissance de l'article A. 424-2 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté méconnait les dispositions de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Tours et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en ce que la construction d'un bâtiment à usage d'habitation collective porte atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants ;
- il méconnait l'article UC 9 du règlement du PLU en ce que le projet engendre une emprise au sol de plus de 50% de la surface de son terrain d'assiette ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC 10 du règlement du PLU en ce que le projet excède la hauteur maximale de 10 mètres fixée par le plan des hauteurs ;
- il méconnait les prescriptions de l'article CTF 3-2 du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) Val de Tours - Val de Luynes en ce que le projet s'implante à une cote NGF située en dessous des plus hautes eaux connues (PHEC) lesquelles se trouvent à une cote NGF située entre 50 et 50,5.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 octobre 2023, la commune de Tours représentée par Me Veauvy conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la société Telim Promotion qui n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gasnier,
- les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. La société Telim Promotion a déposé une demande de permis de construire portant sur la construction d'un ensemble immobilier composé de 2 bâtiments après démolition de deux constructions existantes, situé 134 rue Febvotte et 100 rue Marat à Tours (Indre-et-Loire) sur des parcelles cadastrées DR n°305, 306 et 307, classées en zone UCb du plan local d'urbanisme. Par arrêté du 21 septembre 2022, le maire de Tours a accordé le permis demandé. Les consorts B, voisins immédiats de ce projet, demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la circonstance que l'arrêté attaqué ne vise pas expressément le plan de prévention des risques d'inondation Val de Tours - Val de Luynes est sans incidence sur sa légalité. Le moyen doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article UCb 11.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Tours : " Les constructions, par leur situation, leur implantation, leur architecture, leurs dimensions ou leur aspect extérieur ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux environnants ainsi qu'aux sites et aux paysages naturels ou urbains. De plus, dans leur composition, elles doivent traduire le parcellaire existant. ". Ces dispositions fixent des exigences qui ne sont pas moindres par rapport aux dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme. Il y a donc lieu d'apprécier la légalité de l'arrêté attaqué au regard des dispositions du règlement du PLU.
4. Il ressort des pièces du dossier que le projet est situé au sein d'un espace densément urbanisé composé de constructions aux destinations variées principalement caractérisées par des maisons individuelles mais également par des bâtiments d'habitat collectif, l'ensemble présentant un caractère hétérogène en termes de gabarit, de toiture et d'aspect extérieur ne conférant pas d'intérêt architectural particulier aux lieux environnants. Le projet s'implante en outre en face d'un débit de boissons et en lieu et place d'un garage qui fera l'objet d'une démolition. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le projet prévoit la réalisation d'aménagements paysagers, notamment la plantation de végétaux, et que les constructions projetées comportent des façades et des toitures similaires aux constructions avoisinantes. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, le projet s'insère dans son environnement urbain et ne porte pas atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants. Le moyen doit donc être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article UCb 9.1.2. du règlement du PLU : " L'emprise au sol de l'ensemble des constructions (existantes et projetées), peut atteindre 50 % de la surface totale du terrain. " L'article UCb 9.2.2. de ce règlement relatif aux possibilités de dépassement de cette emprise au sol dispose que : " Dans les secteurs UCa et UCb l'emprise au sol des bâtiments destinés à des activités économiques peut atteindre au rez-de-chaussée 100% de la surface du terrain, sous réserve qu'elles occupent au minimum les deux tiers du rez-de-chaussée. Au-dessus du rez-de-chaussée, l'emprise des volumes des étages supérieurs doit respecter la règle énoncée pour chaque secteur à l'article UC 9.1 ".
6. En l'espèce, les constructions projetées s'implantent sur une unité foncière d'une surface totale de 1 172 m² et représentent une emprise au sol de 743,8 m², supérieure à 50% de la surface du terrain. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la surface du rez-de-chaussée affectée à des activités économiques s'élève à 676,2 m² et correspond ainsi à plus des deux tiers de sa surface totale du rez-de-chaussée, de sorte que le bâtiment pouvait comporter, au rez-de-chaussée, une emprise au sol supérieure à 50 %. En outre, il ressort des plans des étages joints au dossier de demande que les niveaux supérieurs des étages des bâtiments atteignent moins de 50% de surface d'emprise au sol. Par suite, le projet ne méconnait pas les dispositions précitées. Le moyen doit donc être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article UCb 10.1 du règlement du PLU : " La hauteur des constructions est mesurée à partir du sol naturel existant avant les travaux d'exhaussement ou d'affouillement du sol nécessaires pour la réalisation du projet () ". Il résulte des dispositions des articles UCb 10.2 et du plan des hauteurs annexé au règlement du PLU que la hauteur maximale du projet ne peut excéder 10 mètres.
8. Il ressort des pièces du dossier que les constructions projetées s'élèvent à une hauteur maximale de 9,90 mètres mesurée à l'égout du toit. Le moyen doit par suite être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes des prescriptions de l'article 3-2 de la zone CTF du plan de prévention des risques inondation Val de Tours - Val de Luynes annexé au PLU de la commune de Tours, sont autorisées les constructions nouvelles à usage d'habitation d'au moins 10 logements, sous réserve de " créer un premier niveau de plancher habitable au-dessus des PHEC [plus hautes eaux connues] () ". Selon le glossaire du règlement du règlement du PPRI, librement consultable tant par le juge que par les parties sur le site internet de la préfecture d'Indre-et-Loire et sur le site internet Géoportail-urbanisme : " Le premier niveau de plancher habitable est défini comme étant le niveau le plus bas d'un immeuble d'habitation dans laquelle est aménagée une (ou plusieurs) pièce d'habitation servant de jour ou de nuit telle que séjour, chambre, bureau, cuisine, salle de bains. Les accès, circulations horizontales et/ou verticales, les locaux communs résidentiels, les locaux de rangement, débarras ou remises (local poubelles, local à vélos et poussettes), les locaux techniques, les caves et les garages ne sont pas considérés comme habitables ".
10. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le rez-de-chaussée des deux bâtiments projetés sera affecté à des activités économiques ainsi qu'à des accès, locaux techniques et de rangement, et non à l'habitation. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le premier niveau de plancher habitable situé en R+1 à la cote NGF 50,49, est placé au-dessus du niveau des plus hautes eaux connues fixée dans la zone d'implantation du projet à la cote NGF 50,45. Le moyen doit par suite être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Tours, les conclusions d'annulation des consorts B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Tours, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par les consorts B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
13. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme B le versement d'une somme de 1 500 euros au bénéfice de la commune de Tours en application de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront à la commune de Tours une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et M. A B, à la commune de Tours et à la société Telim Promotion.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
M. Gasnier, conseiller,
Mme Ploteau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le rapporteur,
Paul GASNIER
Le président,
Denis LACASSAGNE
La greffière,
Marie-Josée PRECOPE
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026