jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2301167 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ECHCHAYB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 mars 2023 et le 30 janvier 2024, M. B C, représenté par Me Echchayb, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 février 2023 par lequel la préfète du Loiret l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays d'éloignement et les obligations de présentation aux autorités de police et de remise de son passeport, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a inscrit dans le système informatisé Schengen ;
2°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et à défaut de procéder au réexamen de sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il est entaché d'un vice de procédure car il n'a pas été mis en situation de présenter ses observations orales ;
- l'arrêté est entaché d'erreur de droit en ce que la préfète s'est estimée en situation de compétence liée au regard des décisions prises par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ;
- il est entaché d'erreur de droit en ce que la préfète n'a pas fait usage de son pouvoir d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation et il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- les obligations de pointage et de remise de passeport sont disproportionnées et contreviennent à sa liberté d'aller et venir protégée par les articles 2 et 4 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et les dispositions de l'article L. 521-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ces obligations méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2023, la préfète du Loiret, représentée par Me Hervois, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pajot,
- et les observations de Me Echchayb, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant guinéen, né le 6 juin 1988, est entré sur le territoire français en 2018. Il a déposé une demande d'asile en 2021 qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis par la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 27 février 2023, dont il demande l'annulation, la préfète du Loiret l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur la légalité des décisions attaquées et les conclusions à fin d'injonction :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme F, directrice des migrations et de l'intégration. Par l'article 3 d'un arrêté du 14 avril 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète du Loiret lui a délégué, en cas d'absence ou d'empêchement concomitant de M. Benoît Lemaire, secrétaire général, de M. Christophe Carol, secrétaire général adjoint, et de M. A E, directeur de cabinet, à Mme F, la signature des obligations de quitter le territoire français sans refus de séjour et des décisions accessoires les accompagnant, dans le cadre des dispositions des articles L. 511-1 et L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que Mme D F était incompétente pour signer l'arrêté contesté doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction : " La décision portant obligation de quitter le territoire est motivée. "
4. L'arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait, notamment les textes applicables et les conditions d'entrée et de séjour de M. C en France, qui en constituent le fondement. Dans ces conditions, l'arrêté est suffisamment motivé tant en ce qu'il fait obligation à M. C de quitter le territoire français et fixe le pays de destination qu'en ce qu'il fixe les obligations de l'intéressé dans le cadre de la mise en œuvre de cette mesure d'éloignement.
5. En troisième lieu, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la préfète aurait omis de procéder à un examen approfondi de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse uniquement aux institutions et organes de l'Union. Le moyen tiré de sa violation par une autorité d'un État membre est donc inopérant. Toutefois, il résulte également de cette jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il n'implique toutefois pas systématiquement l'obligation pour l'administration d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, l'étranger soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de demander un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision faisant grief que si la procédure administrative aurait pu, en fonction des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, aboutir à un résultat différent du fait des observations et éléments que l'étranger a été privé de faire valoir.
7. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est d'ailleurs pas allégué que M. C aurait demandé en vain un entretien avec les services préfectoraux ni qu'il aurait été empêché de s'exprimer avant que ne soit prise la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Le requérant n'allègue pas davantage qu'il aurait tenté en vain de porter à la connaissance de l'administration des éléments pertinents relatifs à sa situation avant que ne soit prise la mesure d'éloignement. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le requérant a été privé du droit d'être entendu résultant du principe général du droit de l'Union européenne doit être écarté.
8. En cinquième lieu, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la préfète du Loiret se serait estimée en situation de compétence liée et n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. C - s'agissant notamment des risques allégués en cas de retour dans son pays d'origine - avant de prendre l'arrêté attaqué.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. M. C déclare être entré sur le territoire français fin 2018, qu'il vit en concubinage avec une ressortissante centrafricaine titulaire de la protection subsidiaire et qu'il contribue à l'éduction de l'enfant de cette dernière. Il produit une attestation et des factures indiquant qu'ils vivent ensemble depuis juin 2022 ainsi que l'acte de naissance de son enfant le 15 janvier 2024, lequel est postérieur à la décision attaquée. Cependant, la seule production de ces pièces ne permet pas de caractériser l'existence d'une vie commune stable et ancienne suffisante. Par ailleurs, et en dépit de la production de bulletins de salaire pour des missions intérimaires depuis juin 2021, le requérant ne justifie pas d'une intégration suffisante sur le territoire français alors qu'il n'est pas contesté qu'il n'est pas dépourvu de tout lien dans son pays d'origine où il a vécu la majorité de sa vie. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. En outre, si le requérant produit des documents relatifs à sa situation médicale générale, il n'allègue pas que ceci constituerait une situation particulière et n'établit pas leur lien avec sa vie privée et familiale en France. Par suite, la préfète du Loiret n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'a pas davantage entaché d'une erreur manifeste l'appréciation qu'elle a portée sur les conséquences de cette décision sur la situation personnelle de M. C.
11. En septième lieu, le requérant soutient que l'arrêté est entaché d'erreur de droit en ce que la préfète n'a pas fait usage de son pouvoir d'appréciation alors que sa situation peut être régularisée en application des dispositions de L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, l'arrêté attaqué portant obligation de quitter le territoire français ne se prononce pas sur la délivrance d'un titre de séjour et, en particulier, il ne résulte pas des termes de la décision attaquée que la préfète du Loiret aurait examiné la situation du requérant au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce qu'elle n'était en aucun cas tenue de faire. Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement soutenir que la préfète aurait commis une erreur de droit en ne faisant pas usage de son pouvoir d'appréciation pour lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen doit être écarté comme étant inopérant.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
12. L'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision ne peut qu'être écartée.
13. La décision fixant le pays de renvoi, qui vise l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lequel elle se fonde, précise la nationalité du requérant et indique qu'il n'a pas démontré être exposé à des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi, une telle motivation satisfait aux exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Dès lors, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
En ce qui l'interdiction de retour sur le territoire français :
14. En premier lieu, l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision ne peut qu'être écartée.
15. En deuxième lieu, aux termes des dispositions du 1° de l'article
L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vertu desquelles : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de
validité () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () "
16. Le requérant soutient que la décision méconnaît les dispositions précitées en ce qu'il ne consiste pas une menace pour l'ordre public. Toutefois, d'une part, les dispositions précitées ne sont pas applicables à la décision contestée d'interdiction de retour sur le territoire français. Au surplus, il ne ressort pas des termes de l'arrêté que la préfète aurait considéré que la présence en France de M. C constituait une menace pour l'ordre public.
17. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de présentation et l'obligation de remise du passeport ou tout autre document d'identité :
18. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire ". Aux termes de l'article L. 721-8 du même code : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger auquel un délai de départ a été accordé la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1 ". Enfin aux termes de l'article L. 814-1 de ce code : " L'autorité administrative compétente, les services de police et les unités de gendarmerie sont habilités à retenir le passeport ou le document de voyage des personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière. / Ils leur remettent en échange un récépissé valant justification de leur identité et sur lequel sont mentionnées la date de retenue et les modalités de restitution du document retenu ". Cet article reprend les dispositions de l'article 8-1 ajouté à l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 par l'article 3 de la loi n° 97-396 du 24 avril 1997. La conformité à la Constitution de ces dispositions n'a été admise par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 97-389 DC du 22 avril 1997 que sous certaines réserves qui s'imposent à l'administration dans l'application de ce texte. Il ressort notamment de ces réserves d'interprétation que les dispositions en cause ont " pour seul objet de garantir que l'étranger en situation irrégulière sera en possession du document permettant d'assurer son départ effectif du territoire national ", qu'il " ne saurait en aucune façon être fait obstacle à l'exercice par l'étranger du droit de quitter le territoire national et de ses autres libertés et droits fondamentaux ", et que par suite " à toute demande formulée par l'étranger de restitution du document retenu en vue d'un départ effectif du territoire national, celui-ci devra lui être remis sans délai au lieu où il quittera le territoire français ".
19. L'obligation de présentation prévue par l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas conditionnée par l'existence d'un risque de fuite. En l'espèce, la préfète du Loiret n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation en imposant à M. C, dans le cadre du délai de départ volontaire dont il bénéficie pour exécuter la mesure d'éloignement prise à son encontre, de se présenter chaque lundi et mercredi à 9h00 à la Brigade Mobile de Recherche à Orléans pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Par ailleurs, l'obligation de remise du passeport ou tout autre document d'identité dont cette mesure est assortie est strictement proportionnée à l'exécution de la décision d'éloignement, dès lors que, conformément aux réserves d'interprétation rappelées au point précédent, l'administration devra restituer ce document à l'intéressé dès qu'il quittera le territoire français.
20. Dès lors que l'obligation de présentation et l'obligation de remise du passeport ou tout autre document d'identité ont été prises conformément aux dispositions législatives qui prévoient ces mesures, le moyen tiré de ce qu'elles portent atteinte à la liberté d'aller et venir du requérant ne peut qu'être écarté.
21. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le requérant n'est pas fondé à soutenir que cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 février 2023 attaqué doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée au profit du conseil de M. C en application de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 15 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
Mme Pajot, conseillère,
M. Gasnier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
La rapporteure,
Anne-Laure PAJOT
Le président,
Denis LACASSAGNELa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026