vendredi 8 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2301317 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SEGUIN & KONRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 7 avril 2023, le 12 juin 2023 et le 13 juin 2023, M. C B, représenté par Me Seguin, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 mars 2023 par laquelle la préfète du Loiret a refusé de lui fixer un rendez-vous en vue de l'enregistrement de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui proposer une date de rendez-vous en vue de l'enregistrement de sa demande d'asile, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 200 euros à verser à son conseil.
M. B soutient que :
- sa requête, qui n'est pas dirigée contre la déclaration de fuite mais le refus d'enregistrement de sa demande d'asile, est recevable ;
- dès lors qu'il a honoré tous les rendez-vous qui lui étaient fixés et que contrairement à ce qu'a retenu la préfète du Loiret il n'a pas refusé d'embarquer, il ne pouvait être considéré comme en fuite ;
- la décision attaquée méconnaît ainsi les dispositions du 2 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ; elle est à tout le moins entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par des mémoires enregistrés le 5 juin 2023 et le 1er octobre 2024, la préfète du Loiret conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer sur la requête de M. B.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 30 mars 2023 dès lors que, M. B n'établissant pas que c'est à tort qu'il a été déclaré en fuite, la décision attaquée, intervenue alors que le délai de transfert n'était pas expiré, est purement confirmative de l'arrêté de transfert du 5 octobre 2022.
Des observations en réponse à ce moyen relevé d'office ont été présentées le 15 décembre 2024 par M. B, qui fait valoir que, s'il devait être considéré qu'il n'établit pas que c'est à tort qu'il a été déclaré en fuite, cette circonstance ne pourrait constituer une cause d'irrecevabilité de sa requête.
La demande d'aide juridictionnelle de M. B a été rejetée par une décision du 9 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Dorlencourt.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan né le 8 septembre 1996, a présenté une demande d'asile auprès des autorités françaises le 7 septembre 2022. La consultation du système Eurodac ayant permis de constater que l'intéressé avait déposé le 9 août 2022 une demande d'asile auprès des autorités autrichiennes, ces autorités ont été saisies le 23 septembre 2022 d'une demande de reprise en charge et ont fait connaître leur accord le 26 septembre 2022. M. B a fait l'objet d'un arrêté de transfert le 5 octobre 2022 et devait prendre un vol au départ de l'aéroport de Roissy le 24 février 2023. Toutefois, le requérant n'a pas embarqué sur ce vol et a été déclaré en fuite le 28 février 2023. Le 29 mars 2023, il a demandé, par l'intermédiaire d'une intervenante sociale, sa convocation en vue de la présentation de sa demande d'asile. Cette demande a fait l'objet, le 30 mars 2023, d'une décision de rejet dont le requérant demande l'annulation.
2. La préfète du Loiret fait valoir qu'elle a, postérieurement à l'introduction de la requête, convoqué M. B au guichet unique des demandeurs d'asile de la préfecture pour le 1er avril 2024. La préfète doit ainsi être regardée comme ayant abrogé le refus opposé à l'intéressé le 30 mars 2023. Toutefois, dès lors que cette décision de refus a produit des effets jusqu'à son abrogation, la requête tendant à son annulation ne se trouve pas dépourvue d'objet. L'exception de non-lieu à statuer opposée par la préfète du Loiret doit ainsi être écartée.
3. Lorsqu'un demandeur d'asile fait l'objet d'une décision de transfert vers l'Etat membre responsable de l'examen de sa demande en application des dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, la décision de transfert emporte celle refusant de faire application à son bénéfice des dispositions du paragraphe 2 de l'article 3 et du paragraphe 1 de l'article 17 de ce règlement qui, respectivement, prévoient qu'il est " impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeur " et permettent à chaque Etat de " décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans [ce] règlement ". L'article 29 de ce règlement prévoit que le transfert s'effectue dans un délai de six mois, qui peut être porté à dix-huit mois au maximum si la personne concernée prend la fuite.
4. Lorsque, postérieurement à la décision ordonnant son transfert dans l'Etat responsable de sa demande, l'intéressé demande à l'autorité compétente que sa demande d'asile soit instruite " en procédure normale ", ou comme en l'espèce demande une convocation au guichet unique des demandeurs d'asile en faisant valoir que " la procédure Dublin () est éteinte ", il doit être regardé comme demandant à cette autorité de reconnaître la compétence de la France pour examiner sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de dépôt de cette demande lui permettant de suivre la procédure devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Le refus opposé à une telle demande constitue une décision susceptible de recours. Les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette décision sont toutefois irrecevables s'il apparaît, en l'absence de circonstances de fait ou de considérations de droit nouvelles, pertinentes et postérieures à la décision de transfert, que ce refus se borne à confirmer purement et simplement celui de faire application des dispositions mentionnées ci-dessus du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, en particulier de la clause dite " discrétionnaire " de l'article 17 de ce règlement, implicitement mais nécessairement inclus dans la décision de transfert. Une telle irrecevabilité doit, en particulier, être opposée à ces conclusions lorsque le demandeur soutient, sans l'établir, qu'ayant été considéré, à tort, comme étant en fuite pour l'application du paragraphe 2 de l'article 29 de ce règlement, le délai de transfert de six mois prévu au paragraphe 1 de cet article n'a pas été prolongé et que la décision de transfert ne peut plus, dès lors, être exécutée.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B, en vue de son transfert aux autorités autrichiennes, s'est vu remettre le 9 février 2023 un billet d'avion pour un vol à destination de Vienne au départ de l'aéroport de Roissy 2 F le vendredi 24 février 2023 à 9h25, ainsi qu'un billet de train lui permettant de rejoindre l'aéroport de Roissy au départ de Vierzon le 23 février 2023. Ces documents étaient accompagnés d'un courrier, remis avec l'assistance d'un interprète en langue pachto, qui informait l'intéressé de son obligation de se présenter au poste de police de l'aérogare deux heures avant l'heure du vol, et qui précisait qu'à défaut de respecter cette obligation le délai de réadmission vers l'Autriche serait prolongé pour atteindre un délai total de dix-huit mois. Or il résulte des termes mêmes de la requête et des pièces qui lui sont jointes - notamment le témoignage de Mme A, travailleuse sociale - que M. B, arrivé le 23 février 2023 à l'aéroport, dans lequel il se trouvait le lendemain à 6h30, ne s'est présenté aux fonctionnaires de la police aux frontières qu'à 8h50, moins de deux heures avant l'heure du vol. Il doit ainsi être regardé comme s'étant soustrait intentionnellement à l'exécution de la mesure de transfert et c'est par suite à bon droit que la préfète du Loiret l'a regardé comme en fuite. En application du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, le délai de transfert de six mois prévu au paragraphe 1 de cet article a pu légalement être prolongé et la décision de transfert pouvait dès lors toujours être exécutée le 30 mars 2023. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 30 mars 2023 par laquelle la préfète du Loiret a refusé de fixer un rendez-vous à M. B en vue de l'enregistrement de sa demande d'asile sont irrecevables et doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction et celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2024.
L'assesseure la plus ancienne,
Hélène LE TOULLEC
Le président-rapporteur,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026