mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2301351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | AARPI DE PARDIEU BROCAS MAFFEI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mars 2023, l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement (ASPIE) demande à la juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté préfectoral n° 37-2022-12-29-00003 du 29 décembre 2022 et de l'arrêté préfectoral n° 37-2022-12-290004 du 29 décembre 2022 portant dérogation à l'article L. 411-1 du code de l'environnement pour la destruction, la perturbation et la capture temporaire d'espèces protégées et la destruction de leurs milieux dans le cadre de la construction d'une centrale photovoltaïque au sol, phase 2 des Champs solaires de Touraine sur la commune de Sonzay ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
- qu'il y a urgence dès lors que l'exécution des arrêtés provoquera une situation irréversible sur des espèces protégées ;
- qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions ; les arrêtés sont illégaux en raison du non-respect des procédures et notamment de l'article L. 122-13 du code de l'environnement au motif qu'une autre " procédure aurait permis d'émettre un avis unique sur la modification du PLU et sur le projet " ; les arrêtés sont illégaux du fait du non-respect de la convention SITA, de l'insuffisance de l'étude d'impact et de la méconnaissance du " droit relatif aux mesures compensatoires " ; l'avis de la CDPENAF devait être joint au dossier de l'enquête publique ; le préfet aurait dû suivre l'avis de la CNPN du 29 avril 2021 ; le défrichement pourrait être effectué après la mise en œuvre des mesures de compensation ; les arrêtés auraient dû se prononcer sur la mise en comptabilité du PLU de la commune de Sonzay.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2023, le préfet d'Indre et Loire conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que la requête est irrecevable à défaut de justifier de l'existence d'un recours en annulation ; en tout état de cause, l'urgence n'est pas constituée, les travaux ne pouvant démarrer avant plusieurs mois et qu'il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité des arrêtés.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 avril 2023, la société Quercus, représentée par Me Le Bihan-Graf conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'association requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que, l'urgence n'est pas constituée, et qu'il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité des arrêtés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 mars 2023 sous le numéro 231350 par laquelle l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 20 avril 2023 en présence de Mme Martin, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu :
- les observations de M. A représentant l'ASPIE ;
- les observations de Me Le Bihan et Me Quercus représentant la société Quercus ;
- la préfecture n'étant ni présente ni représentée.
A l'issue de l'audience publique, la clôture d'instruction a été différée à deux reprises, la seconde fois elle a été fixée au 5 mai à 16 heures.
La société Quercus a produit deux mémoires enregistrés le 24 avril 2023 et le 4 mai 2023, mémoires qui ont donné lieu à communication. Elle conclut aux mêmes fins en précisant que l'urgence n'est pas constituée dès lors que les travaux de défrichement ne peuvent commencer avant l'année 2024.
L'association requérante a produit deux nouveaux mémoires enregistrés, le 1er mai 2023 et le 5 mai 2023, le mémoire enregistré le 5 mai 2023 n'ayant pas donné lieu à communication.
L'association persiste dans ses conclusions en faisant valoir qu'il y a bien urgence à suspendre l'exécution des arrêtés.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
Sur le doute sérieux quant à la légalité de décision attaquée :
2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées. Dès lors, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité et sur l'urgence, l'une des deux conditions posées par l'article
L. 521-1 précité du code de justice administrative n'étant pas remplie, il y a lieu, de rejeter les conclusions de l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement et autres aux fins de suspension de l'exécution des arrêtés du 29 décembre 2022.
.
Sur les conclusions formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante, ni à celle de la société Quercus. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement une somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par la société Quercus.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la société Quercus présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement, à la société quercus et à la préfecture d'Indre-et-Loire.
Fait à Orléans, le 9 mai 2023.
La juge des référés,
Anne-Laure B
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026