mercredi 27 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2301352 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | SCP GIBIER FESTIVI RIVIERRE GUEPIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 avril 2023, Mme C A, représentée par Me Guépin, de la SCP Gibier, Festivi, Rivierre, Guépin :
1°) forme opposition à la contrainte du 22 mars 2023 émanant de la caisse d'allocations familiales d'Eure-et-Loir pour le recouvrement d'un solde d'indus d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 694 euros ;
2°) demande au tribunal de juger qu'elle n'est pas tenue à rembourser la somme de 1 694 euros ;
3°) demande que la somme de 1 500 euros soit mise la mise à charge de la caisse d'allocations familiales d'Eure-et-Loir sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la caisse d'allocations familiales n'apporte aucune preuve s'agissant du calcul opéré pour lui retirer son aide au logement et lui réclamer la somme en litige, alors qu'elle est à la retraite, percevant une pension à hauteur de 7 552 euros par an et une pension alimentaire à hauteur de 6 702 euros par an et ne déclarant aucun chiffre d'affaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2023, la caisse d'allocations familiales d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les droits à l'aide au logement de Mme A ont été appréciés au regard de ses ressources actualisées sur les périodes d'octobre 2020 à septembre 2021, et en tenant compte de la perception par elle d'une pension alimentaire au titre de 2021, ce qui a généré deux indus, l'un de 1 695 euros pour les mois de janvier à septembre 2021, le second de 380 euros pour les mois de janvier et février 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a déposé une demande d'aide au logement le 14 octobre 2020 auprès de la caisse d'allocations familiales d'Eure-et-Loir pour un appartement en location situé 81, rue
Saint-Thibault à Dreux (28000), en se déclarant comme vivant seule. Sur cette base, elle a perçu une aide au logement à compter du 1er janvier 2021, ses ressources 2018 ne lui ouvrant pas droit à l'allocation d'octobre à décembre 2020. Ses ressources alors prises en compte (sur l'ensemble des périodes allant de décembre 2019 à mai 2021) ont alors été valorisées à 6 100 euros, ce qui a généré un droit mensuel de 193 euros de janvier 2021 à mars 2021, puis de 186 euros d'avril 2021 à septembre 2021. Toutefois, en novembre 2021, puis en janvier 2022, le dossier de Mme A a été révisé pour tenir compte des montants exacts de la pension de retraite et de la pension alimentaire perçues par l'intéressée à compter d'octobre 2020. Il en est résulté un indu de 1 695 euros au titre des mois de janvier 2021 à septembre 2021 et de 380 euros au titre des mois de janvier et février 2022, soit un total de 2 075 euros. Compte-tenu de retenues opérées, pour un montant de 381 euros, le montant de la contrainte du 22 mars 2023, objet de l'opposition, s'élève à 1 694 euros.
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article L. 823-7 du même code : " L'aide personnelle au logement peut ne pas être versée lorsque son montant mensuel est inférieur à un montant, qui peut varier selon la nature de l'aide et la qualité du demandeur telle qu'elle est définie au 4° de l'article L. 823-1. / Ce montant minimal est fixé par voie réglementaire. " Aux termes de l'article
L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 825-2 du même code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. ".
3. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée et sans préjudice des articles L. 133-4 du présent code () le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, le directeur de l'organisme créancier peut décerner la contrainte mentionnée à l'article L. 244-9 ou celle mentionnée à l'article L. 161-1-5. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la lettre recommandée mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. / L'huissier de justice avise dans les huit jours l'organisme créancier de la date de signification. / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Le secrétariat du tribunal informe l'organisme créancier dans les huit jours de la réception de l'opposition. / La décision du tribunal, statuant sur opposition, est exécutoire de droit à titre provisoire ".
4. Aux termes de l'article R. 822-3 du code de la construction et de l'habitation : " Les ressources et les charges prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont appréciées, tous les trois mois, sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 823-6-1, selon les périodes de référence suivantes : / 1° Pour les ressources mentionnées à l'article R. 822-4 prises en compte par la déclaration sociale nominative définie à l' article L. 133-5-3 du code de la sécurité sociale (), sur une période de référence courant du treizième au deuxième mois précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement ; / 2° Pour les pensions alimentaires versées ou perçues, , sur une période de référence correspondant à l'année civile qui précède la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement.() ". Aux termes de l'article R. 822-4 du même code : " I.- Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale. () ".
5. Il résulte des dispositions citées au point 2 qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'un organisme de sécurité sociale ordonnant le reversement d'un indu d'aide personnelle au logement n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse. En revanche, les dispositions citées au point 3 relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition à contrainte, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées au point 2.
6. La requérante fait valoir que la caisse d'allocations familiales n'apporte aucune preuve s'agissant du calcul opéré pour lui retirer son aide au logement et lui réclamer la somme en litige, alors qu'elle est à la retraite, percevant une pension à hauteur de 7 552 euros par an et une pension alimentaire à hauteur de 6 702 euros par an et ne déclarant aucun chiffre d'affaires. Toutefois, la caisse d'allocations familiales a produit en défense les éléments du dossier d'allocataire de Mme A. Il en résulte, au vu notamment des pièces n°s 10 et 11, qu'au regard des montants actualisés de ses ressources, le montant de l'aide au logement dont elle pouvait bénéficier au titre des mois de janvier 2021 à septembre 2021 et de janvier et février 2022, et au titre desquels elle a effectivement obtenu des versements, était inférieur au seuil de 10 euros résultant des dispositions de l'article L. 823-7 précité du code de la construction et de l'habitation. La requérante, à laquelle le mémoire de la caisse et ses pièces annexées ont été régulièrement communiqués, n'a pas répliqué. Dans ces circonstances, la caisse a pu, sans commettre d'erreur de droit ni d'appréciation, signifier la contrainte en litige.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité, que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la caisse d'allocations familiales d'Eure-et-Loir.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
Paule B
Le greffier,
Florence PINGUET
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026