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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2301428

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2301428

vendredi 26 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2301428
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantMACAREZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 16 avril 2023 et le 11 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Macarez, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 mars 2023 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or ou au préfet territorialement compétent, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler, et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'illégalité en raison de l'incompétence de son signataire, M. Frédéric Carré ;

- il est insuffisamment motivé au regard des prescriptions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- sa situation personnelle n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux et complet de la part du préfet ; le défaut d'examen est constitué par le fait d'une part, qu'il ne s'est jamais vu notifier le refus de délivrance de titre de séjour du préfet de Saône-et-Loire de mars 2021, que d'autre part, contrairement aux affirmations de la préfecture, il s'est maintenu sur le territoire français en 2021 de manière régulière sous couvert de plusieurs autorisations de travail délivrées par les services de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi et qu'enfin, il exerce depuis le mois de novembre 2022 en qualité de cardiologue libéral dans une clinique de Tours ; ainsi, le préfet de la Côte-d'Or, qui répond à une demande de titre de séjour fondée sur l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans toutefois rechercher, après quinze mois d'instruction, s'il ne pouvait prétendre à obtenir une autorisation de séjour sur un autre fondement, commet un défaut d'examen sérieux ;

- son droit à être entendu a été méconnu en violation des stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et le préfet a manqué à son obligation de loyauté ;

- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 421-9 à L. 421-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- compte tenu de son parcours professionnel en France, elle porte une atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie d'une particulière intégration personnelle et professionnelle ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire enregistré le 25 mai 2023, le préfet de la Côte-d'Or, représenté par la société d'avocats Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lardennois,

- et les observations de Me Macarez, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant béninois né le 30 octobre 1974, est entré pour la dernière fois sur le territoire français de manière régulière le 30 juillet 2018 muni d'un passeport revêtu d'un visa D " stagiaire ", valant titre de séjour, valable du 25 juillet 2018 au 25 juillet 2019. Le 3 février 2020, il a sollicité auprès des services de la préfecture de la Côte-d'Or le renouvellement de son titre de séjour. Un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu'au 2 mai 2020 lui a lors été remis. En application des mesures adoptées pour faire face au contexte sanitaire résultant de la pandémie de covid-19, la validité de ce récépissé a été prolongé de six mois. Le 10 novembre 2020, M. A a présenté auprès des services de la préfecture de Saône-et-Loire une nouvelle demande de renouvellement de titre de séjour. Un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 9 février 2021 lui a alors été remis. Par une décision du 2 mars 2021, le préfet de Saône-et-Loire a rejeté la demande de M. A et l'a invité à regagner son pays d'origine. Se maintenant sur le territoire français, M. A a présenté, le 24 janvier 2022, auprès des services de la préfecture de la Côte-d'Or une demande de titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 13 mars 2023, le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Frédéric Carré, secrétaire général de la préfecture de la Côte-d'Or. Par un arrêté du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du 2 février suivant, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à M. Frédéric Carré, sous-préfet, secrétaire général de la préfecture de la Côte-d'Or, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figure pas l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. L'arrêté attaqué, qui vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a fait application, notamment les articles L. 421-3, L. 611-1 (3°) et L. 721-3 de ce code ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, indique de manière précise les considérations de fait propres à la situation du requérant, en particulier s'agissant de ses conditions d'entrée et de séjour sur le territoire français et de sa situation professionnelle et familiale, sur lesquelles le préfet - qui n'était pas tenu de mentionner de manière exhaustive l'ensemble des éléments de la situation personnelle du requérant - s'est fondé pour refuser de lui délivrer un titre de séjour. La motivation de l'obligation de quitter le territoire français se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement. L'arrêté attaqué est ainsi suffisamment motivé.

5. En troisième lieu, si aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Par suite, le moyen tiré de sa méconnaissance par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Toutefois, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Par ailleurs, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu avoir une influence sur le contenu de la décision. En l'espèce, M. A, qui a déposé une demande de titre de séjour, ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il a été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne fût prise la décision litigieuse et qui, si elles avaient pu être communiquées en temps utile, auraient été de nature à faire obstacle à la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour. Au demeurant, le requérant reconnaît lui-même dans son mémoire en réplique " qu'il disposait d'informations pertinentes tenant à l'évolution de sa situation professionnelle dont il a par ailleurs informé la Préfecture tout au long de l'instruction de sa demande et avant que ne soit prise la décision contestée ". Enfin, le préfet n'était nullement tenu, dans ce cadre, d'informer l'intéressé des éléments défavorables dont il disposait à son encontre et qui ont motivé son refus. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance du droit du requérant à être entendu ainsi qu'en tout état de cause, celui tiré du manquement du préfet à son obligation de loyauté doivent être écartés.

6. En quatrième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou une des stipulations d'une convention internationale, le préfet est tenu de répondre à cette demande mais n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition ou stipulation, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé.

7. M. A soutient que sa demande de titre de séjour n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux et complet de la part du préfet à défaut pour ce dernier d'avoir examiné son droit à un titre de séjour sur un fondement autre que sur celui de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, alors qu'il n'est pas contesté que le 24 janvier 2022, M. A a saisi les services de la préfecture, sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire ", il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des courriels adressés à la préfecture que le requérant produit à l'instance, qu'il ait présenté, durant la période d'instruction de son dossier, une demande de délivrance de titre de séjour sur un autre fondement. S'il est fait mention dans le courriel du 28 décembre 2021 d'une " demande de passeport talent ", cette mention s'inscrit dans le cadre d'une demande d'information sur la " procédure pour l'obtenir " et l'éligibilité du requérant et ne saurait être regardée à elle seule comme la sollicitation d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-7 du code précité. Il en est de même du seul fait d'informer la préfecture de changements de situations professionnelles. Par ailleurs si M. A entend faire valoir que le préfet a à tort considéré qu'il était en situation irrégulière lors de sa demande titre de séjour dès lors qu'il justifiait d'autorisations de travail délivrées par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi et qu'une autorisation de travail valable jusqu'au mois de décembre 2022 lui a été délivrée par le ministre de l'intérieur, ces autorisations ne lui permettaient pas pour autant de séjourner de manière régulière sur le territoire français. Enfin, s'il entend faire valoir que c'est à tort que le préfet indique dans l'arrêté attaqué qu'il s'est vu notifier la décision du 2 mars 2021 du préfet de Saône-et-Loire lui refusant la délivrance d'un titre de séjour en qualité " d'étudiant stagiaire " à défaut d'en apporter la preuve, il ressort des pièces du dossier que la décision du 2 mars 2021 a été notifiée à l'adresse que le requérant avait indiqué le 10 novembre 2020 lors de sa demande de carte de séjour. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que la demande du requérant n'aurait pas fait l'objet d'un examen particulier de la part du préfet et le moyen doit être écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée déterminée ou qui fait l'objet d'un détachement conformément aux articles L. 1262-1, L. 1262-2 et L. 1262-2-1 du code du travail se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail () ".

9. M. A fait valoir qu'à la date du dépôt de sa demande de titre de séjour, les dispositions précitées de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile étaient parfaitement applicables dès lors qu'il bénéficiait d'un contrat de travail en qualité de praticien au sein du centre hospitalier de Semur-en-Auxois. Toutefois, il est constant qu'à la date de l'arrêté attaqué, le requérant n'avait plus la qualité de salarié mais exerçait à titre libéral en tant que cardiologue au sein de la clinique Saint-Gatien de Tours depuis le 1er novembre 2022. Dans ces conditions, sans qu'il puisse se prévaloir du fait qu'il remplissait à la date de sa demande de titre de séjour les conditions prévues par l'article L. 421-3 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et alors que le délai d'instruction de sa demande est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet en lui refusant un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " a méconnu les dispositions de l'article L. 421-3 du code précité.

10. En sixième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir des dispositions des articles L. 421-5, L. 421-9 à L. 421-23 et L. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que, comme cela été dit au point 7, il a présenté une demande de titre de séjour sur le seul fondement des dispositions de l'article L. 421-3 de ce code et que le préfet n'a pas examiné sa demande sur le fondement d'autres dispositions. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 421-5 et L. 421-9 à L. 421-23 et L. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés comme inopérants.

11. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

12. M. A se prévaut de son parcours professionnel en France pour soutenir que la décision par laquelle le préfet lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, si le requérant justifie effectivement de son intégration professionnelle, il n'établit pas avoir noué sur le territoire français d'autres liens que professionnels particulièrement intenses alors qu'il est constant qu'il a toujours des attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge d'au moins quarante ans et où résident son épouse ainsi que ses trois enfants. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté une atteinte excessive au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant en prenant l'arrêté attaqué eu égard aux buts en vue desquels cet acte a été pris. Il n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'emportent ses décisions sur la situation du requérant.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Côte-d'Or.

Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Dorlencourt, président,

Mme Le Toullec, première conseillère,

M. Lardennois, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2024.

Le rapporteur,

Stéphane LARDENNOIS

Le président,

Frédéric DORLENCOURT

Le greffier,

Alexandre HELLOT

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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