jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2301696 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FROUJY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 mai 2023, Mme A B représentée par Me Froujy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays dont elle a la nationalité ou tout pays dans lequel elle est légalement admissible comme pays de destination et a institué une obligation de présentation ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de lui enjoindre, dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir de réexaminer sa demande et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quarante-huit heures sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur le refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation concernant sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur quant aux conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une méconnaissance de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Sur les autres décisions :
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et portant obligation de pointage sont illégales en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour sur laquelle elles se fondent ;
- elles sont entachées d'erreurs de fait ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2023, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public, autorisé par Mme Rouault-Chalier, présidente de la formation de jugement, a été dispensé, sur sa proposition, d'avoir à prononcer des conclusions.
Le rapport de Mme Rouault-Chalier a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante marocaine née le 23 janvier 1980, est entrée sur le territoire français le 16 mai 2022 dépourvue de visa et accompagnée de sa fille mineure, après avoir vécu plusieurs années en Espagne sous couvert, selon ses dires, d'un titre " résident longue durée Union européenne ". Le 11 juillet 2022, elle a sollicité de la préfecture de Loir-et-Cher son admission exceptionnelle au séjour en qualité de salariée. Par un arrêté du 7 avril 2023, le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays d'origine ou tout pays dans lequel elle serait légalement admissible, comme pays de destination de la mesure d'éloignement. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la requérante soutient que le préfet de Loir-et-Cher a commis une erreur de droit, des erreurs de fait ainsi que des erreurs dans l'appréciation de sa situation personnelle et des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle. Cependant, elle n'assortit ces moyens d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, de sorte qu'ils doivent être écartés.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
4. Mme B soutient avoir quitté le Maroc en 2006 pour se rendre en Espagne où elle déclare avoir vécu sous couvert d'un titre de séjour jusqu'à son entrée en France, en 2021 selon ses dires, accompagnée de sa fille unique. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et en particulier du tampon figurant sur son passeport produit par le préfet de Loir-et-Cher en défense, que la requérante est entrée très récemment en France, le 16 mai 2022, dépourvue de visa. L'intéressée, qui déclare être divorcée, ne se prévaut d'aucune attache familiale et personnelle en France en dehors de sa fille, alors qu'elle ne démontre pas en être dépourvue dans son pays d'origine, le Maroc, où elle a vécu jusqu'à l'âge de vingt-six ans, ni dans son pays d'accueil, l'Espagne où elle a résidé, selon ses propres déclarations, pendant quinze ans. Mme B, qui se borne à indiquer qu'elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", sans toutefois produire à l'appui de sa requête la moindre pièce attestant d'une quelconque activité professionnelle, ne démontre aucune insertion sociale particulière sur le territoire français. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le refus de titre de séjour pris à son encontre par le préfet de Loir-et-Cher porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
6. Il n'est pas contesté que Mme B était accompagnée de sa fille mineure lorsqu'elle est entrée sur le territoire français. La requérante ne développe toutefois aucun argument de nature à établir que la décision litigieuse, qui n'a pas pour objet ou pour effet de séparer les membres de la famille, porterait atteinte à l'intérêt supérieur de cette enfant dont, au demeurant, ni l'âge ni la situation en termes de scolarité notamment, ne sont précisés. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et obligation de pointage :
7. En premier lieu, la décision de refus de séjour n'étant pas illégale, le moyen tiré de cette illégalité, soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, de la décision fixant le pays de destination et de la décision portant obligation de pointage, ne peut qu'être écarté.
8. En deuxième lieu, si la requérante fait valoir que ces décisions sont entachées d'erreurs de fait, elle n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, de sorte qu'il ne peut qu'être écarté.
9. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4 du présent jugement, Mme B n'est pas fondée à soutenir que les décisions attaquées portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et obligation de pointage portent à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit dès lors être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 7 avril 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de délivrer à Mme B un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a institué une obligation de présentation doivent être rejetées. Il en est de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que de celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Palis De Koninck, première conseillère,
Mme Bernard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
La présidente-rapporteure,
Patricia ROUAULT-CHALIER
L'assesseure la plus ancienne,
Mélanie PALIS DE KONINCK
La greffière,
Agnès BRAUD
La République mande et ordonne au Préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026