jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2301736 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DUFOUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mai 2023, Mme B A, épouse C, représentée par Me Dufour, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2023 par lequel la préfète du Loiret lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera reconduite ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret à titre principal de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa demande et de prendre une nouvelle décision, sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté contesté n'est pas établie ;
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour
- elle est entachée d'erreur de droit en ce que, d'une part, la préfète a considéré qu'elle ne pouvait obtenir aucun titre de séjour de plein droit et d'autre part, a omis de faire usage de son pouvoir discrétionnaire alors qu'elle peut bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou sur le fondement de l'article L. 431-5 du même code ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français
- elle doit être annulée en conséquence de l'annulation de la décision portant refus de séjour ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi
- elle doit être annulée en conséquence de l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire.
Une mise en demeure a été adressée le 11 janvier 2024 à la préfète du Loiret.
Par ordonnance du 21 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 mars 2024.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Defranc-Dousset a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A épouse C, ressortissante tunisienne née le 27 septembre 1992, est entrée en France le 1er septembre 2017 sous couvert d'un visa de long séjour valable du 20 août 2017 au 20 juin 2018. Elle a obtenu la délivrance d'une carte de séjour en qualité d'étudiante puis, après obtention d'un Master de chimie, s'est vu délivrer une carte de séjour mention " chercheur " valable du 4 octobre 2021 au 3 novembre 2022. Le 20 octobre 2022 elle a présenté auprès des services de la préfecture du Loiret une demande de renouvellement de son titre de séjour ainsi qu'un changement de statut en vue de l'obtention d'un titre de séjour " travailleur temporaire ". Par un arrêté du 16 janvier 2023 dont elle demande l'annulation, la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la requérante, entrée régulièrement sur le territoire y réside régulièrement depuis 2017 et y a obtenu un Master en novembre 2021. Elle indique avoir alors rencontré M. C, ressortissant tunisien, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2031, avec lequel, à la date de la décision en litige elle vivait en concubinage depuis août 2020 et qu'après avoir exercé une activité professionnelle en qualité d'ingénieur de recherche pour le compte d'une entreprise spécialisée dans la recherche partenariale en lien avec l'école des Mines, elle travaille dans le cadre d'un contrat de mission, renouvelé de semaine en semaine, avec l'entreprise Pierre Fabre en qualité de technicienne chimiste. Elle soutient en outre sans contredit qu'elle n'a plus d'attache dans son pays d'origine, sa grand-mère qui l'a élevée étant décédée. Au vu de l'ensemble de ces éléments, et alors qu'au demeurant la requérante s'est mariée postérieurement à la décision en litige, le 18 mars 2023 en mairie de Montargis, avec M. C, au regard tant de ses attaches personnelles que de son insertion professionnelle en France, le refus de titre opposé par la préfète du Loiret est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de l'ensemble de sa situation.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 16 janvier 2023 refusant la délivrance d'un titre de séjour à Mme C doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, les décisions l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixant le pays à destination duquel elle pourra être reconduite.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'annulation prononcée par le présent jugement implique nécessairement, eu égard au motif qui la fonde, que la préfète du Loiret délivre à Mme C un titre de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu par suite d'enjoindre à la préfète du Loiret d'y procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et dans cette attente de mettre Mme C en possession d'une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Mme C ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Dufour renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Dufour de la somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la préfète du Loiret en date du 16 janvier 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Loiret de délivrer à Mme C un titre de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et dans cette attente de la mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler.
Article 3 : L'Etat versera à Me Dufour une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A épouse C, à la préfète du Loiret et à Me Dufour.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
M. Garros, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
Hélène DEFRANC-DOUSSET
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026