LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2301791

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2301791

mardi 23 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2301791
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMARIETTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 12 mai 2023 et le 16 mai 2023, M. B A, représenté par Me Mariette, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 mai 2023 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, ainsi qu'un arrêté du même jour par lequel cette même autorité l'a assigné à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer dans un délai de quarante-huit heures une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- les arrêtés attaqués sont entachés d'incompétence ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire n'est pas justifiée alors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public, qu'il n'a pas fait l'objet d'un refus de délivrance de titre de séjour pour fraude ou en raison du caractère manifestement infondée de sa demande et que le préfet ne démontre pas pourquoi il risquerait de prendre la fuite ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie d'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- cette décision est dépourvue de motivation en fait ;

- la décision d'assignation sera annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français ;

- cette décision est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle n'est justifiée par aucune circonstance particulière ;

- elle restreint de manière disproportionnée sa liberté d'aller et venir et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.

Par un mémoire enregistré le 17 mai 2023, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens présentés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Le Toullec, premier conseiller, pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Le Toullec, magistrate désignée ;

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, de nationalité mauritanienne, né le 30 décembre 1974, est entré en France le 15 mars 2018 selon ses déclarations. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du 29 juin 2018 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision du 28 août 2019 de la Cour nationale du droit d'asile. Il a alors fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du préfet d'Eure-et-Loir du 1er octobre 2019. M. A n'a pas déféré à cette mesure. A la suite de son audition par le commissariat de Chartres et de son placement en garde à vue pour escroquerie le 11 mai 2023, le préfet d'Eure-et-Loir a, par arrêtés du même jour, d'une part, fait obligation à M. A de quitter le territoire français sans délai et fixé le pays de destination et, d'autre part, assigné l'intéressé à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, les arrêtés attaqués ont été signés par M. Yann Gérard, secrétaire général de la préfecture d'Eure-et-Loir, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté du 13 avril 2023 de Mme D C, préfet d'Eure-et-Loir, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, d'une délégation de signature à l'effet de signer notamment " tous arrêtés, décisions () pris en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces actes, qui manque en fait, doit donc être écarté.

5. En deuxième lieu, si M. A réside en France depuis cinq ans à la date de la décision portant obligation de quitter le territoire français et travaille en qualité d'ouvrier du bâtiment, d'abord en tant qu'intérimaire, de novembre 2020 à juin 2021, puis en contrat à durée indéterminée depuis le 6 septembre 2021, il ressort des pièces du dossier qu'il dispose d'attaches familiales hors de France, son épouse et ses trois enfants, mineurs, résidant au Sénégal. Par ailleurs, il a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français le 1er octobre 2019, à laquelle il n'a pas déféré. Dans ces conditions, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ". Dès lors qu'il est constant que M. A s'est soustrait à une mesure d'éloignement qui a été prise à son encontre le 1er octobre 2019, et qu'il ne justifie pas de circonstance particulière, le préfet a pu légalement se fonder sur les dispositions précitées pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire.

7. En quatrième lieu, dès lors que le requérant n'établit pas de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré ce que de la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible () ".

9. L'arrêté attaqué indique que l'intéressé est de nationalité mauritanienne et qu'il sera éloigné à destination du pays dont il a la nationalité, ou à destination du pays qui lui a délivré un document de voyage, ou de tout pays pour lequel il est légalement admissible. Il en résulte que la décision fixant le pays de renvoi est suffisamment motivée en fait.

10. En sixième lieu, le requérant, qui n'établit pas l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondé à soutenir que la décision d'assignation attaquée sera annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

11. En septième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Dès lors que M. A a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire n'a pas été accordé, édictée le même jour que la décision d'assignation à résidence, le préfet n'a pas commis d'erreur de droit en prenant cette dernière décision fondée sur 1° de l'article L. 731-1.

12. En dernier lieu, la décision d'assignation à résidence attaquée oblige M. A à se présenter tous les jours du lundi au vendredi à 9h30 au commissariat de police de Chartres. S'il soutient que ces modalités de présentation restreignent de manière disproportionnée sa liberté d'aller et venir et portent une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, il n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le

bien-fondé.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation des arrêtés du 11 mai 2023 du préfet d'Eure-et-Loir lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et l'assignant à résidence doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet d'Eure-et-Loir.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.

La magistrate désignée,

Hélène LE TOULLEC

La greffière,

Florence PINGUET

La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions