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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2301908

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2301908

mercredi 7 février 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2301908
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE
Avocat requérantDRIDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 mai 2023, Mme A C, représentée par Me Dridi, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 avril 2023 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire a rejeté le recours dirigé contre la décision mettant à sa charge un indu d'aide personnelle au logement de 471 euros au titre de l'année 2022 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à Me Dridi sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- le signataire de la décision ne justifie pas être titulaire d'une délégation de signature régulière ;

- le jugement de divorce a mis à la charge de son ex-époux une prestation compensatoire de 120 euros mensuels, qu'elle n'a pas omis de déclarer, ainsi que l'atteste son avis d'imposition à l'impôt sur le revenu de l'année 2021 établi en septembre 2022 ; elle a également déclaré la pension perçue en 2020 et 2019 ; l'erreur a été commise par la caisse d'allocations familiales.

Par un mémoire enregistré le 6 décembre 2023, la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme C a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- et les observations de Me Dridi, représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins que sa requête avec les mêmes moyens.

Considérant ce qui suit :

1. La caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire a notifié à Mme C un indu d'aide personnelle au logement de 471 euros au titre de l'année 2022, fondé sur le défaut de déclaration de la prestation compensatoire versée par son ex-mari. Le recours préalable présenté par la requérante a été rejeté par une décision du 11 avril 2023.

2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un d'aide personnelle au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

3. En premier lieu, la décision du 11 avril 2023 est signée par Mme E B, directrice de la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire. Aux termes de l'article R. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnés à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable ". Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 851-1 du même code : " Les informations nécessaires à l'appréciation des conditions d'ouverture, au maintien des droits et au calcul des aides personnelles au logement, notamment les ressources, sont obtenues par les organismes chargés du paiement de l'aide selon les modalités prévues à l'article L. 114-14 du code de la sécurité sociale, et, à défaut, sont obtenues auprès des demandeurs, bénéficiaires ou bailleurs qui sont tenus de les fournir. ". Si Mme C soutient qu'elle n'a pas omis de déclarer la pension alimentaire, laquelle a été prise en compte pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que la requérante pouvait régulièrement, compte tenu de la composition de son foyer et du montant revalorisé de ses ressources, percevoir l'aide personnelle au logement fondant l'indu en litige. La circonstance que la requérante serait de bonne foi est sans incidence dans le présent litige et la décision de la caisse d'allocations familiales n'est pas fondée sur la mauvaise foi de Mme C.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2024.

Le magistrat désigné,

Jean-Luc D

La greffière,

Céline BOISGARD

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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