mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2302141 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | TRIBOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 9 juin 2023, le 6 décembre 2023 et le 31 mai 2024, M. B C, représenté par Me Tribot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté non daté dont il a pris connaissance le 10 février 2023 par lequel le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest l'a licencié pour insuffisance professionnelle à l'issue de son stage et l'a radié des cadres à effet immédiat ;
2°) d'enjoindre à l'autorité compétente de le réintégrer à compter du 10 février 2023 et de procéder au paiement de ses traitements et primes non versés pendant à son éviction illégale, de procéder à sa titularisation et de le muter au commissariat de police de Châtellerault ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché de vices de procédure dès lors qu'il n'a pas été avisé de la tenue de la commission, qu'il n'a pas eu accès à son dossier, qu'il n'a pas été représenté par son représentant syndical lors de la réunion de la commission administrative paritaire, que l'avis rendu par cette commission a méconnu le principe d'impartialité, qu'aucune procédure contradictoire préalable n'a été mise en œuvre et qu'il n'a pas pu présenter ses observations ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de procédure.
Par un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés le 11 octobre 2023 et le 16 octobre 2023, la préfète déléguée pour la défense et la sécurité Ouest conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Garros,
- les conclusions de M. A,
- et les observations de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de sa réussite au concours de gardien de la paix, M. B C a été nommé fonctionnaire de police stagiaire par un arrêté du 2 octobre 2020. Après une première affectation à la compagnie républicaine de sécurité n° 23 de Charleville Mézières, il a été muté à la direction départementale de la sécurité publique d'Indre-et-Loire et affecté au commissariat de police de Tours Nord. Sa période de stage a été prolongée par plusieurs arrêtés successifs jusqu'au 4 décembre 2022. Par un arrêté non daté, dont il a pris connaissance le 10 février 2023 et dont il demande l'annulation, le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest a prononcé son licenciement à l'issue de son stage pour inaptitude professionnelle.
2. En premier lieu, un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. La décision de ne pas le titulariser en fin de stage est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé et, de manière générale, sur sa manière de servir, et se trouve ainsi prise en considération de sa personne. L'autorité compétente ne peut donc prendre légalement une décision de refus de titularisation, qui n'est soumise qu'aux formes et procédures expressément prévues par les lois et règlements, que si les faits qu'elle retient caractérisent des insuffisances dans l'exercice des fonctions et la manière de servir de l'intéressé. Cependant, la circonstance que tout ou partie de tels faits seraient également susceptibles de caractériser des fautes disciplinaires ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente prenne légalement une décision de refus de titularisation, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations. Par suite, pour apprécier la légalité d'une décision de refus de titularisation, il incombe au juge de vérifier qu'elle ne repose pas sur des faits matériellement inexacts, qu'elle n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de l'insuffisance professionnelle de l'intéressé, qu'elle ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire et n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir et que, si elle est fondée sur des motifs qui caractérisent une insuffisance professionnelle mais aussi des fautes disciplinaires, l'intéressé a été mis à même de faire valoir ses observations.
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal de la réunion de la commission administrative paritaire établi le 26 janvier 2023, que pour prendre la décision en litige, le préfet de la zone de défense et de sécurité ouest s'est fondé sur les problèmes d'intégration de M. C au sein de sa première unité d'affectation à Tours, son comportement inadapté à l'égard de sa hiérarchie et du personnel féminin, deux incidents durant lesquels il aurait proféré des insultes à l'encontre d'un de ses supérieurs et d'une automobiliste, ainsi que son désarmement pour une durée d'un an décidé consécutivement à une expertise psychiatrique réalisée à la demande du service médical régional. Plusieurs de ces faits sont susceptibles de caractériser des motifs disciplinaires, notamment en ce qui concerne les insultes proférées. Par suite, le préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest ne pouvait refuser de titulariser M. C et le licencier à l'issue de son stage sans que celui-ci ait été mis à même de faire valoir ses observations.
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal de la commission administrative paritaire statuant sur le refus de titularisation de M. C et son licenciement en fin de stage, qu'à la demande de celui-ci, son représentant syndical a remis aux membres de la commission un courrier de sa part, joint audit procès-verbal. Ainsi, M. C a pu présenter ses observations à la commission administrative paritaire et le moyen tiré de ce qu'il n'aurait pas été mis à même de faire valoir ses observations manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, la circonstance que le licenciement d'un fonctionnaire stagiaire à l'issue de son stage soit justifié sur des motifs susceptibles à la fois de révéler l'inaptitude de l'intéressé et de justifier une sanction disciplinaire n'empêche pas l'autorité administrative de fonder le licenciement de celui-ci sur son insuffisance professionnelle dès lors que, pris dans leur ensemble, les motifs justifiant le refus de titularisation révèlent l'incapacité du stagiaire à accomplir correctement les fonctions auxquelles il pourra être appelé en cas de titularisation. Si dans cette hypothèse, ainsi qu'il a déjà été dit, le fonctionnaire stagiaire ne peut être licencié sans avoir été mis à même de présenter ses observations, il ne peut toutefois prétendre à l'ensemble des garanties offertes au fonctionnaire stagiaire licencié dans le cadre d'une procédure disciplinaire, tel que le droit à communication de son dossier, ou encore la mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable. Par suite, dès lors que le licenciement pour insuffisance professionnelle de M. C, intervenu à l'issue de sa période de stage, ne revêt pas le caractère d'une mesure disciplinaire, celui-ci ne peut utilement soutenir qu'il n'aurait été ni avisé, ni convoqué, ni représenté à la séance du 26 janvier par laquelle la commission administrative paritaire locale du corps d'encadrement et d'application de la police nationale compétente pour la région Centre-Val de Loire s'est prononcée sur le refus de le titulariser. De même il ne peut utilement soutenir qu'il n'a pas pu consulter son dossier, ni que l'arrêté attaqué aurait dû être précédé d'une procédure contradictoire préalable. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
6. En troisième lieu, en se bornant à soutenir que la présidente de la commission administrative paritaire serait " juge et partie ", M. C n'assortit pas cette allégation de précisions suffisantes permettant d'apprécier le bien-fondé du moyen selon lequel ce membre de la commission ne présenterait pas toutes les garanties d'impartialité requises. En tout état de cause, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la présidente de la commission, qui siégeait en qualité de préfète déléguée pour la défense et de sécurité auprès du préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest, aurait manifesté une animosité personnelle à son égard, ni qu'elle aurait manqué d'impartialité. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que la hiérarchie de M. C a constaté un manque de dynamisme et d'intérêt pour sa fonction de gardien de la paix, ainsi que de nombreuses difficultés relationnelles avec ses collègues. Il lui est également reproché d'avoir tenu des propos sexistes à l'encontre d'une de ses collègues et d'avoir eu une attitude inappropriée à l'encontre d'un usager. Ces faits, corroborés par un ensemble de rapports de police émis par différentes autorités doivent être regardés comme établis. Par ailleurs, il est constant que l'intéressé a fait l'objet d'une mesure de désarmement d'une durée d'un an à la suite d'une expertise psychiatrique ordonnée par le service médical régional. Dans ces conditions, l'arrêté en litige le licenciant pour insuffisance professionnelle à l'issue de son stage et le radiant des cadres à effet immédiat, au regard de sa manière de servir, n'est entaché ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste d'appréciation.
8. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le licenciement de M. C ait été motivé par la volonté de le sanctionner du fait d'avoir dénoncé des propos racistes tenus par certains de ses collègues sur une conversation de messagerie instantanée, propos qui ont par ailleurs donné lieu au prononcé de sanctions à l'encontre des policiers concernés. Dès lors le moyen tiré du détournement de procédure doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au secrétariat général pour l'administration du ministère de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Keiflin, première conseillère.
M. Garros, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
Le rapporteur,
Nicolas GARROS
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA La greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026