mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2302149 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | KAB CONSEIL AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juin 2023, M. A D B, représenté par Me Yela Koumba, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2023 par lequel la préfète du Loiret lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de 2 mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et dans l'attente de la décision à intervenir de le mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé, s'agissant de l'obligation de quitter le territoire laquelle ne tient pas compte de sa situation universitaire ;
En ce qui concerne le refus de séjour
- ce refus est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- il était en droit d'obtenir un titre de séjour en qualité d'étudiant ;
- ce refus est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 août 2024, la préfète du Loiret, représentée par la SELARL Actis, avocats, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Defranc-Dousset,
- et les observations de M. B.
Des pièces ont été déposées par M. B à l'issue de l'audience et n'ont pas été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D B, ressortissant de la République du Congo né le 8 mars 1989, déclare être entré en France le 12 décembre 2015 muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités allemandes à Tunis, après être entré en Allemagne le 3 juillet 2015. Il a présenté, le 21 avril 2021, une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de
l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 22 mars 2023, dont il demande l'annulation, la préfète du Loiret a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit.
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble
2. L'arrêté contesté vise les textes dont il a été fait application et notamment l'accord franco-congolais relatif à la gestion concertée des flux migratoires, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 435-1 et L. 611-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il rappelle les conditions d'entrée et de séjour du requérant sur le territoire, expose sa situation personnelle et familiale et notamment sa situation universitaire et indique de manière précise les conditions pour lesquelles le titre de séjour demandé lui est refusé. Par ailleurs, la motivation de l'obligation de quitter le territoire français se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, dès lors que, comme en l'espèce, ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de mention spécifique pour respecter les exigences de motivation des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de séjour
3. En premier lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté en litige ni d'aucune pièce du dossier que la préfète du Loiret n'aurait pas procédé à un examen particulier de l'ensemble de la situation du requérant.
4. En deuxième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Il s'ensuit que le requérant ne peut utilement invoquer la circonstance qu'il aurait dû se voir délivrer un titre de séjour " étudiant " alors, d'une part qu'il n'a pas présenté de demande sur ce fondement et d'autre part, et en tout état de cause, qu'il n'établit pas remplir les conditions pour se voir délivrer un tel titre. Le moyen doit donc être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".
6. Pour contester le refus de séjour qui lui est opposé, M. B se prévaut d'une part, de ce qu'il est père d'une fille née le 21 septembre 2020 de la relation de concubinage qu'il entretient avec Mme C et d'autre part, de ce que présent sur le territoire depuis 2016, il poursuit des études en France, qu'il a obtenu un diplôme de Master parcours " union européenne et mondialisation " auprès de l'université de Paris 8, s'est inscrit à l'université de Cergy-Pontoise en vue de la préparation à l'examen d'accès au CRFPA au titre de l'année 2021-2022 et, qu'en raison de son échec, il a renouvelé son inscription au titre de l'année universitaire 2022-2023. Toutefois, la préfète fait valoir sans contredit que le concubinage dont se prévaut le requérant n'est aucunement établi, que la mère de la fille du requérant est également de nationalité congolaise et en situation irrégulière sur le territoire français et que celui-ci n'établit ni qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de cette enfant, ni même l'existence des liens qu'il entretiendrait avec elle. Par suite, la préfète du Loiret en considérant que l'admission au séjour de M. B ne répond pas à des considérations humanitaires ni ne se justifie au regard des motifs exceptionnels et en lui refusant la délivrance du titre de séjour sollicité n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance./2 Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Il résulte de ce qui est dit au point 6 que la vie familiale dont se prévaut le requérant, au demeurant non établie par les pièces produites, peut se poursuivre dans le pays dont lui-même, Mme C et leur enfant ont la nationalité. Par suite, alors qu'il n'établit pas son insertion sociale et professionnelle sur le territoire, que son père ainsi que son frère résident toujours au Congo où lui-même a vécu jusqu'à l'âge de 26 ans et qu'au surplus il ne fait mention d'aucun obstacle l'empêchant d'y poursuivre ses études, le moyen tiré de l'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français
9. L'illégalité de la décision de refus de titre de séjour n'étant pas établie, le moyen tiré par la voie de l'exception du défaut de base légale de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D B et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
M. Garros, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
La rapporteure,
Hélène DEFRANC-DOUSSET
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Sarah LEROY
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026