jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2302433 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | HERVOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juin 2023, Mme B A, représentée par Me Attali, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 mai 2023 par lequel la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 400 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle en ce que la préfète n'a pas mentionné toutes ses plaintes adressées aux services de police ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce que la préfète n'a pas convoqué l'intéressée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que, d'une part, elle a été victime de violences conjugales et, d'autre part, elle justifie avoir travaillé et suivi plusieurs formations.
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
Par un mémoire enregistré le 30 octobre 2023, la préfète du Loiret, représentée par Me Hervois conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Gasnier été entendu au cours de l'audience publique
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne, née le 27 mars 1991 est entrée en France le 10 août 2020 sous couvert d'un visa long séjour valable du 22 juillet 2020 au 22 juillet 2021. Elle a fait l'objet d'une première mesure d'éloignement le 30 juillet 2021 et son recours contre cette mesure a été rejeté en dernier lieu par une ordonnance de la cour administrative d'appel de Douai du 31 janvier 2023. Le 2 décembre 2022, elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 16 mai 2023, la préfète du Loiret a refusé de faire droit à sa demande et a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, par arrêté du 27 juillet 2021 de la préfète du Loiret, régulièrement affiché et publié au recueil des administratifs, M. Benoit Lemaire, secrétaire général de préfecture du Loiret, a reçu délégation de la préfète à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, et correspondances relevant des attributions de l'Etat dans le département du Loiret () " à l'exception des arrêtés portant élévation de conflit, et des réquisitions de comptable public. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait, notamment les textes applicables et les conditions d'entrée et de séjour de Mme A en France, qui en constituent le fondement. Il est, par suite, motivé conformément aux exigences des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En troisième lieu, il ne résulte d'aucune pièce du dossier que la préfète du Loiret, qui n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des circonstances de faits propres à la situation de l'intéressée, n'aurait pas procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de Mme A.
5. En quatrième lieu, la convocation de l'étranger par l'autorité administrative à la préfecture afin qu'il y dépose sa demande de titre de séjour, n'a d'autre objet que de fixer la date à laquelle il sera, en principe, procédé à l'enregistrement de sa demande dans le cadre de la procédure devant conduire à une décision sur son droit au séjour. Il est constant que Mme A a pu déposer sa demande de titre de séjour laquelle a été instruite par la préfète du Loiret. Dans ces conditions, Mme A ne saurait utilement se prévaloir de ce qu'elle n'aurait pas été convoquée en préfecture pour présenter sa demande de titre de séjour.
6. En cinquième lieu, si l'arrêté attaqué mentionne de manière erronée que le visa long séjour de la requérante expirait le 22 juillet 2020, le premier paragraphe de cet arrêté rappelle cependant que ce visa expirait bien le 22 juillet 2021. Cette erreur de plume étant sans incidence sur le sens de la décision attaquée, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
8. Pour soutenir que la préfète aurait commis une erreur manifeste d'appréciation, Mme A se prévaut de ce qu'elle aurait fait l'objet de violences conjugales de la part de son ancien époux, des formations qu'elle a suivies et des emplois qu'elle a occupés.
9. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de la cessation de la vie commune entre Mme A et son conjoint le 16 août 2020, chacun des anciens époux a déposé plainte pour des faits de violences conjugales respectives, lesquelles n'ont donné lieu à aucune poursuite judiciaire. Il ressort à cet égard des pièces du dossier que, par jugement du 26 septembre 2022, le juge aux affaires familiales a prononcé le divorce pour faute aux torts partagés des époux en relevant que les violences alléguées par chacun d'eux n'étaient pas établies. D'autre part, si Mme A se prévaut de diverses formations accomplies au cours de l'année 2021, ces éléments ne constituent pas des motifs exceptionnels d'admission au séjour au sens de ces dispositions. Par suite, la préfète du Loiret n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage de son pouvoir de régularisation. Elle n'a pas davantage commis d'erreur de droit en ne faisant pas usage de ce pouvoir discrétionnaire.
Sur les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit n'est pas assorti des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé.
11. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées. Il en est de même de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
Mme Pajot, conseillère
M. Gasnier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.
Le rapporteur,
Paul GASNIER
Le président,
Denis LACASSAGNE
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026