mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2302452 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | LE BORGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juin 2023, et un mémoire, enregistré le 3 août 2023, Mme A D, représentée par Me Le Borgne, avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision 48SI du ministre de l'intérieur du 17 mai 2023 lui notifiant la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que six décisions de retrait d'un point, un point, deux points, un point, un point et un point consécutives à des infractions en date des 2 juin 2022, 6 juin 2022, 10 juin 2022, 11 juin 2022, 12 juin 2022 et 27 juin 2022 commises sur la commune de La Ville-Aux-Dames ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer sept points sur son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle nie toute responsabilité et reconnaissance des six infractions commises entre les 2 juin 2022 et 27 juin 2022 sur la commune de La Ville-Aux-Dames, dès lors qu'elle n'était pas la conductrice du véhicule Peugeot 207 immatriculé AR 676 TQ, et a formé des réclamations motivées en application de l'article 530 du code de procédure pénale en désignant M. C B comme auteur présumé de ces infractions ; elle a ainsi toujours contesté la réalité de ces infractions qui ne peuvent être considérées comme ayant fait l'objet d'une condamnation définitive ;
- elle n'a jamais reçu d'avis de contravention ni de majoration concernant et n'a ainsi jamais reçu les informations prescrites par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Loisy en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Loisy, magistrat désigné.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le solde en points du permis de conduire de Mme D a été réduit à zéro compte tenu de différentes infractions au code de la route. Aux termes de ses conclusions, Mme D demande l'annulation de la décision 48SI du ministre de l'intérieur du 17 mai 2023 lui notifiant un solde de points nul sur son permis de conduire, l'annulation de six décisions de retrait d'un point, un point, deux points, un point, un point et un point consécutives à des infractions en date des 2 juin 2022, 6 juin 2022, 10 juin 2022, 11 juin 2022, 12 juin 2022 et 27 juin 2022 commises sur la commune de La Ville-Aux-Dames, et qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de lui restituer sept points sur son permis de conduire.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
En ce qui concerne le défaut d'imputabilité des infractions :
2. L'appréciation de l'imputabilité à l'intéressée des infractions à raison desquelles des points ont été retirés au capital de points affecté à son permis de conduire relève de l'office du juge judiciaire dans le cadre de la procédure pénale. Par suite, la contestation de cette imputabilité ne constitue pas un moyen susceptible d'être utilement invoqué devant le juge administratif à l'encontre des décisions de retraits de points prises par le ministre de l'intérieur. Ce moyen inopérant ne peut, par suite, qu'être écarté.
En ce qui concerne l'absence de réalité des infractions :
3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. ".
4. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral de la requérante, extrait du système national des permis de conduire, édité à la date du 2 octobre 2023, qui est produit en défense, que des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée ont été émis s'agissant des infractions des 2 juin 2022, 6 juin 2022, 10 juin 2022, 11 juin 2022, 12 juin 2022 et 27 juin 2022 commises sur la commune de La Ville-Aux-Dames. La requérante ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les énonciations du relevé d'information intégral et n'établit pas, ni n'allègue, que les titres exécutoires auraient été annulés à la suite de réclamations formées devant l'officier du ministère public. Par suite, la réalité des infractions en litige est établie au sens des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
En ce qui concerne l'absence d'information préalable :
5. La délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une condamnation pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
6. Pour les infractions des 2 juin 2022, 6 juin 2022, 10 juin 2022, 11 juin 2022, 12 juin 2022 et 27 juin 2022 commises sur la commune de La Ville-Aux-Dames, constatées par radar automatique, qui ont donné lieu à des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée, le ministre de l'intérieur ne produit aucun document de nature à établir que la requérante se serait acquittée sans y être contrainte de ces amendes forfaitaires majorées et aurait ainsi reçu les avis correspondants et comportant l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Si la seule circonstance qu'un contrevenant n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes, il n'en va pas de même pour l'information portant sur la possibilité d'un retrait de points qui permet au contrevenant de savoir si l'infraction va ou non entraîner un retrait de points et lui permettre, le cas échéant, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis de conduire et de contester l'infraction devant le juge pénal. Dans ces conditions, pour les six infractions en cause, le ministre ne peut être regardé comme apportant la preuve du respect des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il suit de là que les retraits d'un point, un point, deux points, un point, un point et un point opérés à raison de ces infractions sont intervenus selon une procédure irrégulière.
7. Il résulte de ce qui précède que les décisions de retrait d'un point, un point, deux points, un point, un point et un point consécutives aux infractions des 2 juin 2022, 6 juin 2022, 10 juin 2022, 11 juin 2022, 12 juin 2022 et 27 juin 2022 commises sur la commune de
La Ville-Aux-Dames doivent être annulées. Par suite, le solde en points du permis de conduire de la requérante n'était pas nul à la date à laquelle est intervenue la décision 48SI du 17 mai 2023 du ministre de l'intérieur. Dès lors, Mme D est également fondée à demander l'annulation de cette décision 48SI l'informant de la perte de validité de son permis de conduire.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement implique nécessairement que, dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, les sept points retirés du permis de conduire de Mme D à la suite des infractions des 2 juin 2022, 6 juin 2022, 10 juin 2022, 11 juin 2022, 12 juin 2022 et 27 juin 2022 commises sur la commune de La Ville-Aux-Dames soient restitués sur ce permis de conduire.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme D de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions de retrait d'un point, un point, deux points, un point, un point et un point du permis de conduire de Mme D, consécutives aux infractions des 2 juin 2022, 6 juin 2022, 10 juin 2022, 11 juin 2022, 12 juin 2022 et 27 juin 2022 commises sur la commune de La Ville-Aux-Dames, sont annulées, de même que la décision 48SI du 17 mai 2023 du ministre de l'intérieur informant Mme D de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur, dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, de restituer à Mme D les sept points retirés de son permis de conduire à la suite des infractions des 2 juin 2022, 6 juin 2022, 10 juin 2022, 11 juin 2022, 12 juin 2022 et 27 juin 2022 commises sur la commune de La Ville-Aux-Dames.
Article 3 : L'Etat versera à Mme D une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 25 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
Paule LOISY
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026