vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2302566 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | TOUBALE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Toubale, avocat, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'attestation de fin de droit à l'allocation pour demandeur d'asile établie le 23 mai 2023 par la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'attestation contestée est une décision faisant grief susceptible d'être contestée devant le juge dès lors qu'il n'a reçu aucun autre courrier l'informant de la fin de ses droits à l'allocation pour demandeur d'asile ;
- la décision par laquelle il a été mis fin à ses droits méconnaît les dispositions de l'article L. 553-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il n'a pas fait l'objet d'un examen préalable de sa vulnérabilité en méconnaissance des dispositions des articles L. 522-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'attestation contestée méconnaît les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration en ce qu'elle n'est pas motivée.
Par un mémoire enregistré le 4 mars 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que l'attestation contestée ne constitue pas une décision faisant grief ;
- en tout état de cause, M. A n'est plus éligible aux conditions matérielles d'accueil dès lors que sa demande d'asile a été rejetée comme irrecevable par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 16 mars 2023 au motif que la qualité de réfugié lui a été reconnue le 1er octobre 2021 par les autorités grecques.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Lardennois a été entendus au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sierra-léonais, est entré sur le territoire français le 19 octobre 2022. Le 16 novembre 2022, il a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le 9 décembre 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a enregistré en procédure normale la demande d'asile de M. A. Par une décision du 16 mars 2023, le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté comme irrecevable la demande d'asile de l'intéressé. Le 23 mai 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a notifié à M. A une attestation de fin de droit à l'allocation pour demandeur d'asile à compter du 31 mars 2023. M. A demande au tribunal l'annulation de la décision implicite interrompant son droit à l'allocation pour demandeur d'asile telle que révélée par cette attestation.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 553-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile qui a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées en application de l'article L. 551-9 bénéficie d'une allocation pour demandeur d'asile s'il satisfait à des conditions d'âge et de ressources. Le versement de cette allocation est ordonné par l'Office français de l'immigration et de l'intégration ". Aux termes de l'article L. 551-13 du même code : " Le versement de l'allocation pour demandeur d'asile prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 () ". Selon l'article L. 542-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / a) une décision d'irrecevabilité prise en application des 1° ou 2° de l'article L. 531-32 () ". Enfin, l'article L. 531-32 dispose que : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut prendre une décision d'irrecevabilité écrite et motivée, sans vérifier si les conditions d'octroi de l'asile sont réunies, dans les cas suivants : / 1° Lorsque le demandeur bénéficie d'une protection effective au titre de l'asile dans un Etat membre de l'Union européenne () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : / 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; / 2° Il refuse la proposition d'hébergement qui lui est faite en application de l'article L. 552-8 ; / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; / 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ".
4. Enfin, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6°Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ".
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté une demande d'asile qui a été rejetée comme irrecevable par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 16 mars 2023 au motif, non contesté, que M. A bénéficie déjà d'une protection au titre de l'asile dans un autre Etat. Dès lors, en application des dispositions précitées, M. A ne bénéficiait plus du droit de se maintenir sur le territoire français à compter de la date à laquelle la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a été prise, soit le 16 mars 2023. La circonstance que l'intéressé ait saisi la Cour nationale du droit d'asile d'un recours contre cette décision demeure à cet égard sans incidence. Ainsi, l'Office français de l'immigration et de l'intégration devait mettre fin dès le 1er avril 2023 aux conditions matérielles d'accueil dont le requérant bénéficiait depuis le mois de décembre 2022. Dès lors, M. A ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'obligation de motivation prévue à l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui vise les situations de refus des conditions matérielles d'accueil. Par ailleurs, la décision attaquée, qui se borne à constater la fin de droits à l'allocation pour demandeur d'asile au motif que son droit à se maintenir au titre de l'asile avait pris fin, ne figure pas au nombre des décisions devant faire l'objet d'une motivation au sens de l'article L. 221-2 du code des relations entre le public et l'administration.
6. En second lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit au point 5 que, la décision contestée ne portant pas refus des conditions matérielles d'accueil, le requérant ne peut utilement invoquer le moyen tiré de ce que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas, préalablement à sa décision, procédé à un examen de sa situation de vulnérabilité en méconnaissance du dernier alinéa de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 522-1 du même code. Dès lors le moyen tiré du défaut d'examen préalable de sa vulnérabilité est inopérant et doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction et relatives aux frais de l'instance, doivent être rejetées.
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D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
Le rapporteur,
Stéphane LARDENNOIS
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
La greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026