LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2302646

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2302646

jeudi 2 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2302646
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantCABINET FIDAL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de Mme B... visant à annuler un permis de construire délivré à une SCI pour une maison et une piscine. La juridiction a jugé que les box à chevaux de la requérante, constituant un bâtiment ouvert, ne pouvaient être regardés comme un "bâtiment renfermant des animaux" au sens du règlement sanitaire départemental. Par conséquent, les règles de distance prévues à l'article L. 111-3 du code rural et à l'article 153-4 du règlement sanitaire départemental d'Eure-et-Loir n'étaient pas applicables pour faire obstacle au projet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 juillet 2023, Mme A... B..., représentée par Me Cruchaudet, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 20 mars 2023 du maire de Rouvres accordant à la société civile immobilière (SCI) JAC un permis de construire une maison individuelle et une piscine sur un terrain situé 28 rue Houdan à Rouvres, et la décision du 8 juin 2023 rejetant son recours grâcieux contre cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Rouvres une somme de 3 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- elle a intérêt à agir ;
- l’arrêté méconnait les dispositions des articles L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime et de l’article 153-4 du règlement sanitaire départemental d’Eure-et-Loir, dès lors que le projet de construction se situe à une distance de 36 mètres des box à chevaux qu’elle exploite.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2024, la commune de Rouvres, représentée par Me Verger, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B... sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 7 mai 2024, la SCI JAC, représentée par Me Jourdan, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B... sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en application, d’une part, de l’article R. 600-1-2 du code de l’urbanisme, la requérante ne justifiant pas de son intérêt à agir contre le projet autorisé et, d’autre part, de l’article R. 600-4 du même code, dès lors qu’elle ne démontre pas qu’elle occupe régulièrement le bien qui serait affecté par le projet ;
- les dispositions de l’article 153-4 du règlement sanitaire départemental d’Eure-et-Loir ne sont pas opposables au projet contesté dès lors que l’abri de la requérante consiste en un bâtiment ouvert ne pouvant être regardé comme renfermant des animaux, et que la requérante n’établit ni la régularité de sa construction au vu des autorisations d’urbanisme ni le caractère professionnel de l’activité de gardiennage d’équidés dont elle se prévaut.

Par ordonnance du 24 novembre 2025, la clôture d’instruction a été fixée au 8 décembre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Bernard,
- et les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

Par un arrêté du 20 mars 2023, le maire de Rouvres a délivré à la SCI JAC un permis pour la construction d’une maison individuelle et d’une piscine, sur un terrain situé au 28 rue de Houdan à Rouvres (Eure-et-Loir). Par courrier du 27 avril 2023, Mme B..., qui réside au 26 bis rue de Houdan dans la même commune, a formé un recours gracieux à l’encontre de cet arrêté, qui a été rejeté par une décision du maire de Rouvres du 8 juin 2023. Mme B... demande l’annulation de l’arrêté du 20 mars 2023 et de la décision rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime : « Lorsque des dispositions législatives ou réglementaires soumettent à des conditions de distance l’implantation ou l’extension de bâtiments agricoles vis-à-vis des habitations et immeubles habituellement occupés par des tiers, la même exigence d’éloignement doit être imposée à ces derniers à toute nouvelle construction et à tout changement de destination précités à usage non agricole nécessitant un permis de construire, à l’exception des extensions de constructions existantes. (…) ». Aux termes de l’article 153-4 du règlement sanitaire départemental d’Eure-et-Loir : « Sans préjudice de l’application des documents d’urbanisme existant dans la commune ou de cahiers des charges de lotissement, l’implantation des bâtiments renfermant des animaux doit respecter les règles suivantes : / - les élevages porcins à lisier ne peuvent être implantés à moins de 100 m des immeubles habités ou habituellement occupés par des tiers, des zones de loisirs et de tout établissement recevant du public ; / - les autres élevages, à l’exception des élevages destinés à la consommation familiale et de ceux de volailles et de lapins, ne peuvent être implantés à moins de 50 m des immeubles habités ou habituellement occupés par des tiers, des zones de loisirs et de tout établissement recevant du public à l’exception des installations de camping à la ferme. (...) ».

Il résulte de l’article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime et de l’article 153- 4 du règlement sanitaire départemental d’Eure-et-Loir cités ci-dessus, que les règles de distance imposées, par rapport notamment aux habitations existantes, à l’implantation d’un bâtiment agricole en vertu, en particulier, d’un règlement sanitaire départemental, sont également applicables, par effet de réciprocité, à la délivrance du permis de construire une habitation située à proximité d’un tel bâtiment agricole. Il appartient ainsi à l’autorité compétente pour délivrer le permis de construire un bâtiment à usage d’habitation de vérifier le respect des dispositions législatives ou réglementaires fixant de telles règles de distance, quelle qu’en soit la nature. L’exigence d’éloignement imposée par ces dispositions aux projets de construction à usage d’habitation ne s’applique toutefois qu’à l’égard de bâtiments agricoles régulièrement édifiés et exploités.

Il ressort des pièces du dossier que Mme B... réside chez ses parents, notamment propriétaires des parcelles attenantes cadastrées section AB n°545, sur laquelle se trouve leur maison d’habitation, et n° 226 sur laquelle est construit un abri à équidés, composé de tôles et de poteaux en bois, ouverts en façade et sur pignon, et destiné, outre sa fonction de pension pour chevaux, à abriter du foin. La requérante soutient que le projet de la SCI JAC ne pouvait être autorisé par application des dispositions qui précèdent dès lors que cet abri est situé à moins de 50 mètres de la construction envisagée. Toutefois, les défenderesses font valoir sans être contredites que cet abri n’a pas fait l’objet d’une autorisation d’urbanisme. Au surplus, par les pièces que Mme B... produit, en l’espèce une convention de pension conclue le 9 octobre 2016 pour un seul cheval et à laquelle la requérante a mis fin en 2018, une attestation de mise en pension de deux animaux pour les étés 2018 et 2019, une convention du 15 novembre 2022 pour un animal et deux attestations témoignant qu’un abri a bien été élevé par le père de la requérante dans les années 2000, la requérante ne démontre pas que cet abri précaire de taille modeste et sans fondation stable, dans lequel est notamment stocké le foin, servirait à abriter effectivement des animaux. Dans ces conditions, cet abri ne saurait être qualifié de bâtiment renfermant des animaux au sens des dispositions précitées de l’article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime et des dispositions précitées du règlement sanitaire départemental. Dès lors, Mme B... n’est pas fondée à soutenir que l’habitation projetée sera construite en méconnaissance des dispositions combinées des articles de l’article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime et de l’article 153-4 du règlement sanitaire départemental d’Eure-et-Loir.

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions de Mme B... à fin d’annulation de l’arrêté du 20 mars 2023 du maire de Rouvres et de la décision du 8 juin 2023 rejetant son recours grâcieux contre cet arrêté, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des défendeurs, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que Mme B... demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de Mme B... une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la SCI JAC et non compris dans les dépens ainsi qu’une somme du même montant au titre des frais exposés par la commune de Rouvres et non compris dans les dépens.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Mme B... versera une somme de 1 000 euros à la SCI JAC au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Mme B... versera une somme de 1 000 euros à la commune de Rouvres au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B..., à la société civile immobilière JAC et à la commune de Rouvres.

Délibéré après l’audience du 19 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Lacassagne, président,
Mme Bernard, première conseillère,
Mme Ploteau, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2026.

La rapporteure,

Pauline BERNARD

Le président,

Denis LACASSAGNE

La greffière,




Marie-Josée PRECOPE

La République mande et ordonne au préfet d’Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions