Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juillet 2023, M. B... A..., représenté par Me Konaté, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 18 avril 2023 par lequel la préfète du Loiret a refusé son admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai d’un mois et a fixé le pays dont il a la nationalité, ou tout pays dans lequel il est légalement admissible, comme pays de destination ;
2°) d’enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer, dans le délai de deux mois, une carte de séjour portant la mention « séjour membre de famille d’un citoyen de l’UE » et, à titre subsidiaire, de lui délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale » ;
3°) à défaut, d’enjoindre à la préfète du Loiret de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Konaté d’une somme de 1 500 euros au titre des frais engagés pour l’instance et non compris dans les dépens, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par une décision du 1er septembre 2023, la demande d’aide juridictionnelle de M. A... a été rejetée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser (…) ».
2. D’une part, aux termes de l’article R. 776-2 du code de justice administrative : « I. - Conformément aux dispositions de l’article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément (…) ». L’article R. 421-5 du code de justice administrative dispose : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».
3. D’autre part, aux termes de l’article 43 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique et relatif à l’aide juridictionnelle et à l’aide à l’intervention de l’avocat dans les procédures non juridictionnelles : « Sans préjudice de l’application de l’article 9-4 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée et du II de l’article 44 du présent décret, lorsqu’une action en justice ou un recours doit être intenté avant l’expiration d’un délai devant les juridictions de première instance ou d’appel, l’action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d’aide juridictionnelle s’y rapportant est adressée ou déposée au bureau d’aide juridictionnelle avant l’expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : / 1° De la notification de la décision d'admission provisoire ; / 2° De la notification de la décision constatant la caducité de la demande ; / 3° De la date à laquelle le demandeur de l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 69 et de l'article 70 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée ; / 4° Ou, en cas d'admission, de la date, si elle est plus tardive, à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. (…) ». Aux termes de l’article 56 de ce décret : « La décision du bureau, de la section du bureau ou de leur président est notifiée à l’intéressé par le secrétaire du bureau ou de la section du bureau par lettre simple en cas d’admission à l’aide juridictionnelle totale (…) ».
4. Il résulte de ce qui précède que, lorsqu’un étranger fait l’objet d’un refus de titre de séjour assorti d’une obligation de quitter le territoire français, le délai de recours contentieux de trente jours dont il dispose est interrompu par une demande d’aide juridictionnelle déposée dans ce délai et, en cas d’admission à l’aide juridictionnelle totale, court de nouveau à l’expiration du délai de trente jours suivant la date de la décision du bureau d’aide juridictionnelle ou de la date de la désignation d’un avocat si cette dernière est plus tardive.
5. Il ressort des pièces du dossier que l’arrêté du 18 avril 2023 de la préfète du Loiret, qui comporte une indication correcte des voies et délais de recours ouverts à son encontre, a été adressé à M. A... par pli recommandé. Ce pli a été retourné au service expéditeur de la préfecture du Loiret le 10 mai 2023, avec la mention « pli avisé et non réclamé ». Par suite, la requête de M. A... tendant à l’annulation de cet arrêté, qui n’a été enregistrée au greffe du tribunal administratif que le 13 juillet 2023, soit après l’expiration du délai de recours contentieux de trente jours, lequel n’a pu être prorogé par le dépôt le 7 juillet 2023 d’une demande d’aide juridictionnelle, dès lors que cette demande était elle-même postérieure à l’expiration du délai de recours contentieux, est tardive. Elle doit dès lors être rejetée comme entachée d’une irrecevabilité manifeste non susceptible d’être couverte en cours d’instance, en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et à la préfète du Loiret.
Fait à Orléans, le 5 juin 2024.
La présidente de la 4ème chambre,
Patricia ROUAULT-CHALIER
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.