jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2302995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2023, M. C A, représenté par la SCP Themis avocats et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le directeur interrégional des services pénitentiaires de Dijon à son recours administratif à l'encontre de la décision du 18 janvier 2023 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire d'Orléans a refusé son classement sur un emploi ;
2°) d'enjoindre au directeur du centre pénitentiaire d'Orléans d'ordonner son classement sur l'emploi demandé dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de la décision de refus de classement n'est pas justifiée ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête en raison de son irrecevabilité.
Il fait valoir qu'en réponse au recours administratif exercé par le requérant, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Dijon, par une décision du 29 mars 2023, notifiée le 31 mars suivant, a retiré la décision du 18 janvier 2023 portant refus de classement.
Par un mémoire, enregistré le 18 novembre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction et non communiqué, M. A déclare se désister purement et simplement de sa requête.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, incarcéré au centre pénitentiaire d'Orléans, a souhaité exercer un travail en détention. Le directeur de l'établissement, après avis de la commission pluridisciplinaire unique du 18 janvier 2023, a rejeté sa demande de classement pour des impératifs de maintien de bon ordre et de sécurité. En application de l'article R. 412-18 du code pénitentiaire, M. A a exercé un recours administratif auprès du directeur interrégional des services pénitentiaires de Dijon, le 6 mars 2023. Il demande au tribunal d'annuler la décision implicite rejetant ce recours.
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu, pour le juge de la légalité, de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.
3. Il ressort des pièces du dossier que par une décision du 29 mars 2023 portant la mention des voies et délais de recours, notifiée le 31 mars 2023 à M. A, le directeur interrégional des services pénitentiaires a prononcé le retrait de la décision du directeur du centre pénitentiaire, prise après avis de la commission pluridisciplinaire unique du 18 janvier 2023. Cette décision avait acquis un caractère définitif avant même l'enregistrement de la présente requête au greffe du tribunal, le 17 juillet 2023. A cette date, la requête de M. A était ainsi dépourvue d'objet et par suite irrecevable. Elle doit, pour ce motif, être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sophie Lesieux, présidente,
Mme Bernard, première conseillère,
Mme Fatoumata Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.
La rapporteure,
La présidente,
Fatoumata B
Sophie LESIEUX La greffière,
Céline BOISGARDLa République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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