mardi 8 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303038 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PIERROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juillet 2023, Mme C A, représentée par Me Pierrot, avocate, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour prise par la préfète du Loiret le 14 juin 2023 ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail jusqu'à l'intervention du jugement au fond, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Mme A soutient que :
- la condition d'urgence est remplie en l'espèce, s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour et alors au surplus que la décision contestée, qui fait obstacle à ce qu'elle retrouve un emploi et même se réinscrive à Pôle emploi, la place dans une situation de grande précarité, alors qu'elle est bien intégrée en France où elle réside depuis 2013 ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : cette décision est entachée d'incompétence, en l'absence de délégation de signature régulière ; elle n'est pas suffisamment motivée ; elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ; elle est entachée d'erreur de droit dès lors, en premier lieu, que la préfète s'est fondée à tort sur les dispositions des articles L. 421-3 et L. 433-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que ce sont celles de l'article L. 421-1 de ce code qui étaient applicables, en deuxième lieu, que le renouvellement de son titre de séjour était de plein droit sur le fondement de ces dispositions puisqu'elle a été involontairement privée d'emploi, en troisième lieu, qu'elle n'avait pas à fournir à nouveau une autorisation de travail ; la décision attaquée est enfin entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 7 août 2023, la préfète du Loiret conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
La préfète fait valoir que :
- l'arrêté du 14 juin 2023 en litige a été abrogé dans toutes ses dispositions par un arrêté du 4 août 2023 et un récépissé avec autorisation de travail, valable jusqu'au 6 novembre 2023, a été édité au profit de Mme A ;
- il serait inéquitable de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat, dès lors, d'une part, que l'intéressée aurait pu adresser une demande gracieuse auprès des services de la préfecture, d'autre part, que la réactivité de l'administration pour donner satisfaction totale à la requérante est caractérisée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2303037, enregistrée le 20 juillet 2023, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision du 14 juin 2023 susvisée de la préfète du Loiret.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés présentés sur le fondement des dispositions des articles L. 521-1 à L. 521-4 de ce code.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 7 août 2023 à 14 heures, le juge des référés a présenté son rapport et entendu les observations de Me Pierrot, avocate de Mme A, qui persiste dans les conclusions de sa requête, par les mêmes moyens, et fait valoir en outre, d'une part, que sa requête tendait également à la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français contenue dans l'arrêté du 14 juin 2023, mais qu'elle entend se désister de ces conclusions, d'autre part, qu'elle maintient le surplus des conclusions de sa requête, dès lors qu'aucun récépissé ne lui a été délivré.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 14 heures 15.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
Sur les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français :
2. Si, à l'audience, Mme A a fait valoir que les conclusions de sa requête tendaient également à la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français contenue dans l'arrêté du 14 juin 2023 de la préfète du Loiret, elle a toutefois indiqué qu'elle entendait se désister de ces conclusions. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions tendant à la suspension de l'exécution du refus de titre de séjour et sur les conclusions à fin d'injonction :
3. Par un arrêté du 4 août 2023, la préfète du Loiret a abrogé " en toutes ses dispositions " l'arrêté n° 23.45.0316 du 14 juin 2023 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français pris à l'encontre de Mme A. Par ailleurs, la préfète a délivré à Mme A un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour autorisant l'intéressée à travailler, valable à compter du 7 août 2023, dont une copie est jointe au mémoire en défense. Par suite, et alors même que ce document n'a pas encore été remis à Mme A - qui est convoquée à cet effet le 16 août 2023 à la sous-préfecture de Montargis - les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution du refus de titre de séjour contenu dans l'arrêté du 14 juin 2023, ainsi que les conclusions à fin d'injonction, se trouvent dépourvues d'objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme A d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de Mme A tendant à la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français contenue dans l'arrêté n° 23.45.0316 du 14 juin 2023 de la préfète du Loiret.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution du refus de titre de séjour contenu dans l'arrêté n° 23.45.0316 du 14 juin 2023 de la préfète du Loiret, ainsi que sur les conclusions à fin d'injonction.
Article 3 : L'Etat versera à Mme A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et à la préfète du Loiret.
Fait à Orléans, le 8 août 2023.
Le juge des référés,
Frédéric B
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026