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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2303154

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2303154

mardi 12 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2303154
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantLE GLOAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de M. B C, ressortissant marocain, contestant le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de Loir-et-Cher le 7 juillet 2023. Le tribunal a estimé que le refus de séjour ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, faute pour le requérant de justifier d'attaches personnelles et familiales suffisamment stables en France malgré une intégration professionnelle. Il a également jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en n'usant pas de son pouvoir d'admission exceptionnelle au séjour. Par conséquent, l'obligation de quitter le territoire français, fondée sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a été validée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 juillet 2023, M. B C, représenté par Me Le Gloan, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 7 juillet 2023 par lesquelles le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours ;

2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant du refus de titre de séjour :

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du pouvoir d'admission exceptionnelle au séjour dont dispose le préfet ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2023, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 12 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 27 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. A

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant marocain, déclare être entré sur le territoire français le 20 septembre 2019. Le 1er décembre 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du pouvoir d'admission exceptionnelle au séjour du préfet de Loir-et-Cher. Par un arrêté du 7 juillet 2023, le préfet de Loir-et-Cher, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré. M. C demande l'annulation des décisions portant refus de délivrance de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Sur le refus de titre de séjour :

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

3. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, M. C, célibataire et sans enfant à charge, ne justifie que d'une durée de séjour de trois ans et neuf mois sur le territoire français. Dès lors, quand bien même il travaille sans discontinuité depuis le mois d'octobre 2019 en tant qu'employé de magasin et a obtenu un avis favorable de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi quant à sa demande d'autorisation de travail, ces circonstances, si elles révèlent un réel effort d'intégration sur le plan professionnel, ne sont pas suffisantes pour établir l'existence d'attaches personnelles et familiales suffisamment anciennes, stables et durables en France auxquelles le refus de titre en litige porterait une atteinte disproportionnée. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant refus de titre de séjour méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

4. Il résulte des motifs exposés au point précédent que le préfet de Loir-et-Cher n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant d'admettre exceptionnellement M. C au séjour, au titre de sa vie privée et familiale sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et au titre de sa situation professionnelle au regard de ses pouvoirs de régularisation.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ".

6. L'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, le moyen tiré de l'illégalité par voie de conséquence de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté. Par suite le requérant ne peut soutenir que la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de Loir-et-Cher.

Délibéré après l'audience du 17 octobre, à laquelle siégeaient :

Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,

Mme Keiflin, première conseillère,

M. Nicolas Garros, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.

Le rapporteur,

Nicolas A

La présidente,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

Le greffier

Vincent DUNET

La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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