mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303181 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PASSY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 juillet 2023 et le 24 septembre 2024, M. A Prince B C, représenté par Me Passy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 février 2023 par laquelle la préfète du Loiret a refusé de lui renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de l'ensemble de sa situation au regard des dispositions des articles L. 423-21 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2024, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est tardive en l'absence de preuve de la réception du recours gracieux adressé au préfet ;
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant n'a pas attendu le rejet de son recours gracieux pour déposer sa requête ;
- la requête est dépourvue de moyen ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Defranc-Dousset a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A Prince B C, ressortissant congolais né le 15 octobre 2000 déclare être entré sur le territoire le 8 décembre 2011. Titulaire d'un document de circulation pour étranger mineur valable du 19 août 2015 au 14 octobre 2018, il a obtenu par la suite une carte de séjour valable du 24 janvier 2020 au 23 janvier 2021 dont il a demandé le renouvellement le 25 juillet 2022 sur le fondement de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 8 février 2023 dont il demande l'annulation, la préfète du Loiret a refusé de lui renouveler son titre de séjour.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui justifie par tout moyen avoir résidé habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans avec au moins un de ses parents se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. /Pour l'application du premier alinéa, la filiation s'entend de la filiation légalement établie, y compris en vertu d'une décision d'adoption, sous réserve de la vérification par le ministère public de la régularité de cette décision lorsqu'elle a été prononcée à l'étranger. ". Aux termes de l'article L. 412-5 de ce même code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré en France à l'âge de 11 ans et y a été régulièrement scolarisé. Ainsi qu'il a été dit au point 1, il a d'abord obtenu un titre de circulation pour étranger mineur avant de se voir délivrer, le 24 janvier 2020, un titre de séjour valable jusqu'au 23 janvier 2021 dont il a demandé le renouvellement le 25 juillet 2022. A l'appui du refus qui lui est opposé, la préfète du Loiret fait valoir qu'il a été condamné le 13 mars 2021 par le tribunal correctionnel d'Orléans à 4 mois d'emprisonnement pour conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants, violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours (récidive), outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique (récidive), rébellion, conduite d'un véhicule sans permis, usage illicite de stupéfiants et qu'il a été incarcéré du 8 mars 2022 au 7 décembre 2022. Elle indique en outre que le requérant est défavorablement connu des services de police et a été à de multiples reprises mis en cause de 2016 à 2021.
4. Si le requérant ne conteste pas avoir eu un comportement délinquant, il indique s'être amendé à la suite de son incarcération et avoir conclu un contrat à durée indéterminée pour un emploi de manutentionnaire avec l'association " seconde chance " le 16 janvier 2023. Toutefois, il n'établit aucunement avoir exercé une quelconque activité auprès de cette association. Alors que le requérant reconnaît avoir eu un comportement répréhensible et que la commission du titre de séjour dans son avis du 15 décembre 2022 a indiqué qu'il n'a pas démontré une volonté de s'amender ni de s'intégrer au sein de la société française, la préfète pouvait sans erreur d'appréciation refuser de lui renouveler son titre de séjour au motif de l'atteinte portée à l'ordre public.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance./2 Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. Si le requérant indique qu'il réside sur le territoire depuis l'âge de 11 ans et que ses parents ainsi que ses 4 frères et sœurs y résident également ainsi que sa grand-mère paternelle, que bien que de nationalité congolaise il n'a plus aucun souvenir du Congo et qu'il produit des témoignages des membres de sa famille soulignant les liens très forts qui les unissent, alors que la décision contestée ne lui fait pas obligation de quitter le territoire français, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
7. Pour les mêmes motifs que ceux visés au point précédent, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de M. C au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement desquelles au demeurant il n'a pas présenté sa demande, doit être écarté.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision du 8 février 2023 lui refusant le renouvellement de son titre de séjour doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A Prince B C et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
M. Garros, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
La rapporteure,
Hélène DEFRANC-DOUSSET
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Sarah LEROY
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026