Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2303261
mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303261 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | ECHARD-JEAN |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 août 2023 et 1er juillet 2024, M. C B, représenté par Me Pierre Echard-Jean, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2023 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a prononcé la suspension de son permis de conduire pour une durée de neuf mois à compter de la date de retrait du titre, ensemble la décision du 13 juin 2023 rejetant son recours gracieux ;
2) d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de procéder à la restitution de son permis de conduire dans les huit jours suivant la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est dépourvue de base légale dès lors qu'il n'était pas au volant d'un véhicule lors de la constatation de l'infraction reprochée ;
- la réalité de l'infraction n'est pas établie ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2023, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté attaqué : " I. - Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : 1° L'état alcoolique est établi au moyen d'un appareil homologué, conformément au 1° du I de l'article L. 224-1, ou lorsque les vérifications mentionnées aux articles L. 234-4 et L. 234-5 apportent la preuve de cet état ou si le conducteur ou l'accompagnateur de l'élève conducteur a refusé de se soumettre aux épreuves et vérifications destinées à établir la preuve de l'état alcoolique ; () ".
2. Il ressort des pièces du dossier que par l'arrêté attaqué du 26 avril 2023, le préfet d'Eure-et-Loir a prononcé, sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route, la suspension du permis de conduire du requérant pour une durée de neuf mois au motif que celui-ci avait fait l'objet le 23 avril 2023 à 15 heures 15 sur la commune de Nogent-le-Rotrou d'une mesure de rétention de son permis de conduire pour avoir commis une infraction au code de la route punie de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire en refusant de se soumettre aux vérifications destinées à établir la preuve de son état alcoolique.
3. Le requérant soutient qu'il est propriétaire d'un deux roues, que ce deux roues a fait l'objet d'un contrôle pour excès de vitesse, qu'il s'est rendu dans les locaux de la gendarmerie de Nogent-le-Rotrou à la suite de la convocation qui lui a été adressée en vue d'être entendu en sa qualité de propriétaire du véhicule, qu'à la suite d'un échange houleux dans les locaux de la gendarmerie au cours duquel il a nié être en état d'ivresse manifeste et a refusé de se soumettre à un test éthylométrique, il a quitté les locaux de la gendarmerie, que les forces de l'ordre sont venues l'interpeller à son domicile et lui ont notifié un avis de rétention de permis de conduire et que, par suite, la décision attaquée manque de base légale dès lors que l'infraction a été constatée hors de toute activité de conduite.
4. Toutefois, il ressort du procès-verbal établi le 23 avril 2023 par les gendarmes de Nogent-le-Rotrou que le requérant s'est rendu à la gendarmerie à 15 heures, que les gendarmes ont constaté qu'il sentait l'alcool, qu'il a refusé de se soumettre à un dépistage d'alcoolémie, qu'après un échange houleux avec les gendarmes, il a quitté les locaux de la gendarmerie en repartant au volant de son véhicule automobile, que les gendarmes, partis à sa recherche, l'ont retrouvé à son domicile et que l'intéressé a, de nouveau, refusé de se soumettre à un dépistage d'alcoolémie. Contrairement à ce que soutient le requérant, le gendarme A D était au nombre des fonctionnaires qui ont constaté les faits. Dès lors, l'intéressé ne conteste pas qu'il est venu à la gendarmerie avec son véhicule automobile et qu'il est reparti de celle-ci avec ce véhicule. Par suite, il ne peut sérieusement soutenir que l'infraction a été constatée en dehors de toute activité de conduite. Il suit de là que la décision attaquée n'est pas dépourvue de base légale.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet d'Eure-et-Loir.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2024.
Le magistrat désigné,Le greffier,
Jean-Michel DELANDRE Laurent BOUSSIERES
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.