mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303262 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | VIEILLEMARINGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 août et 6 octobre 2023, Mme D A, représentée par la Selarl Adventis, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 11 juillet 2023 du préfet d'Indre-et-Loire rejetant sa demande de délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixant l'Albanie comme pays de destination de sa reconduite et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de réexaminer sa demande de titre de séjour dans le délai de soixante-douze heures suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par heure de retard ;
3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé ;
- le refus de renouvellement de titre de séjour est entaché d'un vice de procédure en raison de l'irrégularité de l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration, a été pris par une autorité qui a méconnu l'étendue de sa compétence, méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas été précédé de la saisine de la commission du titre de séjour ;
- l'obligation de quitter le territoire doit être annulée en raison de l'illégalité du refus de séjour et méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision accordant un délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de renvoi doivent être annulées en raison de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire ;
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les articles
L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que les quatre critères devant être pris en compte ne sont pas remplis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2023, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requérante ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 1er septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante albanaise née le 11 janvier 1969, a déclaré être entrée en France le 11 mars 2017 sans pouvoir justifier d'une entrée régulière. Le 18 avril 2017, elle a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été rejetée par une décision du 16 août 2017 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides puis le 8 février 2018 par la cour nationale du droit d'asile. Le 5 mars 2018, elle a sollicité un titre de séjour pour raisons médicales qu'elle a obtenu. Elle a également obtenu une décision favorable à sa demande de renouvellement formulée le 23 janvier 2020. Le 18 mars 2021, Mme A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 19 octobre 2021 et suite à un avis défavorable du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration, la préfète d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un jugement n° 2104004 du 26 janvier 2023, devenu définitif, ce tribunal administratif a rejeté sa requête tendant à l'annulation de cet arrêté. L'intéressée a sollicité, à nouveau, le renouvellement de son titre de séjour pour raisons médicales. Par l'arrêté attaqué du 11 juillet 2023, le préfet
d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination de l'Albanie et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision de refus de séjour attaquée du 11 juillet 2023 vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention de Schengen, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le code des relations entre le public et l'administration et mentionne les éléments de fait propres à la situation de la requérante, notamment relatifs à son état de santé, à raison desquels le préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour au titre de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Alors même qu'elle ne ferait que reprendre l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration, la décision de refus de séjour est suffisamment motivée au regard de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
3. En deuxième lieu, la requérante soutient que le préfet d'Indre-et-Loire ne fait état dans son arrêté que de l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration alors que cet avis ne le lie pas. Toutefois, après avoir rappelé que dans son avis du 21 juin 2023, le collège des médecins a estimé que l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et qu'au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, l'état de santé de l'intéressée peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine, le préfet a indiqué qu'après un examen approfondi de la situation, aucun élément du dossier ni aucune circonstance particulière ne justifie de s'écarter de cet avis. Ainsi, le préfet ne s'est pas cru lié par l'avis du collège de médecins mais a estimé qu'aucun élément du dossier de la requérante et aucune circonstance particulière ne permettait de contredire l'avis du collège des médecins. Il suit de là que le préfet n'a pas méconnu sa compétence.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". En vertu de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins. Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. En cas de défaut de présentation de l'étranger lorsqu'il a été convoqué par le médecin de l'office ou de production des examens complémentaires demandés dans les conditions prévues au premier alinéa, il en informe également le préfet. Dans ce cas le récépissé de demande de première délivrance d'un titre de séjour prévu à l'article R. 431-12 n'est pas délivré. Lorsque l'étranger dépose une demande de renouvellement de titre de séjour, le récépissé est délivré dès la réception, par le service médical de l'office, du certificat médical mentionné au premier alinéa. Le collège peut demander au médecin qui suit habituellement le demandeur, au médecin praticien hospitalier ou au médecin qui a rédigé le rapport de lui communiquer, dans un délai de quinze jours, tout complément d'information. Le demandeur en est simultanément informé. Le collège de médecins peut entendre et, le cas échéant, examiner le demandeur et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. Il peut être assisté d'un interprète et d'un médecin. Lorsque l'étranger est mineur, il est accompagné de son représentant légal. () ". Enfin, en vertu de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, le collège de médecins du service médical de l'OFII désigné afin d'émettre un avis doit préciser : " a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".
5. D'une part, la requérante soutient qu'il n'est pas démontré que l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration a été émis conformément à l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 précité, notamment quant à la collégialité des débats. Toutefois, le préfet d'Indre-et-Loire produit l'avis du collège des médecins en date du 21 juin 2023 qui mentionne le nom du médecin rapporteur ainsi que les noms des trois médecins formant le collège qui ont rendu l'avis, lequel ne comprend pas le médecin rapporteur, ainsi que le " bordereau de transmission " mentionnant que le rapport médical a été établi le 21 mai 2023 par le docteur B C et que le rapport de ce médecin a été transmis au collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration le 22 mai 2023 lequel a rendu son avis le 21 juin 2023. Il s'ensuit que l'avis a été émis dans le respect des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'arrêté du 27 décembre 2016, notamment dans le respect de la règle selon laquelle le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Par suite, le moyen de la requérante tiré de l'irrégularité de la procédure suivie devant le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ne peut être accueilli.
6. D'autre part, selon l'avis du 23 juin 2023 du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration, l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers ce pays. Si la requérante fait valoir que sa prise en charge médicale est impérative car son défaut aurait pour conséquence d'engager son pronostic vital, l'arrêté attaqué ne remet pas en cause la gravité de son état de santé mais estime qu'elle peut bénéficier d'un traitement approprié à cet état en Albanie. Si la requérante fait valoir qu'elle ne peut accéder effectivement à un traitement dans ce pays compte tenu des caractéristiques de son système de santé, aucun des compte-rendu d'hospitalisation et de consultation des 19 juin, 22 juillet, 10 août et 12 septembre 2023 qu'elle produit ne précisent qu'elle ne pourrait bénéficier de soins appropriés dans son pays d'origine. Il en va de même des convocations médicales produites. Par ailleurs, l'article de l'organisation mondiale de la santé, également produit par l'intéressée, intitulé " l'Albanie doit étendre la couverture de sa population pour instaurer la couverture sanitaire universelle " qui estime notamment qu'environ un tiers de la population albanaise n'est pas assuré malgré des restes à charge considérables et que 12 % des foyers albanais font face à des dépenses de santé catastrophiques, qui ne porte d'ailleurs pas sur les caractéristiques du système de santé de l'Albanie mais sur celles de son système de sécurité sociale, est insuffisant pour remettre en cause l'avis du collège de médecins et la décision du préfet. Par suite, la requérante ne peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ;() ". Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles ci-dessus mentionnés. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la requérante ne justifie pas satisfaire aux conditions prévues par les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le moyen tiré du défaut de saisine de la commission du titre de séjour ne peut qu'être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
8. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire est motivée. ".
9. En l'espèce, l'obligation de quitter le territoire attaquée du 11 juillet 2023 vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention de Schengen, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le code des relations entre le public et l'administration et mentionne les éléments de fait propres à la situation de la requérante, notamment relatifs à sa situation administrative au regard de son droit au séjour et à sa situation familiale, à raison desquels le préfet l'a obligé à quitter le territoire français à destination de son pays d'origine. Ainsi, quel que soit le bien-fondé de ses motifs, l'obligation de quitter le territoire est suffisamment motivée en application des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. En deuxième lieu, il ressort de ce qui a été dit ci-dessus que la décision de refus de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire doit être annulée en raison de l'illégalité du refus de séjour.
11. Enfin, l'obligation de quitter le territoire n'a pas pour objet de fixer le pays de destination de l'étranger, lequel est déterminé par une décision distincte et, par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison des risques encourus en cas de retour en Albanie est inopérant à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire.
Sur la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :
12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 613-1 du même code : " () / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".
13. En premier lieu, si la requérante soutient que le préfet d'Indre-et-Loire n'a pas motivé sa décision fixant le délai de départ volontaire, l'arrêté attaqué rappelle les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'intéressée ne fait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé. Par suite, la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours est suffisamment motivée.
14. En second lieu, dès lors que les décisions de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire ne sont pas entachées d'illégalité, la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire en raison de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
15. En premier lieu, la décision fixant le pays de renvoi mentionne la nationalité de la requérante, vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et indique que l'intéressée n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, elle est suffisamment motivée.
16. En second lieu, il ressort de ce qui a été dit ci-dessus que les décisions de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire ne sont pas entachées d'illégalité. Par suite, la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi en raison de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire.
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
17. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 621-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Aux termes de l'article L. 613-2 du code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7,
L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
18. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
19. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
20. En premier lieu, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français vise l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle les termes de l'article L. 612-10 du code et mentionne que nonobstant le fait que la présence de l'intéressée ne constitue pas un trouble à l'ordre public, elle est entrée récemment sur le territoire français le 11 mars 2017 de façon irrégulière, qu'elle est originaire d'un pays sûr au sens de l'article L. 531-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'elle est sans liens forts et intenses avec la France puisqu'elle est arrivée sur le territoire à l'âge de quarante-huit ans, qu'elle a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 19 octobre 2021 à laquelle elle s'est soustraite et s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire français jusqu'au dépôt d'une nouvelle demande d'admission au séjour pour raisons médicales le 10 mars 2023 et qu'ainsi, une interdiction de retour d'une durée d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au regard de sa vie privée et familiale. Ainsi, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée.
21. En second lieu, la requérante soutient qu'il ressort des dispositions des articles
L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français et sa durée doit prendre en considération quatre critères, qu'en l'espèce, le préfet d'Indre-et-Loire a précisé d'emblée qu'elle ne constituait pas une menace à l'ordre public et qu'ainsi, il n'a justifié sa décision qu'au regard de trois critères sur quatre. Toutefois, les dispositions précitées n'imposent pas que l'étranger remplisse les quatre critères qui y sont mentionnés mais précisent que l'édiction et la durée d'une interdiction de retour sur le territoire français doit être appréciée au regard de ces quatre critères. Par suite, alors même que la requérante ne représente pas une menace pour l'ordre public, le préfet d'Indre-et-Loire était en droit, pour les motifs rappelés ci-dessus qui ne sont pas contestés, prendre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
22. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au préfet d'Indre-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
Jean-Michel DELANDRE
Le greffier,
Roger MBELANILa République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026