mardi 5 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303309 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ELFASSI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 août 2023 et un mémoire enregistré le 21 août 2023, l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement (ASPIE) demande à la juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des arrêtés préfectoraux PC037 010 21 R008, PC037 010 21 R009, PC037 010 21 R010, PC037 010 21 R011, PC037 010 21 R012, PC037 010 21 R013, et PC037 010 21 R014 par lesquels le préfet d'Indre-et-Loire a, le 20 juin 2023, accordé à la SAS SOCOA des permis de construire une ferme agrivoltaïque d'une puissance d'environ 120 Mwc avec clôture et locaux techniques sur une emprise totale de 155 hectares au profit d'environ 30 000 ménages ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
- qu'il y a urgence ;
- qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions :
* l'enquête publique est entachée d'irrégularités, le commissaire enquêteur était partial ;
* la réserve portée par le commissaire enquêteur dans son avis n'a pas été levée ce qui équivaut à un avis défavorable ;
* des solutions alternatives auraient dû être recherchées ;
* le projet émet du CO2 et contribue au réchauffement climatique ;
* l'article L. 314-36 du code de l'énergie est méconnu : l'installation ne permet pas l'amélioration du potentiel agronomique d'une exploitation qui n'existait pas avant ; elle n'est pas adaptée au changement climatique, produisant plus de chaleur que d'électricité ; elle n'assure aucune protection contre les aléas ; elle n'améliore pas le bien-être des animaux qui n'étaient pas là auparavant ; elle ne permet pas à la production agricole d'être l'activité principale ; elle n'est pas irréversible ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2023, la SAS Socoa, représentée par Me Elfassi conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'association requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que,
- la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire : l'urgence n'est pas constituée, et il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité des arrêtés.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 août 2023, le préfet d'Indre et Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable. En tout état de cause, l'urgence n'est pas constituée, et il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité des arrêtés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 7 août 2023 sous le numéro 2303308 par laquelle l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 31 août 2023 en présence de M. Boussières, greffier d'audience, ont été entendus le rapport de Mme C et :
- les observations de M. B représentant l'ASPIE qui fait valoir qu'il y a urgence car le potentiel agronomique des terres agricoles sera détruit par les fouilles archéologiques préventives et que l'exécution des permis peut débuter, que des doutes sérieux sur la légalité des arrêtés existent dès lors qu'il ne s'agit pas d'un projet agricole mais uniquement d'un projet photovoltaïque, que l'agriculteur sera salarié, que le photovoltaïque n'apparaît être une solution efficace au regard du réchauffement climatique, que des terres agricoles sont détruites irrémédiablement alors que le projet agricole présenté n'est pas viable, que le dossier de l'enquête publique était très difficile à lire ;
- les observations de Mmes A et Rinaldy-Sellier représentant le préfet d'Indre-et-Loire qui rappellent les écritures produites en défense et insistent sur la non existence d'une situation d'urgence, ce d'autant plus que les permis en litige devront être jugés dans un délai de dix mois en application de l'article R. 311-6 du code de justice administrative ;
- les observations de Me Elfassi représentant la société Socoa qui reprend ses écritures et précise notamment que l'intérêt à agir de l'association n'est pas démontré du fait d'une insuffisante précision de son champ territorial, que la requête est irrecevable faute de moyens, que la condition d'urgence n'est pas établie, la présomption d'urgence en matière de permis de construire n'étant pas irréfragable, qu'il s'agit bien d'un projet agricole porté par des agriculteurs et avec le soutien de la chambre d'agriculture, que les moyens, à les supposer soulevés, ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée : l'enquête publique n'est pas viciée, les substitutions possibles ont été envisagées, le projet agricole est autonome, le moyen tiré de la non utilité du projet au regard du mix énergétique de la France est inopérant.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
Sur le doute sérieux quant à la légalité de décision attaquée :
2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens ci-dessus visés n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées. Dès lors, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité et sur l'urgence, l'une des deux conditions posées par l'article
L. 521-1 précité du code de justice administrative n'étant pas remplie, il y a lieu, de rejeter les conclusions de l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement et autres aux fins de suspension de l'exécution des arrêtés du 20 juin 2023.
Sur les conclusions formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante, ni à celle de la société Socoa. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement une somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par la société Socoa.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la société Socoa présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Association pour la santé, la protection et l'information sur l'environnement, à la société Socoa et au préfet d'Indre-et-Loire.
Fait à Orléans, le 5 septembre 2023.
La juge des référés,
Armelle C
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026