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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2303385

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2303385

vendredi 23 février 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2303385
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCABINET LEXGLOBE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I- Par une requête n° 2303385, enregistrée le 9 aout 2023 et des pièces complémentaires enregistrées le 29 novembre 2023 et le 21 février 2024, M. D B, représenté par Me Monconduit, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) à titre subsidiaire d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher ou au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " vie privée ou familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à défaut de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrer un titre de séjour :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une motivation insuffisante ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation professionnelle, privée et familiale ;

- elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- du fait de l'illégalité du refus de délivrer un titre de séjour, elle est illégale ;

La requête a été communiquée au préfet de Loir-et-Cher qui n'a pas produit de mémoire en défense.

II- Par une requête n° 2303386, enregistrée le 9 aout 2023, et des pièces complémentaires enregistrées le 29 novembre 2023 et le 21 février 2024, Mme A F épouse B, représentée par Me Monconduit, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui renouveler le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) à titre subsidiaire d'annuler l'arrêté du 30 juin 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher ou au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " vie privée ou familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à défaut de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrer un titre de séjour :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une motivation insuffisante ;

- elle entachée d'un vice de procédure, en méconnaissance de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'irrégularité de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation professionnelle, privée et familiale, ainsi que de son état de santé ;

- elle méconnait l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délivrer un titre de séjour, elle est illégale ;

La requête a été communiquée au préfet de Loir-et-Cher qui n'a pas produit de mémoire en défense.

III- Par une requête n° 2400641 et un mémoire, enregistrés le 16 février 2024 et le 20 février 2024 et des pièces complémentaires enregistrées le 19 février 2024 et le 21 février 2024, M. D B, représenté par Me Monconduit, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 janvier 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours dans le département de Loir-et-Cher, l'a obligé à se présenter les mercredi et samedi de chaque semaine au commissariat de Blois et lui interdit de sortir du département de Loir-et-Cher ;

2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation administrative dans un délai d'un mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant assignation à résidence est entachée d'un vice d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- les motifs de la décision, notamment tenant au caractère périmé de son passeport et au fait qu'il se soit soustrait à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français sont erronés ;

- les perspectives raisonnables de la mise en œuvre de son éloignement ne sont pas explicitées par le préfet ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et familiale ;

- elle méconnait l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte atteinte à la liberté d'aller et venir ;

- elle est disproportionnée par rapport aux buts poursuivis ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation

Par un mémoire, enregistré le 20 février 2024, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

IV- Par une requête n° 2400642 et un mémoire, enregistrés le 16 février 2024 et le 20 février 2024 et des pièces complémentaires enregistrées le 19 février 2024 et le 21 février 2024, Mme A F épouse B, représentée par Me Monconduit, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 janvier 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher l'a assignée à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours dans le département de Loir-et-Cher, l'a obligée à se présenter les mercredi et samedi de chaque semaine au commissariat de Blois et lui interdit de sortir du département de Loir-et-Cher ;

2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation administrative dans un délai d'un mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision portant assignation à résidence est entachée d'un vice d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- les motifs de la décision, notamment tenant au caractère périmé de son passeport et au fait qu'il se soit soustrait à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français sont erronés ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et familiale ;

- elle méconnait l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte atteinte à la liberté d'aller et venir ;

- elle est disproportionnée par rapport aux buts poursuivis ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire enregistré le 20 février 2024, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A F épouse B ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées aux articles L. 776-1 à L. 777-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les observations de Me De Cabral de Brito, représentant Mme F épouse B et M. B, insistant sur le caractère régulier de leur entrée en France, la durée de cinq ans de leur séjour, leur vie privée et familiale, les époux B résidant avec leur trois enfants, âgés de 18, 16 et 4 ans, l'aîné se présentant aux épreuves du baccalauréat cette année. Elle ajoute qu'ils entretiennent des relations avec leurs frères et sœurs présents en France et en situation régulière. Elle précise que l'état de santé de cette dernière a justifié la délivrance d'un titre de séjour valable entre 2020 et 202. Elle rappelle que les époux B démontrent d'une intégration par le travail du fait de leur expérience professionnelle respective. Elle réaffirme que la famille ne peut pas se reconstituer en Tunisie, sauf à envisager la déscolarisation des enfants. Enfin, elle fait état des difficultés engendrés par l'obligation de se présenter au commissariat de Blois du fait de leur emploi respectif et de la garde de leur fille benjamine.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F épouse B, née le 7 décembre 1982 et M. B, né le 6 décembre 1979, ressortissants tunisiens, sont entrés régulièrement en France en 2018. Le 13 mars 2019, ils ont demandé leur admission exceptionnelle au séjour. Par deux arrêtés du 2 septembre 2019, le préfet de Loir-et-Cher a refusé de leur délivrer un titre de séjour et les a obligés à quitter le territoire français. Les recours contre ces arrêtés ont été rejetés par un jugement du tribunal administratif d'Orléans n°s 1903576 et 1903578 du 11 février 2020. En raison de son état de santé, Mme F épouse B a été titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", délivré le 17 novembre 2020 et valable jusqu'au 26 octobre 2021. Sa demande de renouvellement de ce titre de séjour a été rejetée par l'arrêté du 30 juin 2023, le préfet de Loir-et-Cher l'obligeant également à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par l'arrêté du 7 juillet 2023, le préfet de Loir-et-Cher a refusé de faire droit à la dernière demande de titre de séjour de M. B et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par deux arrêtés du 15 janvier 2024, le préfet de Loir-et-Cher a assigné Mme F épouse B et M. B à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans le département de Loir-et-Cher, les a obligés à se présenter les mercredi et samedi de chaque semaine au commissariat de Blois et leur a interdit de sortir du département de Loir-et-Cher. Mme F épouse B et M. B demandent l'annulation de ces quatre arrêtés.

2. Ainsi qu'il a été dit au point 1, Mme F épouse B et M. B ont fait l'objet respectivement d'une mesure d'assignation à résidence sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En application des dispositions des articles L 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de statuer sur les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et assignation à résidence. La formation de droit commun du tribunal reste saisie des conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, des conclusions accessoires à ces dernières ainsi que de celles relatives au frais de l'instance.

Sur la jonction :

3. Les requêtes n°s 2303385, 2303386, 2400641 et 2300642 présentées par Mme F épouse B et M. B concernent leur situation commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté du 30 juin 2023 :

4. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable./ La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé./ Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ".

5. En l'absence de production de l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur lequel s'est notamment fondé le préfet de Loir-et-Cher pour refuser de renouveler le titre de séjour délivré à Mme F épouse B, pourtant relevée par les requérants, le moyen tiré du défaut de l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être accueilli.

En ce qui concerne les arrêtés des 7 juillet 2023 et 30 juin 2023 :

6. Mme F épouse B et M. B se prévalent de la durée de leur séjour en France, soit cinq ans à la date des décisions attaquées, de leurs attaches familiales, tels que leurs frères et sœurs respectifs, et de la scolarité de leurs trois enfants, notamment celle de leur fils ainé qui se présente aux épreuves du baccalauréat à l'issue de l'année scolaire 2023-2024. Ils mettent en avant l'état de santé de Mme F épouse B, qui nécessite la poursuite d'un traitement médicamenteux et d'un suivi médical en France. Si les époux B se sont maintenus en France malgré les obligations de quitter le territoire français de 2019, un titre de séjour a été délivré à Mme F épouse B dès 2020 en raison de son état de santé. D'ailleurs, elle produit des documents de prise en charge et de suivi de la rémission en cours du cancer qui lui a été diagnostiqué dès 2019, et pour lequel elle a subi une opération chirurgicale la même année, les derniers documents datant de 2023. Par ailleurs, les époux produisent de nombreuses attestations et pièces témoignant de la stabilité et de l'intensité des relations avec leurs attaches familiales en France et de leur volonté d'intégration notamment par leurs activités professionnelles. En outre, les requérants affirment que la présence de M. B auprès de sa conjointe et de leurs enfants est indispensable à la cellule familiale, par son soutien notamment moral et psychologique pendant les cinq années de suivi thérapeutique de sa conjointe. Dans ces circonstances, en refusant de délivrer un titre de séjour à Mme F épouse B et à M. B, par les arrêtés des 30 juin et 7 juillet 2023, le préfet de Loir-et-Cher a porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ils ont été pris. Par suite, ces arrêtés méconnaissent l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes n°2303385 et 23003386, que Mme F épouse B et M. B sont fondés à demander l'annulation, par la voie de l'exception, des décisions contenues dans les arrêtés du 30 juin 2023 et du 7 juillet 2023, par lesquelles le préfet de Loir-et-Cher les a obligés à quitter le territoire français. Par voie de conséquence, les décision fixant le pays de destination de ces mesures d'éloignement doivent également être annulées. Les arrêtés du 15 janvier 2024 portant assignation à résidence, qui n'auraient pu être pris en l'absence de ces mesures d'éloignement, doivent être également annulés par voie de conséquence.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision ". Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".

9. L'exécution du présent jugement, compte tenu des dispositions précitées de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, implique seulement qu'il soit enjoint au préfet de Loir-et-Cher de délivrer respectivement à Mme F épouse B et à M. B une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer leur situation dans un délai de deux mois.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme F épouse B et M. B à l'encontre des décisions leur refusant un titre de séjour contenues dans les arrêtés du préfet de Loir-et-Cher des 30 juin 2023 et 7 juillet 2023, les conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont renvoyées devant la formation collégiale de ce tribunal.

Article 2 : Les arrêtés du préfet de Loir-et-Cher du 30 juin 2023 et 7 juillet 2023 sont annulés en tant qu'ils font obligation à Mme F épouse B et à M. B de quitter le territoire français et fixent le pays de destination de ces mesures d'éloignement.

Article 3 : Les arrêtés du préfet de Loir-et-Cher du 15 janvier 2024 portant assignation à résidence sont annulés.

Article 4 : Il est enjoint au préfet de Loir-et-Cher de délivrer une autorisation provisoire de séjour à Mme F épouse B et à M. B dans un délai de deux mois.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F épouse B et à M. D B, et au préfet de Loir-et-Cher.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2024.

La magistrate désignée,

E C

La greffière,

Nathalie ARCHENAULT

La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2303385

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