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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2303415

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2303415

vendredi 15 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2303415
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGRIOLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 14 août 2023, sous le n° 2303415, Mme B A, représentée par Me Griolet, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) à titre principal, d'annuler la décision du 31 juillet 2023 par laquelle la préfète du Loiret l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'obligation de quitter le territoire français jusqu'à la date de lecture en audience publique de la cour nationale du droit d'asile ou jusqu'à la date de notification d'une ordonnance ;

4°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter du jugement, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

5°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile dans un délai de quinze jours à compter du jugement sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

6°) de mettre à la charge de la préfète du Loiret la somme de 1 500 euros à verser à Me Griolet en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision n'a pas été matériellement établie dans un arrêté remis à son destinataire, en l'absence de production d'une telle décision, elle doit être annulée ;

- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;

- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- il n'y a pas de preuve de la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;

- la décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

La demande de suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est fondée dans la mesure où elle présente des éléments sérieux et nouveaux de nature à justifier son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile

La procédure a été communiquée à la préfète du Loiret qui n'a pas produit d'observations en défense.

II. Par une requête enregistrée le 7 septembre 2023, sous le n° 2303674, Mme B A, représentée par Me Griolet, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 5 septembre 2023 par laquelle la préfète du Loiret l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) de mettre à la charge de la préfète du Loiret la somme de 1 500 euros à verser à Me Griolet en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 733-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les droits de la défense.

La procédure a été communiquée à la préfète du Loiret qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention des Nations-Unies sur les droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les observations de Mme A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante guinéenne née le 23 novembre 1995, a déclare être entrée en France en 2017. Par une décision du 31 juillet 2018, l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) a refusé de faire droit à sa demande d'asile. Par un jugement du 6 juin 2019, la cour nationale du droit d'asile a rejeté son recours formé à l'encontre de cette décision. Le 24 mars 2023, Mme A a formé une demande de réexamen de sa demande d'asile. Par une décision du 28 mars 2023, l'OFPRA a rejeté sa demande comme irrecevable. Mme A a déposé un recours devant la Cour Nationale du Droit d'Asile (CNDA) contre cette décision. Le 31 juillet 2023, la préfète du Loiret a pris à son encontre, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un arrêté portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un arrêté du 5 septembre 2023, la préfète du Loiret l'a assignée à résidence dans le département du Loiret pour une durée de quarante-cinq jours. Mme A demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°s 2303415 et 2303674 présentent à juger à titre principal de la légalité d'une décision d'éloignement prise à l'encontre d'un ressortissant étranger et d'une assignation à résidence de l'intéressée en vue de l'exécution de cette décision d'éloignement. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement () ". Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ".

4. En application de ces dispositions, il y a lieu, eu égard aux circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français

5. En premier lieu, il ressort des pièces que la préfète du Loiret a bien produit l'arrêté du 31 juillet 2023 attaqué.

6. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Christophe Carol, secrétaire général adjoint de la préfecture du Loiret. Par un arrêté du 27 juillet 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, Mme D F, préfète du Loiret, a donné délégation à M. Carol, en cas d'absence ou d'empêchement de M. Benoît Lemaire, secrétaire général, à l'effet de signer notamment " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département du Loiret ", à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figure pas l'arrêté attaqué. Il n'est pas établi, ni même allégué, que M. Lemaire n'aurait pas été absent ou empêché. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

7. En troisième lieu, l'arrêté du 31 juillet 2023 vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment le 4° de l'article L. 611-1 dont il fait application. Cet arrêté mentionne que la demande d'asile de Mme A a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 20 août 2018 et celle de la Cour nationale du droit d'asile du 6 juin 2019, que sa demande de réexamen a été rejetée comme irrecevable par décision de l'OFPRA du 28 mars 2023. Ainsi, la décision faisant obligation à Mme A de quitter le territoire français, qui comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, satisfait l'exigence de motivation.

8. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. " Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : a) une décision d'irrecevabilité prise en application des 1° ou 2° de l'article L. 531-32 () "

9. Il résulte des termes de l'arrêté préfectoral que la décision de la CNDA en date du 6 juin 2019 rejetant son recours formé contre la décision de l'OFPRA en date du 31 juillet 2018 lui a été notifiée le 12 juin 2019, que sa demande de réexamen, présentée devant l'OFPRA le 24 mars 2023, a été rejetée le 28 mars suivant et que cette décision lui a été notifiée le 30 mars 2023. La requérante n'établit pas l'inexactitude de ces mentions. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de preuve de notification de la décision de l'OFPRA doit être écarté.

10. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Loiret, qui relève dans son arrêté que Mme A a déclaré être entrée en France en 2017, être célibataire et mère d'un enfant mineur et qu'aucun changement quant à sa situation familiale n'a été signalé, n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de Mme A avant de lui faire obligation de quitter le territoire français.

11. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". L'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant stipule que : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7,

L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

12. Si M. A se prévaut d'une entrée en France le 16 décembre 2017, elle ne l'établit pas par les pièces versées au débat. Par ailleurs, si elle fait valoir qu'elle est mère d'un enfant scolarisé en France et que le père de son fils est titulaire d'une carte de séjour, elle se borne toutefois à produire la carte de séjour temporaire de ce dernier qui n'était valable que jusqu'au 15 juin 2022. Par ailleurs, il est constant que la situation de son fils est indissociable de la sienne, l'OFPRA ayant également pris une décision d'irrecevabilité à la demande d'asile qu'elle a déposée au nom de ce dernier. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, la décision faisant obligation à Mme A de quitter le territoire français n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, et alors que l'intéressée ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article

L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre de l'arrêté litigieux qui ne se prononce pas sur son droit au séjour, la mesure d'éloignement contestée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

En ce qui concerne la décision désignant le pays de renvoi :

13. En septième lieu, les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée par Mme A à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays à destination duquel elle sera éloignée ne peut qu'être écartée par voie de conséquence.

14. En huitième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

15. Si Mme A allègue avoir subi des persécutions du fait de son extraction d'un mariage forcé, des violences que son époux lui a fait subir et de sa relation adultérine de laquelle est née son fils, elle n'apporte, à l'appui de sa requête, aucun élément précis et circonstancié sur sa situation, et n'apporte, en tout état de cause, pas la preuve d'autres faits que ceux qui ont pu être allégués devant l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et devant la Cour nationale du droit d'asile, en vue de justifier une appréciation différente de celle déjà portée sur les conséquences qu'aurait pour sa situation personnelle un retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :

16. En neuvième lieu, l'arrêté d'assignation à résidence attaqué a été signé par Mme I E, adjointe à la cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement de la direction des migrations et de l'intégration de la préfecture du Loiret, pour la préfète et en l'absence de M. Lemaire, secrétaire général, de M. Carol, secrétaire général adjoint, de M. G, directeur de cabinet et de Mme H, directrice des migrations et de l'intégration. Par un arrêté du 14 avril 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, Mme F, préfète du Loiret, a donné délégation à Mme E, en cas d'absence ou d'empêchement concomitant de M. Lemaire, de M. Carol, de M. G et de Mme H, à l'effet de signer les décisions d'assignation à résidence. Il n'est ni allégué, ni établi que ces autorités ne se trouvaient pas concomitamment absentes ou empêchées à la date à laquelle a été pris l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

17. En dixième lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ". La décision contestée, qui comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent, est suffisamment motivée. Par suite, le moyen doit être écarté.

18. En onzième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable une fois dans la même limite de durée. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. / Il se présente également, lorsque l'autorité administrative le lui demande, aux autorités consulaires, en vue de la délivrance d'un document de voyage. ". Aux termes de l'article L. 733-2 du même code : " L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures. () ". Aux termes de l'article R. 733-1 dudit code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure :

/ 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".

19. Il ressort de ces dispositions qu'une mesure d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile consiste, pour l'autorité administrative qui la prononce, à déterminer un périmètre que l'étranger ne peut quitter et au sein duquel il est autorisé à circuler et, afin de s'assurer du respect de cette obligation, à lui imposer de se présenter, selon une périodicité déterminée, aux services de police ou aux unités de gendarmerie. Une telle mesure n'a pas, en dehors des hypothèses où elle inclut une astreinte à domicile pour une durée limitée, pour effet d'obliger celui qui en fait l'objet à demeurer à son domicile. Dès lors, les décisions par lesquelles le préfet assigne à résidence, sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les étrangers faisant l'objet d'une décision d'obligation de quitter le territoire français peuvent être prononcées à l'égard des étrangers qui ne disposent que d'une simple domiciliation postale. L'indication dans de telles décisions d'une adresse qui correspond uniquement à une domiciliation postale ne saurait imposer à l'intéressé de demeurer à cette adresse.

20. Il ressort des pièces du dossier que la préfète du Loiret a entendu prononcer à l'encontre de Mme A une astreinte à domicile, celle-ci devant être présente au domicile indiqué dans l'arrêté en litige tous les jours de 6h à 8h. Or, la requérante soutient, sans être contredite sur ce point, que l'adresse mentionnée dans l'arrêté d'assignation correspond à une simple domiciliation postale. Eu égard à ce qui a été rappelé au point 19 du présent jugement, la préfète du Loiret ne pouvait ainsi imposer à l'intéressée, par l'article 3 de l'arrêté attaqué, de demeurer à l'adresse indiquée dans ce même arrêté. La requérante est ainsi fondée soutenir que la mesure d'assignation attaquée doit être annulée en tant qu'elle lui impose une astreinte à domicile.

21. Il ressort des pièces du dossier que la préfète du Loiret a assigné à résidence la requérante dans le département du Loiret pour une durée de quarante-cinq jours et l'a enjoint de se présenter chaque mardi et jeudi à 9h30 auprès de la brigade mobile de recherche à Orléans. En se prévalant de la nécessité d'accompagner son fils à l'école, la requérante ne démontre pas que les obligations limitées qui lui sont imposées par la mesure en litige revêtiraient un caractère disproportionné par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et méconnaitrait les droits de la défense en ce qu'elle l'empêcherait de rendre visite à son avocat.

Sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français présentées sur le fondement de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :

22. Aux termes de l'article L. 542-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b, c ou d du 1° de l'article L. 542-2, l'étranger peut demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement. / Cette demande est présentée dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 752-5 à L. 752-12 lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2. () ". Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ". En application de l'article L. 752-11 du même code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. ".

23. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a formé un recours auprès de la Cour nationale du droit d'asile à l'encontre de la décision du 28 mars 2023 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qui a rejeté sa demande de réexamen.

24. A l'appui de sa demande de suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, Mme A fait valoir qu'elle dispose de nouvelles pièces et que depuis la naissance de son fils elle craint du fait de la relation adultérine qu'elle a eu, qu'elle souhaite soumettre à l'appréciation de la Cour nationale du droit d'asile à l'appui de son récit. Ces éléments sont toutefois insuffisants pour permettre de regarder Mme A comme présentant des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire français durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, il n'y a pas lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre.

25. Il résulte de ce qui précède que la requérante est seulement fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 5 septembre 2023 l'assignant à résidence en tant qu'il prévoit, en son article 3, une astreinte à domicile à une adresse qui ne constitue qu'une simple domiciliation postale.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

26. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution particulière. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante.

Sur les frais liés au litige :

27. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la requérante en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 5 septembre 2023 assignant à résidence Mme A est annulé seulement en tant qu'il lui impose, à son article 3, une astreinte à domicile.

Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes n°s 2303415 et n° 2303674 est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié Mme B A et à la préfète du Loiret.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2023.

La magistrate désignée,

Anne-Laure C

La greffière,

Nathalie ARCHENAULT

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement

N°s 2303415

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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