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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2303572

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2303572

mardi 23 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2303572
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET FALLOURD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 août 2023 et des pièces enregistrées le 29 janvier 2024, M. A C B, représenté par Me Fallourd, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2023 notifié le 29 août 2023 par lequel la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé l'Angola ou tout pays dans lequel il est légalement admissible comme pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de réexaminer sa situation.

Il soutient que la préfète a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en considérant qu'il ne présente aucun motif exceptionnel de nature à ce que lui soit accordé un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2023, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Lefebvre-Soppelsa.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C B, ressortissant angolais né en 1983, est entré sur le territoire français le 7 septembre 2019 muni d'un titre de séjour italien valable jusqu'au 23 décembre 2021, qui ne l'autorisait à séjourner en France que pour une durée de 90 jours. Il a sollicité son admission au séjour à titre exceptionnel le 14 octobre 2020. Par arrêté du 3 juillet 2023, la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé l'Angola ou tout pays dans lequel il est légalement admissible comme pays de destination. Par un arrêté du même jour, la préfète d'Eure-et-Loir l'a assigné à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de six mois.

Sur l'étendue du litige :

2. Par un jugement du 6 septembre 2023 le magistrat désigné, saisi en application des dispositions des articles L. 614-3 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-17 du code de justice administrative, a renvoyé les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 3 juillet 2023 portant refus de titre de séjour ainsi que les conclusions présentées à titre accessoire à une formation collégiale du présent tribunal et rejeté d'une part les conclusions dirigées contre cet arrêté du 3 juillet 2023 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination, d'autre part la requête dirigée contre l'arrêté du 3 juillet 2023 portant assignation à résidence.

Sur les conclusions restant à juger :

3. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / (). ". Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu laisser à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que celui-ci fait valoir. Dans ces conditions, il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'elle a portée sur l'un ou l'autre de ces points.

4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le requérant, présent en France depuis septembre 2019, y travaille en qualité d'électricien sous couvert d'un contrat à durée indéterminée établi le 20 novembre 2019. Toutefois, ce seul élément n'est pas suffisant pour établir que son admission au séjour en qualité de " salarié " répondrait à des motifs exceptionnels, quand bien même les services de la main d'œuvre étrangère ont émis un avis favorable le 15 mai 2023. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le requérant n'est pas dépourvu d'attaches en Angola, où il a vécu jusqu'à l'âge de 36 ans et où résident ses trois enfants. Dans ces circonstances, la préfète d'Eure-et-Loir n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en lui refusant la délivrance d'un titre sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées. Le moyen unique doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A C B restant à juger doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête restant à juger sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et au préfet d'Eure-et-Loir.

Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,

Mme Best-de Gand, première conseillère,

Mme Defranc-Dousset, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 avril 2024.

La présidente-rapporteure,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

L'assesseure la plus ancienne,

Armelle BEST-DE GAND

La greffière,

Sarah LEROY

La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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