lundi 2 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303949 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | KONATE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 septembre 2023 et des pièces complémentaires enregistrées le 29 septembre 2023, M. A C, représenté par Me Konate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet de Loir-et-Cher du 15 mai 2023 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire de deux ans, ensemble l'arrêté du 25 septembre 2023 portant assignation à résidence ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre principal de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire de réexaminer sa situation ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure car la commission du titre de séjour devait être consultée dès lors qu'il justifie de plus de 10 ans de présence sur le territoire français, ainsi qu'il en justifie et que le mentionne l'arrêt de la cour administrative de Marseille en date du 25 avril 2022 annulant le jugement du tribunal administratif de Nice du 29 septembre 2020 qui retient qu'il a versé " au débat des pièces nombreuses et variées attestant de sa présence en France entre 2013 et 2019 " ; il démontre la continuité de sa présence sur le territoire français depuis le mois décembre 2012 jusqu'au mois de mai 2023 ; si son passeport a été effectivement renouvelé à Rome le 15 mai 2015, c'est sa sœur, munie d'une procuration qui est allée le chercher ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) car il justifie de l'existence de motifs exceptionnels et/ou humanitaires permettant de le régulariser au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, d'une part car ainsi que l'a retenu le jugement du 1er août 2008 qui a annulé l'arrêté de reconduite à la frontière prononcée par le préfet des Alpes-Maritimes, il encourt un risque de traitements inhumains et dégradants encourus en cas de retour au Congo, où son père et une partie de sa fratrie ont été assassinés pour des raisons politiques, d'autre part il justifie l'ancienneté de sa présence sur le territoire et de sa volonté d'insertion ; il a ainsi travaillé comme serveur pendant trois années et depuis février 2023 il travaille en contrat à durée indéterminée en qualité de conducteur installation, il est locataire de son logement et son unique famille, sa sœur, réside en France, en situation régulière ;
- elle méconnaît l'article L.423-23 du CESEDA et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH) car elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tenant au défaut de la consultation de la commission du titre de séjour ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la CEDH ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- il ne représente en aucun cas une menace pour l'ordre public ;
- cette mesure le prive de toute possibilité de poursuivre son activité professionnelle déjà bien établie et de toute autres démarches d'intégration ;
- elle est disproportionnée au but recherché ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tenant au défaut de la consultation de la commission du titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 3 de la CEDH ;
S'agissant de l'assignation à résidence :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- tant la mesure d'assignation à résidence que sa durée, ses conditions d'application et les obligations complémentaires dont elle peut être assortie ne sont pas justifiées et proportionnées aux raisons l'ayant motivée ; les limites géographiques de l'assignation à résidence, l'interdiction de sortie de cet espace sans autorisation ainsi que la fréquence du pointage apparaissent disproportionnés au regard de l'objectif poursuivi ; le préfet n'a pas tenu compte des contraintes inhérentes à son activité professionnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait l'article 8 de la CEDH.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2023, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Konate, représentant M. C, présent, qui a conclu aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Le préfet de Loir-et-Cher n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C qui a, en dernier lieu, saisi le préfet de Loir-et-Cher d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour le 10 juin 2022, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du préfet de Loir-et-Cher du 15 mai 2023 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire de deux ans, ensemble l'arrêté du 25 septembre 2023 portant assignation à résidence.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre les requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur l'étendue du litige :
3. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-3 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, qu'en cas d'assignation à résidence du requérant, il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination, et assignant à résidence, dont il pourrait être saisi. Toutefois, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision relative au séjour.
4. Les conclusions de la requête de M. C aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet de Loir-et-Cher en date du 15 mai 2023 en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour doivent être renvoyées devant une formation collégiale du tribunal, ainsi que les conclusions aux fins d'injonction afférentes à cette décision et les conclusions relatives aux frais d'instance.
Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :
5. Pour demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre, M. C soulève par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.
6. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le requérant justifie, à la date de l'arrêté portant refus d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), de plus de 10 ans de présence sur le territoire français ainsi que d'une insertion professionnelle et de ce qu'il n'a plus d'attaches dans son pays d'origine. Par suite, ainsi qu'il le soutient, la décision de refus de titre méconnaît ces dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) en tant qu'elle est entachée d'un vice de procédure tiré de ce que la commission du titre de séjour n'a pas été consultée et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie de l'existence de motifs d'admission exceptionnelle au séjour.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation, par la voie de l'exception, de la décision du 15 mai 2023, par laquelle le préfet de Loir-et-Cher lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. Par voie de conséquence, les décisions du 15 mai 2023 fixant le pays de destination et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans, qui se trouvent privées de base légale, doivent également être annulées, ainsi que, pour le même motif, l'arrêté du 25 septembre 2023 portant assignation à résidence.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7,
L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
10. L'exécution du présent jugement, compte tenu des dispositions précitées de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, implique seulement qu'il soit enjoint au préfet de Loir-et-Cher de délivrer à M. C une autorisation provisoire de séjour et de travail dans un délai de quinze jours et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir ces injonctions d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les conclusions de M. C dirigées contre la décision de refus de titre de séjour contenue dans l'arrêté du préfet de Loir-et-Cher en date du 15 mai 2023, ainsi que les conclusions accessoires à fin d'injonction qui s'y rattachent et les conclusions relatives aux frais de justice, sont renvoyées devant la formation collégiale de ce tribunal.
Article 3 : L'arrêté du préfet de Loir-et-Cher en date du 15 mai 2023 est annulé en tant qu'il fait obligation à M. C de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixe le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Article 4 : L'arrêté du préfet de Loir-et-Cher en date du 25 septembre 2023 portant assignation à résidence de M. C est annulé.
Article 5 : Il est enjoint au préfet de Loir-et-Cher de délivrer à M. C une autorisation provisoire de séjour et de travail dans un délai de quinze jours et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au préfet de
Loir-et-Cher et à Me Konate.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2023.
La magistrate désignée,
Anne B
La greffière,
Florence PINGUET
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026