jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AUBRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 29 septembre 2023 et le 4 octobre 2023, Mme C A, représentée par Me Aubry, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 août 2023 du préfet de Loir-et-Cher lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2023 du préfet de Loir-et-Cher l'assignant à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer un titre de séjour d'un an mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle, et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 700 euros HT à verser à son conseil en application de l'article L761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n°91-647 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
S'agissant du refus de séjour :
- il est entaché d'erreurs de droit car d'une part le préfet qui a rejeté sa demande de régularisation au motif exclusif que la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère, saisie aux fins " d'avis sur la demande d'admission exceptionnelle au séjour de Mme A ", a rendu un avis défavorable s'est senti lié par l'avis du service de la main d'œuvre étrangère, d'autre part ce service n'est pas compétent pour se prononcer sur la demande de séjour, mais uniquement sur la demande d'autorisation de travail enfin il n'a étudié sa demande qu'au regard de sa situation professionnelle et non au regard de sa situation personnelle ;
- il méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) car sa situation personnelle et familiale permet sa régularisation à titre exceptionnel ;
- il méconnait l'article L423-23 du CESEDA et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH), visés aux termes de l'arrêté car présente en France depuis août 2020, elle y a rejoint son concubin, ressortissant sénégalais en situation régulière sur le territoire depuis 2014, titulaire d'une carte de résident délivrée le 10 juin 2023, avec lequel elle a désormais deux enfants, B né le 05 janvier 2022 et Aya née le 20 septembre 2023 et la stabilité de son union, son ancienneté et son intensité, sont établis et étaient connus du préfet et elle justifie d'un emploi sous contrat à durée indéterminée depuis le mois de juin 2021 ;
- il méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant (CIDE), le père de ses enfants étant en situation régulière de manière stable et durable, et la présence de leurs deux parents étant indispensable à leurs deux enfants en bas âge ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre ;
- elle méconnait l'article 8 de la CEDH ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la CIDE ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de l'assignation à résidence :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire enregistré le 3 octobre 2023, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lefebvre-Soppelsa pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de Mme Lefebvre-Soppelsa et les observations de Mme A, qui a conclu aux mêmes fins par les mêmes moyens et précisé qu'elle demandait à titre subsidiaire qu'il soit enjoint au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour et de travail.
Le préfet de Loir-et-Cher n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A qui a, en dernier lieu, saisi le préfet de Loir-et-Cher d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour en mars 2023, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du préfet de Loir-et-Cher du 10 août 2023 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours et fixation du pays de renvoi ensemble l'arrêté du 28 septembre 2023 portant assignation à résidence.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur l'étendue du litige :
3. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-3 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, qu'en cas d'assignation à résidence du requérant, il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination, et assignant à résidence, dont il pourrait être saisi. Toutefois, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision relative au séjour.
4. Les conclusions de la requête de Mme A aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet de Loir-et-Cher en date du 15 mai 2023 en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour doivent être renvoyées devant une formation collégiale du tribunal, ainsi que les conclusions aux fins d'injonction afférentes à cette décision et les conclusions relatives aux frais d'instance.
Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :
5. Pour demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre, Mme A soulève, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme A réside en France avec son concubin, en situation régulière sur le territoire depuis 2014, titulaire d'une carte de résident, avec lequel elle avait, à la date de la décision de refus de titre, un enfant, B, né le 5 janvier 2022. Par suite, le préfet de Loir-et-Cher, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnu ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation, par la voie de l'exception, de la décision du 10 août 2023, par laquelle le préfet de Loir-et-Cher lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. Par voie de conséquence, la décision du 10 août 2023 fixant le pays de destination, qui se trouve privée de base légale, doit également être annulée, ainsi que, pour le même motif, l'arrêté du 28 septembre 2023 l'assignant à résidence.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
10. L'exécution du présent jugement, compte tenu des dispositions précitées de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, implique seulement qu'il soit enjoint au préfet de Loir-et-Cher de délivrer à Mme A une autorisation provisoire de séjour et de travail dans un délai de quinze jours et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir ces injonctions d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1err : Mme C A est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les conclusions de la requête dirigées contre la décision de refus de titre de séjour contenue dans l'arrêté du préfet de Loir-et-Cher en date du 10 août 2023, ainsi que les conclusions accessoires à fin d'injonction qui s'y rattachent et les conclusions relatives aux frais de justice, sont renvoyées devant la formation collégiale de ce tribunal.
Article 3 : L'arrêté du préfet de Loir-et-Cher en date du 10 août 2023 est annulé en tant qu'il fait obligation à Mme C A de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination.
Article 4 : L'arrêté du préfet de Loir-et-Cher en date du 28 septembre 2023 portant assignation à résidence de Mme C A est annulé.
Article 5 : Il est enjoint au préfet de Loir-et-Cher de délivrer à Mme C A une autorisation provisoire de séjour et de travail dans un délai de quinze jours et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, au préfet de Loir-et-Cher et à Me Aubry.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
La magistrate désignée,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026