vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303998 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP HARDY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 septembre 2023, M. C E, représenté par Me Hardy, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet d'Indre-et-Loire a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour présentée le 5 décembre 2022 ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision implicite de rejet attaquée est entachée d'incompétence ;
- cette décision est dépourvue de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'erreur de droit.
Par un mémoire enregistré le 23 novembre 2023, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er septembre 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Le Toullec.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant camerounais, né le 6 avril 1981, est entré en France le 11 novembre 2010 selon ses déclarations. Il a, le 14 octobre 2015, sollicité la délivrance d'un titre de séjour en se prévalant de sa qualité de père d'un enfant français né le 12 janvier 1999 en République Centrafricaine qu'il a reconnu à Tours le 8 juillet 2015. Le préfet d'Indre-et-Loire a, par un arrêté 9 février 2016, rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire à destination du Cameroun. Le recours juridictionnel contre cet arrêté a été rejeté par un jugement du tribunal du 19 mai 2016. L'intéressé s'est maintenu sur le territoire français et a, le 17 mai 2021, sollicité la délivrance d'un nouveau titre de séjour en se prévalant de la conclusion, le 25 juillet 2019, d'un pacte civil de solidarité avec un ressortissant français. Par un arrêté du 18 août 2021, le préfet de police de Paris a rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français à destination du Cameroun. L'intéressé s'est maintenu sur le territoire et a sollicité, en dernier lieu, le 5 décembre 2022, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-22, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. E demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet d'Indre-et-Loire sur sa demande de titre de séjour.
2. En premier lieu, la décision implicite résultant du silence gardé sur la demande de titre de séjour de M. E est réputée émaner du préfet d'Indre-et-Loire, compétent pour statuer sur cette demande qui lui était d'ailleurs adressée. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise par une autorité incompétente doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E aurait sollicité la communication des motifs de la décision attaquée en application des dispositions précitées. Le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit dès lors être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet d'Indre-et-Loire n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. E préalablement à l'intervention de la décision contestée. Le moyen tiré du défaut d'un tel examen ne peut ainsi qu'être écarté.
5. En quatrième lieu, le requérant soutient qu'il réside en France depuis le 11 novembre 2010, qu'il vit en concubinage avec une compatriote en situation régulière, Mme A, avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité le 7 juin 2022 et qu'ils sont les parents de quatre enfants nés à Tours le 12 février 2019, le 23 janvier 2022 et le 18 août 2023. Toutefois, s'agissant de sa présence en France, le requérant ne produit aucune pièce concernant les années 2010 et 2011. Par ailleurs, s'agissant de sa vie familiale, les pièces produites ne permettent pas d'établir l'existence d'une vie commune avec Mme A avant l'année 2022, le requérant disposant en 2012 d'une adresse, à son seul nom, au 2 allée de Cheverny à Tours, de 2014 à 2017 d'une adresse au 3 allée de la Charpraie à Tours chez M. D B, de 2019 à 2022 d'une adresse à Paris, chez M. B F, tout en ayant également une adresse commune avec Mme A au 3 rue Edith Cavell à Tours en 2018 et 2019. Les attestations produites, qui n'émanent que de proches, et la seule attestation du pédiatre certifiant, le 15 novembre 2022, que le requérant accompagne régulièrement ses enfants à son cabinet depuis 2019, ne sont pas suffisantes pour établir l'existence d'une vie commune avant 2022. Si Mme A, titulaire d'une carte de résident de dix ans, valable jusqu'au 30 octobre 2030, est mère d'un enfant français né le 30 juillet 2017, le requérant n'établit ni même n'allègue que cet enfant entretiendrait des relations avec son père français. Par ailleurs, il ne justifie d'aucune intégration professionnelle et sa compagne n'a débuté une activité d'épicerie, dont la viabilité économique n'est pas établie, qu'en 2021. Dans ces conditions, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue au Cameroun, pays d'origine de M. E et de sa compagne. Alors même que le requérant réside en France depuis 2012 et qu'il ferait preuve d'intégration sociale du fait de sa participation à l'association unité et solidarité de Tours depuis le 20 décembre 2019 et à celle de la Table de Jeanne-Marie depuis le 8 juillet 2018, la décision attaquée n'est, par suite, pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
6. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit est dépourvu de toute précision permettant d'en apprécier la portée et le bien-fondé.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction et de celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au préfet d'Indre-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La rapporteure,
Hélène LE TOULLEC
Le président,
Frédéric DORLENCOURTLa greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2303998
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026