mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2304075 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP MERY-RENDA-KARM-GENIQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 octobre 2023, M. A B, représenté par la SCP Mery-Renda-Karm-Genique, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 août 2023 par laquelle le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en fait ;
- elle méconnaît l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du CEDEDA ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du CESEDA ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet d'Eure-et-Loir n'a pas produit de mémoire en défense malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 13 novembre 2023.
Par ordonnance du 20 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Keiflin,
- et les observations de Me Genique, représentant M. B, présent.
Une note en délibéré présentée par Me Genique, représentant M. B, a été déposée le 3 décembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain, né le 28 mars 1978, après être entré en Italie selon ses déclarations, le 6 février 2008, est entré régulièrement sur le territoire français selon ses déclarations en septembre 2010 muni d'une carte d'identité italienne délivrée le 7 septembre 2009 et valable jusqu'au 7 septembre 2019 et d'un titre de séjour italien délivré le 3 septembre 2009 et valable jusqu'au 31 décembre 2010. Le 3 décembre 2022, M. B s'est marié avec une ressortissante marocaine, titulaire, selon ses déclarations, d'un titre de séjour. M. B déclare avoir déposé une demande de titre de séjour en qualité de conjoint d'étrangère en situation régulière. Par une décision du 4 août 2023, dont il demande l'annulation, le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour au motif du défaut de preuve de son entrée régulière sur le territoire français et l'a invité à rejoindre son pays d'origine pour solliciter une introduction sur le territoire français dans les conditions de droit commun.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet d'Eure-et-Loir a considéré que M. B a présenté une première demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français qui est subordonnée à une entrée régulière sur le territoire français dont il n'apporte pas la preuve. M. B soutient sans contredit qu'il a déposé une demande de titre de séjour en qualité de conjoint d'étranger en situation régulière. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation de M. B par le préfet d'Eure-et-Loir doit être accueilli.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 4 août 2023 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. L'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement, compte tenu du motif d'annulation retenu et alors qu'en l'état du dossier, aucun autre moyen d'annulation n'est susceptible d'être accueilli, que le préfet d'Eure-et-Loir délivre à M. B un titre de séjour. En revanche, il y a lieu d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet d'Eure-et-Loir du 4 août 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint préfet d'Eure-et-Loir de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet d'Eure-et-Loir.
Délibéré après l'audience du 3 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Keiflin, première conseillère,
M. Garros, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.
La rapporteure,
Laura KEIFLINLa présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
Le greffier,
Vincent DUNET
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026